‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 170 sur 191 · LIV. VI, CHAP. III. VERSAILLES · texte numérisé non relu

LIV. VI, CHAP. III. VERSAILLES

est. » Le principal obstacle aurait dû venir des financiers : quatre-vingt dix millions, qui en vaudraient aujourd'hui quatre cents, furent engouffrée à Versailles sous Louis XIV, et Mirabeau évalue les frais au total à douze cents millions. Nul doute que ces dépenses énormes aient altéré l'économie des finances et grandement contribué aux embarras qui entraînèrent la chute de la monarchie.

Louis XV fit quelques travaux intérieurs et ordonna une restauration générale, qui s'est bornée à la construction d'un pavillon et à la continuation d'une aile (1772-1774). Il en chargea l'architecte Gabriel, l'un des plus habiles de son temps, celui qui avait complété la cour du Louvre sur les dessins de Perrault, l'auteur enfin de ces colonnades de la place de la Concorde, où l'on peut admirer une réduction, plus rationnelle que leur modèle, de la grande colonnade du Louvre.

Le temps et l'argent manquèrent à Louis XVI pour réparer le château de Louis XIII, qui tombait en ruines, et achever les bûtiments de Louis XV. Après avoir servi d'hôpital et de caserne, le palais demeura quinze ans sans entretien.

En 1807, Napoléon fît dresser, lui aussi, des plans et des devis. M. Gondoin, l'habile architecte de l'École de Médecine, évalua la dépense à près de cinquante millions; Versailles fut ajourné. Quatre ans après, on espérait la paix, l'Empereur demanda des

projets à MM. Percier et Fontaine ; la campagne de 1812 interrompit tout.

Louis XVIII, en remontant sur le trône, donna les ordres les plus pressants pour rendre le palais habitable. Les travaux, arrêtés durant les Cent- Jours, furent poussés de telle sorte, qu'en 1818 les façades du château étaient entièrement rétablies, les peintures et les dorures des grands appartements restaurées, les dépendances et les distributions améliorées.

En 1820, le pavillon correspondant à celui de Gabriel était élevé ; on avait dépensé six millions. Il ne manquait plus que l'ameublement. Mais tout fut encore arrêté, depuis l'avènement de (Charles X jusqu'à la Révolution de Juillet.

Les temps ne permettant plus à la monarchie de penser à choisir A'ersailles pour séjour, Louis-Philippe, sans adopter aucun des' nombreux projets mis en avant pour donner une destination au palais, résolut d'y installer un musée historique.

Nous joindrons à cet historique succinct des appréciations sur l'ensemble et quelques parties du palais de Versailles. Il s'en faut que tout y soit irréprochable; mais on doit y reconnaître une majesté générale et des beautés diverses qui valent bien l'argent qu'elles ont coûté.

La façade sur le jardin icproduit l'ordonnance commune à presque Loirs les grands édifices des

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