LIV. I. CHAP. IL MONUMENTS GYCLOPÉKNS
pierres rectangulaires ; près de la muraille intérieure existe un grand tumulus de quatre-vingt-douze mètres d'étendue, revêtu à sa base de pierres polyèdres irrégulières , bien enchâssées les unes dans les autres. On y montait à l'aide d'un grand escalier dont quelques degrés sont encore visibles. Ce tombeau serait celiii de Tantale, fils de Jupiter et roi de Lydie, mort vers l'an 1410 avant notre ère; au moins Pausanias a-t-il vu à Sipyle le tombeau de Tantale.
Les ruines Pélasgiques abondent dans l'ancienne Ârgolide, une terre fameuse par les aventures de Pélops , de Thyeste et d'Atrée ; ce pays fut le centre de la Grèce, et l'un de ses rois, Agamemnon , qu'Homère a immortalisé, conduisit en Asie toute la race hellénique réunie sous ses ordres. L'expédition dirigée contre Troie fut la première guerre européenne, la première réaction des races venues d'Asie et établies en Europe, contre le mouvement toujours renaissant qui poussait des masses d'hommes d'Orient en Occident. La Grèce était pleine jusqu'aux bords et ne voulait plus être envahie. C'est là le fond de l'Iliade et ce qui fait l'immortalité d'Homère et de son épopée.
L'émigration des Pélasges était donc fixée dans toute la Grèce et surtout en Argolide; et leurs tribus n'avaient pas bûti les murailles que nous voyons encore, pour les abandonner jamais. A Tirynthe, Ja ville d'Hercule, s'élève une puissante citadelle, que
Pausanias a décrite, il y a bientôt deux mille ans. Euripide en attribue la construction aux Cyclopes, forgerons souterrains. L'enceinte est formée de blocs polygones superposés sans ciment; des pierres de moindre dimension sont placées entre les plus grandes , de manière à remplir les vides et à lier ensemble les diverses parties de la construction. Il semble qu'on assiste au travail de l'ouvrier, n'ajoutant une pierre qu'après avoir assuré l'autre, et créant par des tâtonnements successifs un mur que nos boulets entameraient à peine. Dans la forteresse de Tirynthe, les masses principales datent du dixhuitième siècle avant notre ère ; quelques parois d'appareil plus régulier sont l'œuvre du quinzième. xNous avons déjà prononcé le nom de Mycènes; sa fondation remonte aux temps du fabuleux Phoronée ; Persée, autre personnage des âges héroïques, passe pour l'avoir réparée, vers l'an 1390 avant le Christ. La double enceinte de son acropole présente trois ordonnances différentes et qui correspondent sans doute à trois époques successives. Ce sont partout des blocs polygones irréguliers, les uns bruts à leur surface, les autres mieux joints et aplanis, d'autres travaillés comme les derniers, mais de formeplusallongée. La construction la plus ancienne, attribuée à Mycénée (1700 av. Jésus-Christ), est en calcaire, la plus récente, celle de Persée, en pouddingue.
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]. Trésor d'Atrée. — 2. Porte des Lions.