LIV. V. GHAP. II. SIENNE
Brosses. Les colonnes et les nombreux ressauts du portail présentent des torsades, des imitations de tiges épineuses. C'est l'œuvre du fameux architecte et statuaire Jean de Pise, qui l'exécuta sur la fin du treizième siècle. Nicolas, son père, avait construit avant lui une façade qui fut démolie pour changer la forme de l'église, et dont il reste un grand bas-relief représentant la vie de Marie. L'arc de la porte est brisé comme les arceaux inférieurs de la nef.
Après la façade, la merveille de la cathédrale de Sienne est ce pavé précieux, décoré de nielles par Beccafumi. Il reste couvert d'un plancher mobile, dont on enlève quelques panneaux à la demande monnayée des visiteurs. A certaines fêtes de l'année on le met entièrement à nu. Il faut admirer encore la chaire célèbre ou Nicolas de Pise, en 1226, a sculpté l'histoire du Christ avec un ciseau qui ne sent nullement la roideur du moyen âge.
La construction de l'église fut reprise à plusieurs fois, et il serait impossible de noter les diverses époques de ses accroissements, a II y a même une obscurité difficile à soulever sur la question d'origine, et qui tient à ce que le temple fut rebâti de nouveau dans le quatorzième siècle. » Un document de 1012 place le dôme de Sienne sur la hauteur qu'il couronne aujourd'hui. La reconstruction définitive ne commença qu'en 1322. Tout prouve que le plan
fut alors changé et les proportions, encore vastes, considérablement réduites.
On remarque que l'église est orientée selon l'ancienne liturgie. La façade est à l'orient. C'est que dans les premiers temps, l'officiant, au lieu de tourner le dos au public et de regarder l'abside, se tenait derrière l'autel, simple tombeau ou table de pierre, qui laissait voir son buste et sa figure.