LE DOME DE PISE
es s'associaient en un mélange à la fois plein de
■ce et de grâce. Aux supports des coupoles, aux
drailles des rotondes et des nefs , les architectes
ustèrent des forêts de colonnettes, des rangées de
3lites arcatures simulées , qui occupent Toeil et
randissent Fédiûce.
Pise présente le modèle de ce qu'on peut appeler e Roman italien. Sur une vaste place déserte sont ;éunis quatre monuments fameux , le Dôme , le jj^Baptistère, la Tour-Penchée et le cloître, si simple et si noble , du Campo-Santo ; c'est un spectacle - magnifique , attristé d'abord par la profonde dé- *" cadence de Pise, mais qui, reprenant bientôt toute sa magie , transporte la pensée aux temps où la libre cité , victorieuse des Sarrasins de Sardaigne , enrichie d'une foule de chapiteaux, de bases et de colonnes antiques, élevait le dôme pour célébrer son triomphe et employer ses trophées. C'est en 1083 que l'architecte byzantin Buschetto fut appelé pour élever cette cathédrale, où les plafonds, les voûtes, les architraves et les arcades, la coupole et la croix latine , se combinent pour exprimer une idée originale et créer une forme nouvelle. C'est l'antique sans sa nudité, le byzantin sans sa lourdeur, la ferveur sans l'effroi qui l'accompagne en Occident.
Cinq étages d'arcades revêtent la façade de leurs portiques superposés. « Toutes les formes antiques
246 SfERVEILLES DE L'ARCHITECTURE.
Mais ils abondent surtout en Belgique, pays de vie municipale et industrielle, où le culte des intérêts humains est revêtu d'une pompe égale à celle qui accompagne le culte de la divinité.
Construit au milieu du quinzième siècle , Thâtel de ville de Louvain semble une châsse gothique élevée en pierre sur des proportions gigantesques. Les sculptures, fines et délicates, conviendraient à une pièce en miniature, et les statuettes y sont si nombreuses que plusieurs heures ne suffiraient pas à compter celles qui décorent un sedl cdté.
La façade présente trois étages surmontés d'une galerie et d'une couverture où sont percés trois étages de lucarnes. Elle est composée de trois ordres au-dessus d'un soubassement en stylobate; un perron à deux rampes donne accès à l'hôtel par deux portes. Dix fenêtres gothiques surmontées de contre-courbes sont séparées par d'élégants contre-forts. Des tourelles à six pans ornées de trois galeries s'appuient aux quatre angles. D'autres, en encorbellement, s'appliquent au gable des pignons.
L'hôtel de ville de Bruxelles est considérable par son élévation et son étendue ; construit dans l'espace de 21 ans (1401-1422), il est d'un même style dans toutes ses parties, et les maisons qui l'avoisinent sont de la même époque. Les décorations et les filets d'or ne manquent pasà cet hôtel : sa façade,