‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 159 sur 191 · LIV. VT. r.HAP. ir. FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

LIV. VT. r.HAP. ir. FONTAINEBLEAU

c'eût été pour l'art et le voyageur un dommage irréparable.

a Voilà en peu de lignes, l'histoire de la construction de Fontainebleau. » (AmédéeAufauvre : Les Monuments de Seine -el-Marne.)

Il nous faut maintenant essayer d'embrasser dans leur ensemble et d'apprécier dans leurs dispositions principales des constructions multiples, immenses, qu'un Anglais a nommées un rendez-vous de châteaux.

Si l'on se place au-dessus des jardins de la Fontaine-Belle-Eau, on a devant soi, à commencer par la gauche, la vaste cour du Cheval-Blanc, ainsi nommée d'une statue équestre qui y séjourna longtemps; la cour dite de la Fontaine, ouverte sur la belle perspective de l'étang; la cour Ovale ou du donjon, centre primitif du château, point de départ des architectes de François I"; la cour de Henri IV, à l'extrême droite; enfin, en arrière et moins importantes, les cours des Offices et des Princes.

« Ce qui frappe surtout dans la cour Ovale, c'est son irrégularité; irrégularité qui doit peu nous surprendre, car elle était commune k tous les châteaux féodaux qui n'étaient que de véritables forteresses créées pour la défense. » Les anciennes constructions, sauf le donjon de Saint-Louis, trop solide pour être entièrement détruit, furent remplacées par des constructions plus appropriées au goût nou-

veau. A la porte massive des demeures féodales succéda un grand et élégant pavillon, la Porte dorée, dont les trois divisions horizontales sont occupées ctiacune par deux baies superposées, à fronton; au centre, s'ouvrent l'une au-dessus de l'autre trois belles arcades à cintre surbaissé d'une coupe élé-

(La cour uvale, au clulteau do Fontaiiielilrau.

gante. Elles étaient ouvertes à l'italienne. Depuis, les deux supérieures ont été vitrées. On y admire de belles peintures de Uosso. IJenvenuto (lellini et Serlio, égarés par une injuste jalousie , faisaient peu de cas de ce pavillon.

En face de la chapelle restaurée de Saint-Saturnin, « François 1" lit élever un jjorlique ou péristyle saii-

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lant servant de vestibule et donnant accès à une suite d'appartements disposés au premier étage pour lui servir d'habitation. Ce portique était surmonté d'une loge ou tribune monumentale, » d'où le roi et sa suite pouvaient assister à des tournois qui avaient lieu dans la cour même. Plus tard, entre la chapelle Saint-Saturnin et la Porte Dorée, s'étendit

La porte Dauphine, au château de Fontainebleau.

une vaste salle de bal, achevée seulement sous Henri IL « Elle éiait située au premier étage, et audessus d'une de moindre grandeur. » {Magasin Pittoresque.)

La porte Dauphine, si elle existait sous François I", ce qui est douteux, n'était pas alors surmontée de ces grands cintres inscrits dans un double

fronton. Cette partie supérieure, qui lui donne un caractère à la fois noble et léger, est l'ouvrage d'Henri IV. Au même temps doit être attribuée la colonnade qui avoisine la porte Dauphine; on peut en blâmer les piédestaux, qui sont disproportionnés.

Mais revenons à François J".

L'enceinte ancienne lui parut beaucoup trop rétrécie ; bientôt les fossés furent reculés à une certaine distance des bâtiments; un nouveau parterre, qui devint le jardin de l'Orangerie et de Diane, une nouvelle cour, celle des Fontaines, entourée de nouveaux corps de logis, furent renfermés dans leur enceinte élargie.

La cour des Fontaines est ouverte au midi sur un vaste étang dont la vue et la fraîcheur donnent un grand charme à la galerie septentrionale > dite de François 1".

Non content de la cour Ovale et de la cour des Fontaines, François I" entreprit, en dehors même des fossés, « la construction d'une grande galerie, communiquant par une de ses extrémités au bâtiment ouest de la cour des Fontaines et formant le côté nord de la cour du Cheval-Blanc. » On l'appela galerie d'L'lysse, d'une suite de peintures consacrées à la vie de ce héros; elle fut malheureusement détruite au dernier siècle. Enlin, cette dernière cour fut complétée par des constructions au midi. Cependant la façade orientale « qui est deve-

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