LIV. VI. CHAP. IV. GARE DU NORD
En général, ce qu'on nomme en langue industrielle travaux n'a guère de rapport avec la beauté archi- (ectonique; et ces fameux ponts biais que les ingénieurs multiplient, quelquefois sans raison, sur nos voies ferrées, n'auront bientôt plus même le mérite de la difliculté vaincue. Mais l'architecture reprend quelquefois ses droits dans les grandes gares, dont les dispositions nécessaires lui créent des problèmes nouveaux. Quelques-unes peuvent compter au nombre des monuments ; entre autres celle de l'Est et surtout celle du Nord, à Paris.
L'extérieur de la nouvelle gare du Nord n'a pour nous qu'un défaut saillant, l'emploi des lourds piliers de pierre qui servent de meneaux au grand cintre central. Dans tout le reste de la façade il faut louer la hardiesse du parti-pris et reconnaître que les divers membres en sont visiblement appropriés à la destination intérieure. Le Moniteur du. 24 février 1863 nous fournit les détails suivants :
« .... Le plan de l'édifice présente un quadrilatère d'environ cent soixante-cinq mètres sur cent quatre ■ vingt-dix, donnant une superficie de trente-deux mille mètres. Il comporte cinq parties principales, qui sont directement exprimées dans la façade : au milieu, la grande halle ; à gauche, les salles de départ, puis la salle des Pas-Perdus, à droite, les salles d'arrivée et de vastes remises couvertes. La halle a une largeur de soixante-dix mètres,
presque quadruple de celle de la rue de la Paix....
« Profilé dans toute la longueur de la place de Roubaix, le bâtiment qui compose la façade contient dans sa profondeur les bureaux et les salles d'attente. Le système adopté d'un seul comble pour la balle, en même temps qu'il était le plus simple, imprime à la façade un cacbet vraiment caractéristique et réalise un nouveau progrès dans l'application des vastes couvertures à d'immenses surfaces. Une cornicbe; d'un style simple couronne le bâtiment central, décoré de buit robustes pilastres qui s'élèvent deux par deux ; un arc central d'un très-grand rayon, et deux arcs latéraux d'une moindre courbure éclairent la nef et ses bas côtés. Les arcs et toute la façade sont subdivisés au rez-deebaussée par de nombreuses ouvertures, et pour en faciliter l'accès, les piliers formant points d'appui se présentent arrondis en colonnes engagées. Sept entre -colonnements conduisent, au rez-dechaussée, aux salles de départ et d'arrivée des voyageurs. Au-dessus règne un étage percé d'arcades, divisé par des colonnes et destiné aux services administratifs. Enfin aux extrémités de la façade s'élèvent deux pavillons surmontés de frontons. Ils sont percés d'un arc égal en dimension aux arcs latéraux du milieu et divisés par trois cntrecolonnemenls. De grands pilastres semblables aux