LE DOME DE PISE
tines s'associaient en un mélange à la fois plein de force et de grâce. Aux supports des coupoles, aux murailles des rotondes et des nefs , les architectes ajustèrent des forêts de colonnettes, des rangées de petites arcatures simulées , qui occupent Toeil et grandissent l'édifice .
Pise présente le modèle de ce qu'on peut appeler le Roman italien. Sur une vaste place déserte sont réunis quatre monuments fameux , le Dôme , le Baptistère, la Tour-Penchée et le cloître, si simple et si noble , du Campo-Santo ; c'est un spectacle magnifique , attristé d'abord par la profonde décadence de Pise, mais qui, reprenant bientôt toute sa magie , transporte la pensée aux temps où la libre cité , victorieuse des Sarrasins de Sardaigne , enrichie d'une foule de chapiteaux, de bases et de colonnes antiques, élevait le dôme pour célébrer son triomphe et employer ses trophées. C'est en 1083 que l'architecte byzantin Buschetto fut appelé pour élever cette cathédrale, où les plafonds, les voûtes, les architraves et les arcades, la coupole et la croix latine , se combinent pour exprimer une idée originale et créer une forme nouvelle. C'est l'antique sans sa nudité, le byzantin sans sa lourdeur, la ferveur sans l'efiDroi qui l'accompagne en Occident.
Cinq étages d'arcades revêtent la façade de leurs portiques superposés. « Toutes les formes antiques
reparaissent, mais remaniées. Les colonnes extérieures du temple grec sont réduites, multipliées, élevées en l'air , et du soutien ont passé à rômement. Le dôme s'est effilé, et sa pesanteur naturelle s'allège sous une couronne de fines colonnettes à mttre ornementée qui le ceignent par le milieu de leur délicat promenoir. Aux deux côtés de la grande porte, deux colonnes corinthiennes s'enveloppent d'un luxe de feuillages, de cjlices, d'acanthes épanouies et tordues, et, du seuil, on voit l'église avec ses quatre files de colonnes croisées, ses cinq nefs, avec sa multitude de formes sveltes et brillantes , monter comme un autel de candélabres. Une seconde allée, le transsept, aussi richement peuplée, traverse en croix la première, et au-dessus de cette futaie corinthienne, des files de colonnes plus petites se prolongent et s'entre-crbisent pour porter en l'air le prolongement de la quadruple galerie. » (Taine).
^ Un Christ en mosaïque, avec la Vierge et un autre saint plus petit, occupe le fond de l'abside. C'est un ouvrage de Jacopo Turrita , le restaurateur de la mosaïque. Toute la décoration des murs , à l'intérieur comme au dehors, consiste enunemarquetterie de marbres noir et blanc.
Le Baptistère est un simple dôme isolé, pyriforme, posé sur des murailles revêtues aussi de colonnettes et soutenu par des arcades corinthiennes à chapi-