‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 181 sur 191 · LIV. VI. CHAP. IV. VIADUC DE CHAUMONT · texte numérisé non relu

LIV. VI. CHAP. IV. VIADUC DE CHAUMONT

« Il y a des viaducs en charpente, en fonte, en maçonnerie. La plus belle de ces constructions qui se rencontre en France est sur la ligne de Mulhouse, à Chaumont; elle a six cents mètres de longueur sur

Le viaduc de Chaumont.

cinquante de hauteur et représente soixante mille mètres cubes de maçonnerie. Le voyageur qui passe dans un train en aperçoit à peine l'ordonnance à l'aide de la courbure de la ligne; les maisons qu'il

voit passer au-dessous de lui dans la profondeur lui semblent des jouets de Nuremberg. Il faut descendre ' dans la vallée de la Suize qui est au pied de la ville.

« Dans ces monuments construits par l'industrie privée en vue d'un bénéfice, on se borne aux dépenses utiles : on les veut solides parce que la sûreté publique l'exige, mais on ne veut rien d'inutile ou de superflu. Cependant on est vivement frappé à la vue de cette ligne d'innombrables arcades si légères, et pourtant si solides qu'elles ne craignent rien du poids des trains les plus lourds, ni des secousses imprimées par leur rapidité. La construction, dans sa plus grande hauteur, est divisée horizontalement en trois par deux bandeaux placés à la hauteur de deux galeries parallèles à la voie supérieure, qui traversent toutes les piles au moyen de portes cintrées et passent de l'une à l'autre sur de petits arcs de même largeur que ces portes, tandis que la voie supérieure garde toute la largeur des piles. Celles-ci ont des contre-forts dont la saillie diminue insensiblement et se réunit à la masse dans le second bandeau; de deux en deux arcades, le contrefort est plus saillant, se continue verticalement audessus de ce bandeau et s'arrête à l'imposte des arcades par un amortissement en pente. Beaucoup de grands peupliers n'atteignent pas la hauteur du premier bandeau. »

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