‹ Les merveilles célestes, lectures du soirChapitre 44 sur 47 · LES 3IER VEILLES CELESTES · texte numérisé non relu

LES 3IER VEILLES CELESTES

passer sur la Terre fauchait d'un seul coup la population vivante qui rayonne à sa surface, enveloppant ainsi dans une même ruine tous les enfants de la vie, et laissant la Terre rouler dans l'espace comme un cadavre dans une tombe éternelle ! »

(Test ainsi que, sous quelque aspect qu'on ait envisagé la création, la doctrine de la Pluralité des Mondes s'est formée et s'est présentée comme la seule explication du but final, comme la justification de l'existence des formes matérielles, comme le couronnement des vérités astronomiques. Les conclusions sommaires que nous venons de citer se sont trouvées établies, logiquement et sans effort, par le spectacle même des faits observés, et lorsque, ayant contemplé l'univers sous ses différents aspects, l'esprit s'étonne de n'avoir pas conçu plus tôt celte vérité vivante, il sent en lui-même que la démonstration d'une telle évidence n'est plus nécessaire, et qu'il devrait l'accepter lors même qu'elle n'aurait d'autres raisons en sa faveur que l'état comparatif de l'atome terrestre avec le reste de l'immense univers. Subjugué par le spectacle, il ne peut plus que proclamer d'instinct la vérité lumineuse dans un transport dédaigneux de toutes recherches à son appui :

« .... Ah si notre vue était asse^ perçante pour découvrir, là où nous ne voyons que des points brillants sur le fond noir du ciel, les soleils resplendissants qui gravitent dans l'étendue, et les mondes habités qui les suivent dans leur cours, s'il nous était donné d'embrasser sous un coup d'œil général ces myriades de systèmes solidaires, et si, nous avançant avec la vitesse de la lumière, nous traversions pendant des siècles de siècles ce nombre illimité de soleils et de sphères, sans jamais rencontrer nul terme à cette immensité prodigieuse où Dieu fit germer les mondes et les êtres : retournant nos regards en arrière, mais ne Bâchant plus dans quel point de l'infini retrouver ce grain de

poussière que l'on nomme la Terre, nous nous arrêterions fascine's et confondus par un tel spectacle, et unissant notre voix au concert de la nature universelle, nous dirions du fond de notre ame : Dieu tout-puissant ! que nous étions insensés de croire qu'il n'y avait rien au delà de la Terre, et que notre pauvre séjour avait seul le privilè^^e de refléter ta grandeur et ta puissance M ))

* Camille Flammarion, la Pluralilc des mondes habités.

Page 1