LTV. III, CHAP. VI. THÉÂTRE D'ORANGE
vue des gradins, devait paraître comme un immense hangar.
« Des deux côtés de la scène, deux corps de bâtiment avancés contiennent des salles spacieuses, des corridors, des escaliers , en un mot toutes les constructions accessoires d'un théâtre, etnécessaires aux acteurs et aux machinistes. Les escaliers sont remarquables en ce que deux marches sont ordinairement taillées dans la même pierre.
<t Toutes les parties de l'édifice, mais surtout le haut du mur de la scène, portent les traces d'un violent incendie. Les pierres rougies et fendues, les marbres calcinés, une masse énorme de cendres le démontrent jusqu'à l'évidence. C'est une preuve de plus de l'existence d'une toiture au-dessus de la scène, qui seule a pu fournir des matériaux à la flamme qui a fait tant de ravages. ^ (Mérimée.)
Longtemps encombré de constructions particulières, le théâtre d'Orange est tout à fait dégagé maintenant. L'espace contenu entre la scène et les gradins est ombragé de figuiers charmants qui permettent d'admirer fraîchement ces ruines énormes. Une figue détachée de temps en temps est encore un remède sûr contre l'air desséchant enfermé entre les hautes murailles : le grand mur de la façade n'a pas moins de trente -quatre mètres en hauteur et cent trois mètres en longueur; il dépasse donc bien des obélisques et bien des édifices. « Le théâtre
d'Orange , dit M. Perrot , est aux autres monuments de la Provence ce que le Golysée de Rome est aux petits temples votifs, ou ce que le Pont du Gard est à ceux de Boisseron et d'Ambrusi, c'est-à-dire un colosse. »
« Un portique, qui subsiste encore en partie , liait le théâtre à un hippodrome qui lui est contigu, et dont on suit facilement les contours du haut de la colline. De ce côté, les terres coupées à pic sont couvertes d'une épaisse maçonnerie à petit appareil; mais il paraît que cette première enveloppe n'était pas assez solide , car on en a ajouté une seconde, en sorte que l'on voit distinctement les parements des deux murailles appliqués l'un sur l'autre. Une partie des murs de l'enceinte existe encore, et se retrouve, plus ou moins mutilée, dans les maisons modernes. L'étendue de cette enceinte elliptique et son peu de largeur prouvent suffisamment qu'elle a été destinée à des courses de chars ou de chevaux, et non à des combats d'animaux ou de gladiateurs. Le grand diamètre de l'ellipse occupe toute la largeur de la ville moderne. » (Mérimée.)
§ 3. Thermes de Caracalla et de Julien. — Baius de Nîmes.
Dans un quartier de Rome entièrement désert, à peu de distance de la voie Appienne, au miheu de vignes en désordre, s'étendent de vastes débris, dont