LIV.. VI. CHAP. IV. BOURSE DE PARIS
soixante colonnes d'ordre ionique, dont dix-huit sur chacune des faces latérales et quatorze sur chacune des autres. Chaque colonne, de un mètre trentetrois de diamètre, aura, y compris le chapiteau, onze mètres quatre-vingt-dix-sept de hauteur. L'unité de ce péristyle continu, dont on n'a aucun exemple parmi les monuments de cette grande cité, et dont la Maison Carrée de Nîmes pourrait donner une idée, résulte de ce qu'il ne sera ni interrompu, ni brisé par aucun avant-corps. La galerie de circulation qui régnera au pourtour de la masse des bûtiments, aura dans œuvre deux mètres soixantedix-huit de large, dimension égale à celle du Palais- Royal. Les murs de face sur cette galerie sont percés dans leur pourtour, au rez-de-chaussée, de cinquante-deux croisées cintrées avec impostes, et d'un pareil nombre au premier étage, en tout cent quatre baies produisant une ordonnance harmonieuse, telle qu'on la remarque dans la grande cour des Invalides. Le tout est exhaussé sur un soubassement ou stylobate continu de deux mètres soixante-sept de haut. =
M. Labarre, membre de l'InsLilut , succéda à M. Brongniart, mort le 6 juin 1813. En respectant l'idée première, il fit au plan des modifications. En juillet 1813 {Monil. 10 juil.) le monument était élevé hors' de terre à près de moitié de sa hauteur; les événements de 1814 suspendirent les travaux quifu-
rent repris en 1820 par la ville de Paris et terminés en six ans. L'inauguration en eut lieu le 4 novembre 1826; le tribunal y avait été installé le 4 novembre 1825.
Le plan primitif a subi plusieurs modiflcations considérables. Le nombre des colonnes a été porté à soixante-six, leur diamètre réduit à un mètre dix, leur hauteur à dix mètres. L'ordre corinthien a remplacé l'ionique.
La construction entière mesure soixante-neuf mètres sur quarante et un. La grande salle, de trentehuit mètres sur vingt-cinq, couvre une superficie de neuf cent cinquante mètres carrés; elle est cependant insuffisante.
M. Brongniart avait été fort préoccupé de concilier toutes les distributions intérieures de deux établissements, la Bourse et le Tribunal de commerce, avec l'ordonnance extérieure, merveilleusement appropriée aux temples d'une simplicité extrême pour lesquels les Grecs l'avaient inventée ; pourquoi n'at-il pas vu que l'édifice qu'il avait à construire avait un but essentiellement différent et complexe? Il est malheureux qu'on lui ait imposé ce problème, alors qu'aujourd'hui le tribunal va avoir son palais particulier.
Toutefois, malgré des défauts que l'usage seul a pu révéler, la Bourse de Paris est un édifice imposant et sage.
LIV. VI. CHAP. IV. L'ARC DE L'ÉTOILE. 421 §■>. L'arc-de-triomphe de l'Étoile. (180G-18I1, 1825-1836.)
« L'Arc-de-Triomphe est large de quarante-cinq mètres, profond de vingt-deux, haut de quarante-six ; l'arc principal est large de quatorze mètres soixante, haut de vingt-neuf mètres trente sous clef; l'arc transversal a huit mètres quarante-cinq de largeur et dix -sept mètres quatre-vingt-cinq de hauteur. Il faudrait entasser les arcs de triomphe d'Orange, du Carrousel et de Ti\ajan (à Bénévent), ou l'arc de Constantin sur la porte Saint-Denis, pour atteindre la môme hauteur; l'arc de Bénévent n'a pas dans son entier plus Je largeur que le grand arc de celui-ci n'a d'ouverture. Rien de plus simple que son ordonnance : un arc percé dans un massif de pierre porté sur un stylobate est orné d'une imposte, à vingt-deux mètres vingt au-dessus du sol; au-dessus de l'arc, est un entablement surmonté d'un attique. La noble et correcte simplicité de cette masse aide à l'effet que produit toujours ce qui est colossal-, ici la grandeur et le grand se prêtent un mutuel secours.
« La statuaire a donné la vie et la chaleur à ces vastes surfaces : les faces principales sont décorées sur chacun de leurs pieds-droits d'un groupe en forme de trophée emblématique, partie en ronde -bosse, partie en relief, porté sur un piédestal de la hauteur du stylobate sur lequel il fait sailhe. Ces compositions
occupent un espace pyramidal de plus de dix-liuit mètres en hauteur sur une 'base de près de six mètres. Au-dessus, entre l'imposte et l'entablement, un bas-relief encadré ; puis, dans les tympans, une renommée. Plus haut, la frise est occupée par deux bas-reliefs continus qui se rejoignent au milieu des faces latérales. Enfin, dans l'attique couronné par une balustrade composée de palmettes et de têtes de Méduse, sont trente boucliers oii l'on a inscrit les noms de trente victoires. Sur les faces latérales sont de grands bas-reliefs. Sous les voûtes du grand arc, on a tracé en quatre tables les noms de faits d'armes dans le Sud, le Nord, l'Est et l'Ouest; sous les arcades transversales, sont gravés de même en quatre tableaux les noms de trois cent quatre-vingt-quatre généraux qui ont concouru k remporter ces victoires, et au-dessous, les noms de toutes les armées que la France a entretenues sur tous les théâtres des guerres depuis la République. Au-dessus de ces inscriptions sont quatre bas-reliefs. L'intrados des voûtes est orné de caissons carrés présentant un heureux assemblage de simplicité et de richesse. »
Rude, Goriot, Etex, Pradier, Lemaire, Seurre aîné, Debay père, et plusieurs autres artistes distingués, ont décoré l'édifice de sculptures souvent dignes d'admiration. Les architectes qui y ont travaillé sont Chalgrin,Goust, Iluyot, M.M. Débret, Fontaine, de Gisors, Labane et Hlouët.