‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 100 sur 110 · LE NOUVEL OPÉRA · texte numérisé non relu

LE NOUVEL OPÉRA

et d'utilité, risque de négliger et d'abolir les plus simples conditions de l'art. Nous avons, plus de constructeurs que d'architectes. De là ces grandes maisons plates, ces sculptures de pacotille, cet abus de l'horrible fonte de fer qui ne devrait pas plus se montrer que nous ne laissons voir notre squelette, et dont l'ossature apparente dépare déjà nombre d'édifices publics.

Sur la pente menaçante de la décadence, il faut honorer et entourer de sympathie les artistes et les ouvrages qui osent encore promettre quelque jouissance aux amis du beau. Nul ne sait au juste quel sera l'effet du nouvel Opéra que construit M. Garnier* ; on peut même penser qu'il y aura des ornements trop menus, des lignes mal raccordées; cependant, par le modèle qui a été vu à l'une des dernières expositions, et par ce que l'on aperçoit déjà de la masse, on augure bien de cet édifice immense et compliqué.

La façade principale, malheureusement étranglée par la mauvaise disposition de deux rues obliques, se compose d'un soubassement à arcades, d'une colonnade corinthienne formant galerie ouverte au premier étage, d'un entablement et de deux avant-corps peu saillants, à frontons circulaires. Aux façades latérales sont appliqués d'élé-

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