LIV. IV. CHAP. II. MOSQUÉE D'OMAR
de grandes tables de marbre de diverses couleurs dont la plus grande partie, tant des colonnes que du marbre, et le plomb, ont été pris par les Turcs, tant en Téglise de Bethléem qu'en celle du Saint-Sépulcre, et autres qu'ils ont démolies.
« Dans le Temple il y a trente-deux colonnes de marbre gris en deux rangs, dont seize grandes soutiennent la première voûte, et les autres le dôme. Tout autour des colonnes, il y a de très-beaux ouvrages de fer doré et de cuivre, faits en forme de chandeliers, sur lesquels il y a sept mille lampes posées. Dans le milieu du temple, il y a une petite tour de marbre, où l'on monte en dehors par dix-huit degrés. C'est où se met le cadi tous les vendredis, tout le temps de leurs cérémonies. »
Enfin l'impression générale est parfaitement rendue dans un passage du Voyage m Orient. (Lamartine.)
« La mosquée d'Omar, ouEl-Sakhra, édifice admirable d'architecture arabe , est un bloc de pierre et de marbre d'immenses dimensions, à huit pans, chaque pan orné de sept arcades terminées en ogive; au-dessus de ce premier ordre d'architecture, un toit en terrasse d'où part tout un autre ordre d'arcades plus rétrécies, terminées par un dôme gracieux couvert en cuivre autrefois doré. Les murs de la mosquée sont revêtus d'émail bleu ; à droite et à gauche s'étendent de larges parois terminées par de légères
colonnades moresques correspondant aux huit portes de la mosquée. Au delà de ces arches détachées de tout autre édifice, les plates-formes (sur lesquelles s'élevait le Temple de Salomon) continuent et se terminent, l'une à la partie nord de la ville, l'autre aux murs du côté du midi. »
§ 2. Mosquées du Caire. — Ebn-Touloun. — Tombeaux.
Il n'est presque pas de rues au Caire, dit un voyageur, où l'on ne trouve des mosquées et des cimetières. « Dans les endroits les plus hantés des chiens, les plus fertiles en immondices de tout genre, paraissent soudain de grêles minarets, renflés de place en place par des halustrades à jour, coiffés de petites coupoles, et pareils à de hautes fleurs que leur ti,^■e lière élève au-dessus de la boue natale. Des grilles ouvragées laissent entrevoir les cours flanquées de galeries légères, les fontaines lustrales, et, sur une porte entrouverte, les babouches déposées par les croyants avec tous les soucis terrestres.
« Les musulmans ont l'habitude, quand une mosquée se détruit, do l'abandonner au temps avec tout ce qu'elle renferme. Il serait sacrilège d'en retirer un grain de poussière. Au milieu d'une salle dont les plafonds chancelloni, dont les murs couverts de saintes maximes s'inclinent, chaque jour rapprochés delà terre, le passant aperçoit deschaires d'où l'Iman
Mosquée de Kaït-Bey, au Caire.