‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 6 sur 191 · MONUMENTS CYCLOPÉENS OU PÉLASGIQUES · texte numérisé non relu

MONUMENTS CYCLOPÉENS OU PÉLASGIQUES

Acropoles de Sipyle, de Tirynthe; My cènes : la Porte des lions et le Trésor d'Atrée,

Lorsque le voyageur audacieux marche à l'aventure dans ces terres marécageuses et boisées oii reposent les ossements et les ouvrages des anciens Étrusques, solitudes que des fièvres terribles protègent contre la curiosité, il entrevoit, sous les chênes et les oliviers des collines, d'énormes pierres assemblées en murailles, des vestiges étonnants du travail de l'homme. Des ouvrages pareils s'élèvent sur les coteaux du Péloponnèse (Morée), dans les îles de l'Archipel, jusqu'au centre de l'Asie Mineure et jusqu'aux rives de l'Espagne. Le caractère en est simple, puissant, gigantesque. En voyant ces blocs de pierre irréguliers, si solidement encastrés les uns dans les autres, si pesants, que le temps lui-même n'a pu les déplacer.

ces linteaux de porte aussi vastes que le plus grand de nos dolmens, ces substructions formidables achevées sans le secours de nos machines et de nos tailleurs de pierres , on est bien près de croire que l'homme dégénéré a perdu la force de ses aïeux? on admire ces débris surhumains, comme si dans un tombeau ouvert se révélaient soudain les restes d'un peuple haut de sept coudées.

C'est un Français, M. Petit-Radel, qui découvrit, au commencement de ce siècle, les monuments l'élasgiques de l'Italie occidentale et les assimila aux ruines dt^jà connues de Tyrinthe etd'Argos. Son système ne semble pas avoir été ébranlé. Il place entre le vingtième et le quinzième siècle avant notre ère le grand mouvement Pélasgique. Les Pélasges, partis de l'Asie centrale à une époque indéterminée, mais postérieurement sans doute aux Celtes, semblent avoir traversé l'Asie Mineure en y laissant quelques établissements enCappadoce ; de l'avis des anciens géographes, ils peuplèrent l'Ionie, l'Éolie, la Carie, la Thrace, l'Épire, la Macédoine, toute la Thessalie, et couvrirent la Grèce entière. De proche en proche, soit d'île en île, soit par la Thrace et l'Illyrie, ils gagnèrent l'Ktrurie et les États Uomains; le flot de leur émigration vint mourir sur les côtes de France et d'Espagne.

Nous ne citerons d'eux en Asie que l'acropole de Sipyle. C'est une double enceinte très-bien bâtie en

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