‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 101 sur 191 · LIV. IV. CHAP. II. ALHAMBRA · texte numérisé non relu

LIV. IV. CHAP. II. ALHAMBRA

les plaisirs et oubliaient tous les devoirs de la vie, » (Chateaubriand, Le dernier des Abencerrages.)

« Un des grands charmes de rAlhambia, dit M. Delaborde, est la distribution des pièces et la largeur des ouvertures pour communiquer dune pièce dans une autre, qui laisse toujours à l'œil un point de vue sur les cours intérieures. Cette méthode agrandit étonnamment toutes les distributions, qui sans cela paraîtraient étroites et resserrées. Il semble que chaque pièce ait été faite à l'imitation d'une tente circulaire des Arabes ; elles finissent la plupart en cône, et le parement des murs rappelle les étoffes qui décorent l'intérieur des tentes.

« On sait que la cour des Lions a la forme d'un carré long de cent pieds sur soixante, entouré d'un péristyle de colonnes légères, et orné sur les deux faces d'un avant-corps ou sorte de portique semblable au portail saillant de quelques églises gothiques et sculpté avec autant de perfection que d'élégance.

n Les sculptures de l'Alhambra se développent le long des plans unis, avec un relief qui n'a pas plus de vingt-cinq à trente centimètres. On dirait une simple tapisserie juxtaposée contre la muraille ou festonnant les plafonds ; tapisserie composée de fleurs, de nœuds, d'imitations de pierreries et de mosaïques, de caractères d'écriture et de zig-zags

dont il serait cliflicile de reconnaître le départ et l'arrivée.

« Dans la salle des ambassadeurs, par exemple, divers suras du Coran, des pièces de poésie, des formules d'éloge se promènent, avec la calligraphie arabe, le long des Irises, des arcs et des jambages de portes et de fenêtres, tandis ((u'au plafond une charpente de cèdre offre un véritable problème de combinaisons géométriques.

« Presque toujours, depuis le sol jusqu'à hauteur d'appui, les murailles intérieures sont placardées d'azulrjos, faïence vernie, où des angles jaunes, noirs, rouges et verts forment une mosaïque avec leur fond d'un blanc terne. Au-dessus des azulejos règne le stuc ou le plâtre, que les Arabes savent rendre dur et travailler d'une manière fort remanjuablc. Ils ne taillaient donc presque jamais la pierre, bien moins encore le marbre; ils employaient sans doute des moules qu'ils distançaient ou répétaient autant que i)0uvait l'exiger l'effet : aussi bûtissaient-ils très-vite, ne visant guère qu'aux résultats d'ensemi)le, sans trop se préoccuper des détails, lesquels chez eux manquent souvent d'un certain fini.

« A Cordoue, Ségovie, Séville, Yalladolid, Tolède, comme à Grenade, partout enfin où l'on rencontre des monuments arabes d'une certaine imporlance, on peut faire la même observation; les magnifi-

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