LIV. 111, CHAP. VI. THÉÂTRE DE MARCELLUS
dont la destination et les proportions gigantesques annoncent un état si différent du nôtre. »
Ç 2. Théâtres de Marcellus et d'Orange.
Pline nous a parlé de théâtres en bois. Le premier qui fut construit en pierre porta le nom de Pompée. Le second, vaste et superbe édifice qui pouvait contenir seize mille spectateurs , fut dédié par Auguste à son neveu Marcellus, adolescent poétique illustré par le génie de Virgile. La construction en était si parfaite qu'elle a toujours servi de modèle aux architectes modernes pour les proportions des ordres superposés. La partie demi-circulaire du dehors présentait les quatre ordres. Les deux supérieurs, le corinthien et le composite, sont entièrement ruinés; il ne reste qu'une partie des deux étages inférieurs ; on y admire l'équilibre des colonnes ioniques savamment établies en retraite sur l'ordre dorique , au lieu de porter k faux comme à Nîmes. Le théâtre de Marcellus avait plus de cent mètres de développement et était précédé d'un portique.
C'est la France qui possède le plus grand et le mieux conservé des théâtres romains, type consacré pour toutes les restaurations des architectes. Moins orné que le théâtre de Marcellus, il ne lui cédait guère en majesté. Ce merveilleux reste est situé à Orange, dans le département du Vaucluse.
« Le théâtre d'Orange s'aperçoit de très-loin, dominant toute la ville, et la scène , comme une haute tour, s'élève au-dessus de tous les bâtiments modernes.
« Les gradins adossés à la pente d'une colline, suivant l'usage constant des Romains, sont en grande partie détruits, mais pourtant encore très-reconnaissables. Le mur de la scène est mieux conservé, ('onstruit de blocs énormes, il a résisté à toutes les attaques des hommes et des éléments. Autrefois il était décoré à l'intérieur de trois rangs de colonnes, l'une au-dessus de l'autre, dont on retrouve encore d'énormes fragments, quelques-uns à leur place. La plupart sont de granit poli, plusieurs de marbre blanc. La décoration de la façade est fort simple : la grandeur n'exige pas d'ornements. Trois portes disposées symétriquement s'ouvraient pour le service du théâtre et peut-être pour recevoir une partie des spectateurs. Au-dessus règne une rangée d'arcades figurées, surmontées d'une corniche et d'une ligne de corbeaux dont je ne comprends pas l'usage. Une seconde ligne de corbeaux, à une toise du sommet du mur , est séparée de la première par une gouttière qui rejetait sur la place les eaux de la toiture de la scène; enfin, une corniche
saillante couronne le haut du mur La scène
a été évidemment couverte par un toit en charpente Ce toit ne couvrait que la scène qui.