‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 180 sur 191 · LIV. VI. CHAP. IV. l/ARC DE L'ÉTOILE · texte numérisé non relu

LIV. VI. CHAP. IV. l/ARC DE L'ÉTOILE

Dès le 1" frimaire an VI (novembre 1797), on avait résolu d'élever un arc de triomphe à la barrière d'Italie; ce projet n'eut pas de suite; plus tard il fut question de l'établir à la Bastille. Enfin au retour de la campagne d'Austerlitz, Napoléon I" décida l'érection d'une colonne au rond-point de l'Étoile. En 1806, sur le rapport de M. deMontalivet, ministre de l'intérieur, on en revint à l'idée dun arc de triomphe; et les plans de Raymond et Chalgrin furent adoptés. Raymond ayant été forcé de se retirer, Chalgrin resta seul chargé du monument, qui aurait sensiblement différé de celui que nous voyons aujourd'hui si Chalgrin n'était mort en 1811, après avoir élevé la construction jusqu'à la corniche du piédestal.

En 1814 les travaux atteignaient la naissance du grand arc.

La Restauration les interrompit. On alla jusqu'à détruire l'échafaudage. Ce n'est qu'en 1823 que Louis XVIII crut trouver dans l'expédition d'Espagne un motif de reprendre, en le détournant au profit des Bourbons, le grandiose projet de « l'usurpateur. » Il comptait le dédier à la gloire de l'armée et du duc d'Angouléme. C'eût été une montagne pour abriter une souris.

Huyot, choisi en 1825 pour achever l'œuvre de Chalgrin, voulut y ajouter quelques ornements, des colonnes engagées; destitué sous prétexte d'aug-

mentation de dépenses, il fut remplacé par une commission dont la lenteur devint proverbiale. L'édifice avança si peu jusqu'à 1830 que les journaux et le théâtre prenaient pour but de leurs plaisanteries continuelles l'unique ouvrier qu'ils supposaient ne pas suffire à arracher les plantes parasites.

Dès 1827, Huyot avait repris la direction, et lorsqu'on 1835 il fut remplacé, l'Arc de triomphe était à peu près terminé. Ses dessins ne furent pas suivis pour le couronnement et peut-être faut-il le regretter; on aurait évité bien des projets inutiles ou saugrenus.

Enfin, en 1836, il fut frappé une médaille commémorative, représentant d'un côté l'arc de triomphe de l'Étoile avec l'inscription : aux armées françaises, dédicace définitive et légitime; de l'autre les figures de Napoléon I" et de Louis Philippe, avec la légende : a Dieu protège la France; » et en exergue : 1806, 1836, dates de la fondation et de l'achèvement.

§ 3. Le viaduc de Chaumont et la nouvero gare du Nord (1863).

Les viaducs sont, comme tout le monde sait, des ponts jetés sur les vallées pour le passage des convois de chemins de fer. Ils ressemblent beaucoup aux aqueducs romains et les surpassent souvent en dimension sinon en magnificence.

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