MONUMENTS D'ASIE, D'ITALIE, DE SICILE
§ 1. Paestum.
a Au delà de Salerne la route s'avance entre la mer et les collines. A partir de Ponte di Cagnano, la campagne devient déserte.... on traverse la plaine malsaine entre le Tusciano et le Silarus.... c'est entre le Silarus et Paestum que Crassus défit l'armée de Spartacus. La campagne, jusque-là monotone, prend ici un aspect plus pittoresque ; on aperçoit sur sa gauche, au pied du mont Alburno, de belles forêts... mais bientôt, tout l'intérêt se concentre sur les ruines dePœstum dont les massives constructions s'élèvent à l'horizon du milieu de la plaine basse qui s'étend au bord de la mer. » (Du Pays.)
« Pesto, ou la Posidonie des Grecs, doit sa naissance aux premières émigrations des Doriens, qui vinrent chercher le repos dans cette contrée si éloi-
gnée de la leur, alors troublée par des guerres intestines. L'époque, toute incertaine qu'elle soit, peut cependant avec raison se rapporter à trois ou quatre siècles avant notre ère. Soumise aux Romains et colonisée par eux en 482 de la fondation de l'empire, Paestum tomba au pouvoir des Sarrasins ; eux-mêmes, vaincus par une ligue italienne en 915, avant de quitter le pays, mirent le feu à la ville, qui dès lors cessa d'être habitée. » (Petit-Radel.)
Outre les trois temples, il reste encore une portion des murs d'enceinte formés d'énormes blocs. Sur l'espace de quatre milles qu'ils circonscrivent, on trouve çà et là des fragments de colonnes, des corniches, des flaques d'eau où croissent des joncs, tristes successeurs de ces roses si vantées des poètes. « Pour se restaurer, il est indispensable d'apporter des provisions de Salerne. On a grand'faim. On met une tranche de bœuf bouilli entre deux morceaux de pain et l'on dévore, en rêvant aux siècles écoulés. » Là s'étendaient les bataillons de Crassus le riche; ici, en regardant ces temples, Spartacus a dit à ses soldats : « 11 y a des dieux, nous serons vainqueurs ! »
« Le premier des temples, du côté du couchant, est aussi le plus petit des trois et le plus près d'une des portes d'enceinte. On présume qu'il fut dédiéà Gérés. Il est désigné chez les anciens qui ont écrit sur l'architeclure sous la dénomination d'IIoxastyle périptéral. li est exhaussé sur trois marches qui lui servent d'as-