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SAINT-SERNIN

quent avec de larges paliers correspondants aux travées, donne accès dans l'église supérieure. Il aboutissait autrefois à rentrée du chœur. On Ta détourné vers le collatéral gauche.

Commencée peut-être au cinquième siècle, reconstruite au neuvième, achevée du onzième au treizième, la cathédrale du Puy n'eu présente pas moins un aspect harmonieux. Toutes les modifications qu'elle a pu subir appartiennent en efifet à deux arts intimement associés, l'art byzantin et Tart roman.

Saint-Sernin de Toulouse a été moins heureux.» Des additions des quatorzième et quinzième siècles, et plus encore une restauration maladroite, ont contrarié la perspective de sa grande nef, et noyé dans le plâtre toute la décoration de sa partie antérieure ; mais la noblesse de ses cinq nefs divir sées par quatre rangs de piliers, et surtout la merveilleuse beauté de son chevet, suffisent à soutenir' son antique renommée Au-dessus de neuf absidioles, paraît la grande abside, dominée ellemême par la nef principale.

Toutes ces constructions où des ornements de pierre sculptée ressortent sur la teinte riche et foncée des briques qui forment la masse des murs, semblent servir de base à une haute tour de briques percée de baies arrondies ou aiguës comme des mir très. De cet ensemble résulte une disposition pyra-

midale d'un effet surprenant, à la fois majestueux et léger, élégant et fort.

Saint-Sernin fut consacré en 1096; c'est à cette date qu'il faut rapporter le chevet tout entier. Quant à la tour, elle n*a été construite qu'au quatorzième siècle, mais avec l'intention évidente de se conformer au style général du monument» preuve de goût qu'il faut noter et dont on retrouverait peu d'exemples avant nos jours.

Dans le midi et le sud-ouest de la France, vers le douzième siècle, l'architecture romane, d'abord si sévère et si simple, avait admis une grande richesse d'ornements et de sculptures, souvent barbares, mais toujours ingénieusement groupés; C'est ce qui a fait nommer roman fleuri le goût qui domine, au sud de la Loire, jusque dans le courant même du treizième siècle.

Ce style a été employé dans toutes sortes d'édifices; et l'un des plus beaux spécimens qui en reste a été découvert dans la cour de la préfecture d'Angers. Ce sont de grandes baies à plein cintre richement sculptées dans leurs voussures et qui semblent avoir appartenu aux galeries d'un monastère.

Le roman fleuri se prêle admirablement à la décoration des façades. Celle de Notre-Dame de Poitiers, par exemple, est un immense bas-relief qui commence au pavé et s'élève jusqu'au sommet

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côtés à la fois, et ne sachant où arrêter ses regards, a peine à reconnaître les formes générales. » C'est l'inconvénient de ce style fleuri, dont Saiot- Gilles réunit tous les caractères principaux : « Largeur de la base; apparence de solidité qui va jusqu'à la lourdeur, division excessive des parties; profusion des détails, ayant pour but évident d'atténuer l'eflet de la lourdeur. »

On peut citer encore parmi les ifaçades fleuries, cejle de Saint-Trophime d'Arles ; mais déjà le gothique, né dans l'Ile-de-France, descend vers le midi et vient se combiner avec le roman jusqu'à ce qu'il le détrône. Saint-Trophime porte des marques manifestes de cet accord ou de cette lutte. A mesure qu'on avance de la nef au chœur et à l'abside, le gothique prend le dessus et triomphe; s'il respecte la tour carrée, il envahit le cloître et en décore la moitié; mais sans pouvoir lui enlever son allure romane très-prononcée, et contraint même à s'y plier.

Ce cloître est un des plus beaux qu'on puisse voir. Romanes ou gothiques, ses arcades sont soutenues par des colonnettes doublées, en marbre, minces, rondes ou octogones, alternant avec des piliers ornés d'assez grandes statues taillées dans le bloc môme. Du côté des promenoirs, même dans les galeries gothiques, les chapiteaux sont à figures ; du côté de Tenclos intérieur, ils sont à feuil-

SAINT-jqUEN DU MANS, 205

lages. La partie romane est de beaucoup la mieux exécutée et la plus intéressante par les costumes que nous font connaître ses statues et ses basreliefs.

Quantité de belles églises du centre datent de l'époque où le gothique naissant se greffait sur le roman à son déclin. Cette période de transition n'a guère de plus beau spécimen que la cathédrale du Mans.

Sur une éminence fortifiée par des travaux romains, au pied de laquelle s'écoulent les eaux lentes de la Sarthe, à Tune des extrémités de la vieille ville, au milieu d'une place déserte et d'apparence antique, s'allonge un immense vaisseau roman que termine un chevet gothique exhaussé sur une crypte et enlacé par une double rangée d'arcs-boutants.

L'histoire delà cathédrale du Mans est assez obscure ; mais il est probable que l'église romane, plusieurs fois incendiée, fut rhabillée ou restaurée en gothique au commencement du treizième siècle. Les anciens pleins cintres de la grande nef ont. alors été transformés en aras brisés, pour répondre au système du nouveau chœur qui est tout entier du plus pur et du plus noble style gothique. Au-dessus des grands arcs, portés par des piliers alternativement cylindriques et prismatiques, s'allonge une galerie étroite d'arcades à plein cintre. < La

voûte est ogivale', renforcée de doubleaux

X saillants H

Portail occidanlal de la catbéilrala du Mans.

1. 11 noiu est arrivé déjà et il pourra nous arriver encorâ de cûDaervw dans lea citations les mots Irèa-impropremeA em-

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