‹ Les merveilles de l'architectureChapitre 72 sur 110 · PROVINS · texte numérisé non relu

PROVINS

à droite et à gauche les deux lignes de défense. On dirait les deux fronts en éguerre d'un bataillon carré. Seize tours et deux portes fortifiées, reliées par de hautes courtines, composent un aspect grandiose et vénérable. Les lierres ma^ifiques qui descendent des fattes aux empâtements des tours n'en dérx)bent pas aux yeux les formes variées. Les tours, dont l'espacement varie de vingt et un à trente-trois mètres, sont ou demi-circulaires, ou polygonales ; Tune présente une saillie angulaire, l'autre un angle rentrant. Quelquesunes sont pleines ; la plupart ont deux étages voûtés et une plate-forme supérieure. Elles ne montrent au dehors que les fentes étroites des meurtrières; les couronnements, bien endommagés, laissent apercevoir encore quelques corbeaux qui supportaient des mâchicoulis.

La ville haute , comme toute demeure* féodale prudente, était défendue et fermée du côté de la ville basse , par une suite de murailles et de forts bâtis sur des escarpements. Ce n'est pas tout. Les comtes avaient séparé du reste de la citadelle leur palais avec l'église et le cloître de Saint-Quiriace, qui occupaient la pointe du promontoire. Une tour puissante, rattachée aux murailles, qui servait de prison et de défense, s'élevait à quelque cent mètres du palais.

<1iamètre considérable, plus

haute que les rues environnantes, sert de suppi

à ce donjon. La tour, élevée sur un soubassem<

carré, est octogone et flanquée de quatre peti

tourelles en encorbellement. On Ta longten

nommée la Tour de César; mais bien qu'on n'

puisse pas aisément déterminer la date, il n'

pas probable qu'elle soit antérieure ^u douziëi

siècle.

En fait de donjon, il n'en est guère de com]

rable à Coucy. Tout est colossal dans cette foi

resse. Les marches des escaliers, les allèges <

créneaux, les bancs, y sont faits pour des homu

d'une taille au-dessus de l'ordinaire.

Le donjon circulaire, large de trente et un n très, haut de soixante-quatre, s'élève entre q[iia tours situées aux angles d'un quadrilatère et i mesurent dix-huit mètres sur trente-cinq. Il èl divisé, par trois voûtes aujourd'hui crevées, trois vastes pièces et couronné d'une comi( ornée de quatre pinacles. La salle du rez-de-cha sée, dodécagone, est voûtée au moyen de doi demi-arcs en quart de cercle qui vont abouti] une énorme clef. Douze ou quinze cents homn pouvaient, au besoin, tenir dans la rotonde su] rieure.

Bâti par Enguerrand ITI, vers 1230, le châte de Coucy, «• Tune des plus imposantes merveil de l'époque féodale, » domine une riche vall<

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