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LA BOURSE DE PARIS. 3X

ce portique si sage, si imposant, si convenable, recèle en ses flancs la Bourse. Une salle immense, divisée par deux ordres d'arcades, éclairée seulement d'en haut par une voûte dont les caissons ont été habilement peints en grisaille par Abel de Pujol et Meynier, réunit tous les jours une foule bruyante et comme afl'olée d'acheteurs et de vendeurs qui spéculent sur les fonds publics et trop souvent jouent à pile ou face la ruine foudroyante ou bien ces fortunes subites qui gonflent les parvenus insolents. Le tribunal de commerce, devant lequel se dénouent ces. drames financiers, occupait, il y a deux ans, tout le premier étage du palais. On s'est aperçu un peu tard que l'agiotage et la justice étaient des voisins mal assortis, et un édifice tout neuf, l'un des plus bizarres, certes, que possède le Paris moderne, vient d'être afl*ecté au tribunal consulaire.

Le plan de la Bourse appartient à M. Brongniart qui en dirigea la construction de 1808 à 1813 M. Labarre, son continuateur fidèle, termina les travaux en 1827. Malgré de graves défauts, comme l'éclairage et l'aération imparfaits de la grande salle centrale et aussi les inconvénients d'un péristyle ouvert au vent, à la pluie et au soleil, l'œuvre de ces deux architectes n'est pas de celles qu'on doive dédaigner.

Avec les colonnes Vendôme, de Juillet et du Pal-

mier, nous ne sortons pas de l'antiquité. La première, fameuse par les odes de Victor Hugo, trophée des victoires françaises, décore noblement notre belle place Vendôme ; c'est une imitation en bronze de la colonne Trajane; mais combien inférieure au modèle parla médiocrité de ses sculptures I (1806).

La colonne de Juillet est simple et nue, mais d'un beau style; le fût est de bronze, le piédestal de pierre. Sous la base reposent les combattants de Juillet 1830, et sur le chapiteau s'élance, d'un mouvement hardi, le génie de la Liberté (1831-1840). MM. Âlavoine et Duc sont les auteurs de ce beau monument.

On doit un regard à l'agréable colonne du Palmier (1807), cerclée d'anneaux qui représentent les nœuds de l'arbre, et gracieusement entourée à sa base de statues allégoriques. Il a suffi de vingt minutes (1858) pour la porter tout d'une pièce à douze mètres de sa première place et l'exhausser sur un assez mauvais soubassement flanqué de sphinx.

L'arc de triomphe àe FÉloile date, comme les colonnes, du premier Empire. Commencé en 1806 par Raymond et Ghalgrin, continué par Huyot, il ne fut achevé qu'en 1836. Après avoir risqué d'être dédié à la gloire du duc d'Angoulême, en 1823, il fyt rendu à sa destination primitive et légitime. Son inscription porte : aux armées franç4ISEs.

l'arc de l'étoile. 329

L'arc de triomphe est large de quarante-cinq mètres, haut de quarante-six, profond de vingtdeux. Le grand arc de sa façade mesure vingt-neuf mètres sur quatorze ; l'arcade transversale, dixhuit sur huit et demi. C'est le plus grand des monuments de son espèce. Pour l'égaler en hauteur, il faudrait dresser l'arc de Constantin sur la porte Saint-Denis. Rien de plus simple que son ordonnance ; elle consiste en quatre ouvertures, surmontées d'une riche frise sculptée, d'un entablement très-saillant et d'un attique où trente boucliers ont reçu les noms d'autant de victoires. De chaque côté des arcades centrales, s'élève, en forme de trophée, un groupe colossal en ronde bosse. La nudité des angles et des surfaces fait valoir les sculptures, souvent dignes d'admiration, que Rude, Corlot, Étex, Pradier, Lemaire, Seurre aîné, Debay père et plusieurs autres artistes distingués ont consacrées aux épisodes glorieux de nos guerres. On peut ajouter que la noble et correcte simplicité de cette masse aide à l'effet que produit toujours ce qui est colossal ; ici la grandeur et le grand se prêtent un mutuel secours. Y a-t-il un plus beau spectacle que la grande montée des Champs-Elysées, lorsque le soleil couchant, tout entier contenu par le cintre de l'arc majeur, lance ses rayons sur la foule et jusqu'au pavillon des Tuileries?

Les nécessités créées par les inventions de ce

cent mètres sur plus de quarante ; mais Tintérieur perd vingt mètres dans les deux dimensions ; c'est une seule et riche nef, sans aucune fenêtre, éclairée par des coupoles dorées. Le plus grand luxe règne dans ce sanctuaire grec, dans cette Cellay coiffée à la byzantine, et tant bien que mal accommodée aux pompes catholiques. Grands arcs de Sainte-Sophie, ordonnance corinthienne de la Grécostase, frontons triangulaires des chapelles, pilastres de la Renaissance, dorures do Versailles ou de Gènes, il y a de tout à la Madeleine. Mais aussi pourquoi avoir voulu faire d'un temple une église? Y a-t-il rien de plus ennemi que le génie grec et le mysticisme chrétien? Napoléon, atout prendre, avait conçu une plus juste idée ; il voulait dédier ce qui fut la Madeleine à la Gloire de la grande armée. Les fondations de la Madeleine datent de.H764; mais sa forme grecque appartient à l'architecte Pierre Vignon, qui y travailla de 1806 à 1828. Le monument ne fut achevé qu'en

Encore une sorte de temple antique, avec ses escaliers, ses péristyles corinthiens, ses entablements, ses corniches classiques, mais malheureusement surmontées d'un toit trop visible. On y adore un dieu puissant, deux dieux plutôt, Plutus et Mercure, ces maîtres reconnus des consciences et des destinées au dix-neuvième siècle ; en un mot,

LA GARE ItE L'EST- 331

a de la grandeur, bien que singulièrement amoindrie par la perspective indélïnîe du boulevard Sébastopol : c'est un péristyle qui réunit deux

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avant-corps carrés à deux étages. En arrière, s'ouvre en demi-cercle une large verrière inscrite dans un fronton que couronne une statue de Strasbourg. Cet ensemble important fait oublier la maigreuir

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de la décoration et le mauvais goût des chapiteaux pseudo-gothiques.

L'extérieur de la nouvelle gare du Nord est an moins aussi monumental, et beaucoup plus grand. Il faut louer la hardiesse du parti-pris qui marque nettement sur la façade les divisions intérieures. Au centre, la halle, large de soixante-dix mètres, est indiquée par un énorme fronton. De droite et de gauche, des galeries et des pavillons d*angle répondent aux salles d'arrivée et d*attente, et à tous les besoins du service. Dans une vaste cour à gauche, s'élèvent des hôtels d'un très-beau goût, destinés à l'administration. L'interminable façade de la gare (cent quatre-vingt-dix mètres) se profile dans toute la longueur de la place Roubaix et au delà, avec ses frontons, ses colonnes et ses statues. L'aspect en est saisissant, mais on a peine à se faire aux deux divisions qui coupent les pentes du grand comble, à ces hauts entablements qui ne portent rien, qui appuient seulement les retombées du pignon central; il y a là certainement quelque chose de défectueux , non point parce que cette disposition est iQsolite, mais parce qu'elle se justifie mal. Quoi qu'il en soit, cet immense travail -UjX honneur au talent de M. Hittorf.

Une redoutable corruptrice de l'architecture,

qu'on'nonmie l'industrie, la science indus-

[ui, préoccupée uniquement d'économie

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