‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 14 sur 191 · LIV. I. CHAP. IIL EGYPTE. THÈBES · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. IIL EGYPTE. THÈBES

mètres sur cinquante et un; les pierres du plafond reposent sur des architraves portées par cent trentequatre colonnes encore debout, dont les plus grosses mesurent trois mètres soixante en diamètre et plus de vingt-deux mètres et demi en élévation. Pourquoi et pour qui toutes ces murailles et ces piliers surchargés d'hiéroglyphes et de bas-rehefs? Pour un roi et sa cour, un dieu et ses prêtres, un peuple et ses assemblées? C'est ce qu'on ne saura peut-être jamais. La salle Hypostyle est l'œuvre de Sésostris et de ses deux prédécesseurs ; on peut reporter la date probable de sa construction aux quatorze et treizième siècles avant Jésus- Christ.

Autres pylônes, autre cour oii se dresse un obélisque ; puis les ruines de la galerie des Colosses. C'est là qu'on peut voir le plus grand des obélisque.s qui existent encore dans toute l'Egypte; il a trente mètres de haut; ses sculptures sont d'une exécution parfaite et semblent au-dessus de ce que pourraient produire en ce genre les arts perfectionnés de l'Europe. A ses pieds gisent les tronçons de l'obélisque qui lui faisait pendant. Tout autour, l'imagination relève sur leurs bases les soixante-deux piliers sculptés en forme de cariatides géantes.

Plus loin, annoncé par deux obélisques plus petits, un temple en granit rose, très-orné, laisse reconnaître encore deux séries parallèles de chambres oîi se logeaient les prêtres. Il précède le portique du

palais de Mœris. Trois des parois de ce vestibule, que soutiennent trente-deux piliers carrés et vingt-quatre colonnes, présentent aux yeux quatre rangs superposés de personnages assis; il y a Ici soixante rois qui tous ont près d'eux leur nom. C'est ici, penset-on, la partie la plus antique de Karnak; c'est aussi la plus mutilée. Des cours de décombres, des chaos de colonnes et de bas-reliefs sont tout ce qui reste du palais de Mœris.

Nous en avons fini avec le grand axe; et le petit nous arrêtera moins longtemps. A trois ou quatre cents mètres au nord se voit un grand propylône élevé par les successeurs d'Alexandre, et que reliait à la masse centrale une avenue couverte de débris. Au sud, un temple majestueux, dédié au dieu Kons, également rattaché à la salle Hypostyle, commande dignement une grande voie qui est aujourd'hui perdue dans les cannes à sucre et les palmiers, mais dont on distingue encore la direction. Cette route triomphale était bordée dans toute sa longueur de s])hinx monolithes ; on en compte encore cent douze répartis sur un espace de deux cents mètres; le troupeau complet se composait donc au moins d'un millier, puisque le chemin a bien deux Ivilomètres. L'avenue aboutit au palais de Louqsor.

« Une pensée, a dit Lamennais, domine l'Egypte, pensée grave et triste dont nulle autre ne la distrait, qui, du Pharaon environné des splendeurs du trône

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