‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 171 sur 191 · LIV. VI. CHAP. III. VERSAILLES · texte numérisé non relu

LIV. VI. CHAP. III. VERSAILLES

règnes de Louis XIV et Louis XV : un étage richement décoré placé sur un soubassement qui sert de rez-de-chaussée; tels sont le Louvre de Perrault, les bâtiments de la place Vendôme, les colonnades de Gabriel et la façade de la Monnaie. Ici la longueur exagérée écrase la hauteur et l'œil est fatigué par une ligne uniforme. Cependant, vu au coucher du soleil, du bord de la pièce d'eau des Suisses, le profil fuyant de la façade de Versailles pi'oduit l'impression grandiose de la noblesse unie à la simplicité. La disposition intérieure, subordonnée à la conservation de l'ancien château, est imparfaite; les vestibules sont mal placés, les escaliers ne répondent pas à la richesse et à la grandeur des appartements. Mais que de défauts ne seraient pas rachetés par les peintures de Lebrun, Audran, Goypel, Philippe de Champaigne, Jouvenet, Lafosse, Lemoyne ? Songez que les marbres les plus rares, les statuesan tiques, les pièces d'orfèvrerie, les bijoux et les curiosités de toute espèce étaient prodigués jadis dans ces salons déserts. On peut juger encore des anciennes splendeurs de Versailles parla fameuse Galerie des Glaces. Elle est longue de soixante -dix mètres sur dix, ses dix-sept grandes croisées répondent à autant de glaces qui réfléchissent les jardins et les pièces d'eau. Quarante-huit pilastres en marbre, d'ordre composite, encadrent les fenêtres et les arcades. Des chiffres, des devises, des trophées, des

hO'i MERVEILLES DE L'ARCHITECTURE.

guirlandes et des enfants courent sur l'entablement et la corniche. Sur le plafond, Lel)run a peint l'apothéose de l.ouis XIV. Les courtisans de Napoléon 1" avaient découvert, parmi les p(;inture;5 de la salle des Glaces, un médaillon qui rappelait la tète de l'Empereur.

La chapelle, dernier ouvrage de Jules -Hardouin Mansart, n'a pas été épargnée par Saint-Simon, le grand mécontent du dix-septième siècle; selon lui, a elle écrase le château et a de partout la représentation d'un triste catafalque. » Voltaire n'est pas plus indulgent pour elle et la traite de « colifichet fastueux. » On ne peut souscrire à ces critiques. Parmi les édifices religieux élevés dans le système classique, aucun peut-être ne produit un effet aussi imposant.

Elle a son vestibule dans l'aile du Nord et s'élève entre deux cours, parallèlement à l'aile élevée par Gabriel. Elle est composée, comme tous les autres édifices de cette époque, d'un étage inférieur ou soubassement, servant comme de stylobate à une élégante et riche colonnade corinihionno qui n-gne de l)lain-pied avec les appartements royaux. Cette disposition est bien ent^^nduo. La voiUe, divisée en trois compai'timents, est ornée de peintures d'Antoine Coypel, .Touvenet et Lafosse; deux rangs de galeries régnent à l'intérieur, qui est aussi décoré de colonnes corinthiennes.

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