‹ Les merveilles célestes, lectures du soirChapitre 37 sur 47 · MOUVEMENTS DE L:V TERRE · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE L:V TERRE

portant ici, il peut se transformer en chaleur, et il s'y translorme elTectivement toutes les fois qu'il paraît se perdre comme force motrice. Ainsi, vous frappez à plusieurs reprises sur un clou enfoncé et désormais immobile ; le mouvement du marteau ne se communiquant plus au clou, se transforme en chaleur ; vous pourrez iacilemeiit vous en apercevoir au toucher. Sans multiplier les exemples, chacun a constaté par expérience celte transformation mécanique du mouvement en chaleur.

Or, si par une cause quelconque on suspendait instantanément le mouvement multiple qui anime notre globe, ce mouvement subirait cette transformation dont nous venons de parler. La Terre s'échaufferait tout à coup, et veut-on savoir à quel degré? La quantité de chaleur engendrée par l'arrêt du globe, terrestre, équivalant à un cboc colcssal, suffirait non seulement pour fondre la Terre entière^ mais encore pour en réduire la plus grande partie en vapeur.

Cette conséquence domine toutes les précédentes et les absorbe. La Terre ne serait plus une planète; sa masse, son volume et sa densité, changV's du tout en tout, ne permet- ( raient plus les applications que nous signalions tout à l'heure sur le mouvement désordonné des corps à sa surface, le déversement des mers et sa chute dans le Soleil ; tous ces éléments donnés par la mécanique seraient modifiés suivant le mode plus ou moins rapide dont se serait opéré l'arrêt du mouvement de la Terre.

Si cet arrêt n'était qu'un ralentissement progressif, dont l'accomplissement demanderait une durée de quelques instants, au lieu d'être instantané, la Terre pourrait encore devenir assi.'z chaude pour que tous les êtres vivants qui existent à sa surlace périssent subitement.

Terminons ces réflexions comme nous les avons commencées, en disant que la question est plus curieuse qu'emportante, et que très certainement nous pouvons dormir tranquilles, sans laisser en nous les moindres traces des craintes

imaginaires qu'elle aurait pu momentanément faire naître dans notre esprit.

D'ailleurs notre globe n'a pas grande importance dans l'univers, et sa disparition serait peu remarquée. Ce n'est qu'une insignifiante bulle de savon, comme le disait notre poète national Bérangcr en célébrant la nuit de son ascension :

Dans mon vol, sous mes pieds, qu'en teiids-je?

C'est le Iriste son d'un pipeau,

Qui mène au gré d'un tout jeune ange

L'un des corps nains du grand troupeau.

Petit globe, objet de risée !

On dirait, à le voir courir,

Du savon la bulle irisée

Qu'un soulfle lait naître et périr.

Je demande à l'enfant céleste Si c'est son jouet dans les cieux.

— Énorme géant, sois modeste.

Dit-il, regarde et juge mieux.

Je me penche alors sur la boule.

Prêt à la prendre dans ma main!

Dieu ! j'y vois s'agiter la foule

Que nous nommons le genre humain.

Ma confusion est profonde.

— Est-ce donc là notre séjour?

— Oui, dit lange, voilà ce monde ])ont pou d'entre vous fout le tour.

Ton œil y distingue sans doute

Ces monts qui sont géants pour vous, El votre océan, celte goutte Qui suffit à vous noyer tous.

Le soir ramène Ift sileuce.

Assis sur les roctiers déserts, Je suis Jaus le vague des airs Le char de la uuit qui s'avance.

Tout à coup, détaché des cieux.

Un rayon de l'astre nocturne Glissant sur mon front taciturne Vient mollement toucher mes yeux.

Doux reflet d'un globe de flamme.

Charmant rayon, que me veux-tu ?

Viens-tu dans mon sein abattu Porter la lumière à mon àme ?

Descends-tu pour me révéler Des mondes le divin mystère?

Les secrets cachés dans la sphère 0-1 le jour va te rappeler?

Une secrète intelligence T'adresse-t-elle aux malheureux?

Viens-tu la nuit briller sur eux Comme un rayon de l'espérance"?

Viens-tu dévoiler l'avenir Au cœur fatigué qui t'implore?

Hayon divin, es-tu l'aurore Du jour ipii ne doit pas finir?

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