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LIV. V. CHAP. I. LE MANS

en gothique au commencement du treizième siècle. Les anciens pleins cintres de la grande nef ont alors été transformés en arcs brisés, peut-être pour répondre au système du nouveau chœur qui est tout entier du plus pur et du plus noble style gothique.

«Les piliers qui portent la nef sont alternativement cylindriques et prismatiques, ces derniers flanqués de colonnes engagées.

a Chaque travée comprend l'intervalle d'un pilier prismatique à un autre de même forme, en sorte (|u'il y ait entre les deux un pilier cylindrique. Les colonnes engagées dans les premiers s'élèvent jusqu'aux retombées de la voûte, et encadrent ainsi chaque travée. La partie inférieure de chaque travée a donc deux arcades. Au-dessus est une galerie étroite avec huit arcades en plein cintre, ornées de tores et de chevrons. Enfin l'amortissement de la travée présente une ogive, dans le tympan de laquelle sont percées deux fenêtres cintrées, flanquées de colonnettes. La voûte est ogivale, renforcée d'arcs doubleaux très-saillants et de nervures croisées. Au contraire, les voûtes des collatéraux sont en plein cintre, et d'arêtes. Ils sont éclairés par des fenêtres cintrées, dont chacune correspond à une arcade de la nef. Une petite arcature en plein cintre règne au bas des murs latéraux.

« Il faut étudier avec soin les chapiteaux, car ils

peuvent nous offrir les renseignements les plus précieux. Ceux de la nef principale semblent en général une imitation du type corinthien, ornés de grandes feuilles bien travaillées, quelques-uns de rinceaux; un très-petit nombre de masques et de figures fantastiques mêlés à ces feuillages que j'ai comparés à ceux du chapiteau corinthien. Dans les collatéraux, au contraire, les chapiteaux des colonnes engagées dans les murailles, presque tous historiés, représentent des monstres, des animaux bizarres, des compositions de bas-relief. Leur exécution , trèsinférieure à celle des premiers, et leur très-faible saillie, annoncent l'enfance de l'art.

« Onze chapelles disposées en demi-cercle entourent le chœur, dont elles sont séparées par un double rang de colonnes en faisceaux. Encore massifs, leurs fûts attestent le début de l'art gothique. 11 faut noter l'artifice avec lequel on a dissimulé l'épaisseur réelle des piliers du chœur. Leur plan représenterait à peu près deux ovales se confondant par leur sommet, et ayant leur grand axe commun. Deux colonnettes isolées et très-légères cachent le point de jonclion. De l'intérieur du chœur, ou bien des bas côtés, l'œil n'aperçoit qu'une partie (hi pilier, qui lui paraît une colonne ronde d'une légèreté extraordinaire, les colonnettes ne permettant pas de voir la seconde colonne ou la prolongation du pilier.

« L'ard brisé, soit en tiers point, soit surhaussé,

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