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LIV. V. CHAP. I. CATHÉDRALE DE SPIRE

Terminées à leurs deux extrémités par une partie demi-circulaire, ces églises n'ont point de façade et l'on y accède par les portails latéraux. Les deux absides de Spire appuyaient deux coupoles flanquées chacune de deux clochers.

La coupole occidentale et ses deux clochers périrent en 1689, et, nous avons honte aie dire, sous les coups des Français, commandés par Boufflers. Trois fois incendiée déjà avant cette fatale époque, la cathédrale vit sa nef et son chœur s'écrouler avec sa moitié antérieure et craignit de ne pas se relever de ses ruines. Reconstruite en 1772, elle fut transformée en 1793, par les Français encore, en magasin à fourrage, puis en lazaret militaire.

Quoi qu'il en soit, la majeure partie a échappé aux malheurs des temps. Du milieu des arbres, à côté d'une vieille tour crénelée, s'élancent les trois étages de ses clochers orientaux, la coupole qui lui reste, ses transsepts et sa riche abside aux deux rangées de pleins cintres accolés. La puissance des contre-forts a protégé les murailles latérales.

« L'intérieur présente un aspect sévère. Douze piliers carrés séparent la haute et large nef des deux collatéraux. Au milieu de la nef, on aperçoit à terre quatre roses de pierre qui marquent la place 011 saint Bernard prêcha la croisade, en 1146, avec tant d'éloquence que l'empereur Conrad III se croisa immédiatement. Une dizaine de marches conduisent

de la nef au chœur du roi (Kœnigsclior), sous lequel se trouve le caveau impérial. Sur dix-huit empereurs qui ont régné de 1024 à 1308, neuf ont été enterrés là. Leurs tombeaux furent ouverts, violés et pillés en 1689.

«Neuf degrés montent du Kœnigschorsous la coupole où s'élève ie maître-autel.

«Sous la partie orientale s'étend une crypte soutenue par vingt piliers massifs et courts. On y voit d'anciens fonts baptismaux du neuvième ou dixième siècle, et un vieux tombeau de Rodolphe de Habsbourg avec sa statue couronnée.

« De la galerie qui court au-dessous de la toiture, on a une très-belle vue sur la vallée du Rhin, les montagnes des duchés de Hesse et de Bade et le Haardt. «

§ 2. Saint-Étienne de Caen (10G4).

Guillaume, le conquérant de l'Angleterre, avait épousé sa cousine, Mathilde de Flandres. Le pape Nicolas II, n'osant Cdsser ce mariage, irrégulier aux yeux de l'Église, préféra imposer aux époux la construction de deux couvents et de quatre hôpitaux. Cette condescendance, chèrement payée, nous a valu deux superbes édifices : l'Abbaye -aux- Dames et l'Abbaye -aux- Hommes ou Saint-Étienne de Caen, fondés en 1064.

Le premier, bien situé sur une hauteur qui do-

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