LES UNIVERS LOINTAINS, ETC
Ajoutons à ce phénomène celui qui se produirait si quelque lune venait au beau milieu de cette e'clipse dorée couvrir le soleil jaune lui-même et plonger le monde dans l'obscurité', j)uis, suivaat la relation existant entre son mouvement et celui du soleil, continuer de le cacher après sa sortie du disque bleu et laisser alors la nature retomber sous le rideau d'une nouvelle couche azurée. Ajoutons encore.... mais non. c'est le trésor inépuisable de la nature : y plonger à pleines mains, c'est n'y rien prendre.
J'aime terminer ces descriptions par un chant gracieux, œuvre du poète américain Bryant, par le Chant des étoiles. Ces strophes sont à leur place naturelle, après les harmonies de lumière et de ravissantes colorations que nous venons d'observer dans le monde de ces étoiles lointaines.
« Lorsque le matin radieux de la création se leva, et que le monde s'éveilla dans le sourire de Dieu ; lorsque les royaumes déserts de l'obscurité et de la mort sentirent le souffle de sa puissance émouvoir leurs profondeurs, que les orbes splendides, que les sphères enflanmiées de l'abîme du vide s'élevèrent par myriades dans la joie de la jeunesse ; comme elles s'élançaient en avant pour jouer dans les profondeurs grandissantes de l'espace, leurs voix argentines s'unirent en chœur, — et voici le chant que chantait l'une des plus brillantes :
« En avant ! en avant ! parmi les vastes, les vastes cieux, parmi les beaux champs d'azur qui s'étendent devant vous. Voguez, soleils accompagnés des mondes qui roulent autour de vous; et vous, planètes suspendues sur votre pôle tournant, avec vos îles de verdure, vos blancs nuages et vos ondes étendues, comme une lumière fluide;
« Car la source de la gloire dévoile sa face, et la lumière déborde l^espace sans bornes. Nous buvons en voguant les marées lumineuses, dans notre éthcr limpide et nos plaines fleuries. Ah ! oui. Voguez au delà des vivantes splendeurs, suivez en chantant votre chemin joyeux 1
(( Regardez! regardez! là-bas, à travers nos rangs étincelants, dans l'azur infini, étoile après étoile, comme ces astres brillent et fleurissent lorsqu'ils passent dans leur course rapide! comme la verdure court sur leur masse roulante! comme les vents légers marquent leur passage lorsque les petites vagues s'émeuvent et que se courbe la tète des jeunes arbres dans les bois !
(( Voyez! le jour plus brillant verse ses rayons comme l'arc-en-ciel se suspend dans l'onde de l'atmospbère éclairée ! et les crépuscules du matin et du soir avec leurs richesses de nuances, lorsqu'ils descendent sur leurs brillantes planètes, y répandant leur rosée ! et entre eux, sur les régions fécondes, la nuit qui les couvre do son cône d'ombre.
« En avant! en avant! Dans nos bocages en fleur, dans la douce brise enveloppant les sphères, dans les mers et les sources qui brillent avec l'aurore, voyez, l'amour court, la vie naît, des myriades d'êtres respirent et se séparent de la nuit pour se réjouir comme nous dans le mouvement et dans la lumière.
(( Glissez dans votre beauté, ô sphères pleines de jeunesse, réglant la danse qui mesure les années! glissez dans la gloire et dans la joie qui s'étend jusqu'aux plus lointaines frontières du firmament, belles étoiles, reflets divins d'une Lumière incréée devant laquelle prdissent nos flambeaux. )>