LIV. II. CHAP. II. P^STUM
sises; les colonnes sont toutes d'ordre dorique; six en devant soutiennent une architrave surmontée d'un fronton, ei de même àl'opposite; sur ses côtés régnent douze autrescolonnes de même ordre. 11 ne reste plus aucun indice des murs extérieurs ; quelques broussailles, quelques ronces, qui tombent de son faîtage pour s'entremêler aux arbustes qui l'entourent, lui donnent un pittoresque qui le rend un objet de peinture infiniment intéressant. Le mieux conservé vient après; il offre aussi six colonnes à ses façades, et sur chaque côté quatorze qui forment un très-beau péristyle, soutenu d'une autre enceinte intérieure. Les colonnes, qui sont fort courtes, n'ont que cinq fois leur diamètre en hauteur; leur espacement d'un diamètre d'une colonne à l'autre est d'un très-bon efiet. fcntre ce temple et le précédent, est un vestige de bâtisse circulaire (deux cent cinquante p. de long sur cent quatre-vingt-dix de large), probablement un amphithéâtre bâti par les Romains. 11 n'y reste aucune trace de gradins.
«Le plus magnifique est le Pseudo-périptéral : il est le plus à l'est; il est sans fronton ni couverture et otïre neuf colonnes sur chaque façade et treize sur chaque côté : on le regarde comme consacré à Neptune ; d'autres croient que ce fut une basilique. La pierre qui est d'un jaune rougeûtre, paraissait devoir toute la beauté de cette couleur à la réverbération d'un soleil brillant; l'appui sur
lequel reposent les colonnes est parfaitement conservé ; au-dessus de l'entablement règne une frise avec modules ; il y a encore trois colonnes sur pied au dedans, et beaucoup de débris de fûts. Ce temple paraît le plus anciennement fait ; sa noblesse surpasse de beaucoup celle des autres. Je ne pouvais me lasserd'en admirer toutes ses belles proportions en en contournant tant l'intérieur que l'extérieur, et cela avec d'autant plus de facilité qu'il était dégagé de toutes les ronces qui obstruaient les autres. » (Raoul Rochette.)
Toutefois l'opinion générale, et avec elle M. Léonce Reynaud, réserve la plus grande part de son admiration au temple du milieu. C'est l'un des mieux conservés et des plus magnifiques monuments de l'antiquité. Ses colonnes sans base dont six sur la façade, reposent sur trois gradins d'une belle proportion ; elles sont basses et ne dépassent pas quatre mètres et demi. La diminution de leur diamètre est très-prononcée de bas en liaut, et leur donne quelque chose de la solidité de la pyramide. Leur espacement (jui n'est guère plus grand que leur épaisseur, produit à l'œil l'eflét le plus heureux.
« Les chapiteaux sont très-saillants; l'entablement a en hauteurmoinsdela moitié de celle de la colonne. Au-dessous du chapiteau sont placés quatre petits filets, ornements fins et légers qui forment opposition, le font valoir et donnent une grande délica-