LE VAL-DB-GRACE
type consacré. Presque toutes les églises des dix-septième et dix-huitième siècles la prirent pour modèle, adoptant la forme de croix latine, l'emploi des pilastres, la voûte en berceau et le dôme central. La plupart ont les défauts du genre sans en retenir les qualités ; elles sont lourdes, froides, sans caractère religieux. On peut néanmoins en citer quelques-unes où l'imitation a été plus heureuse.
Ainsi Téglise du Val-de-Grâce, à Paris, exécutée de 1645 à 1665 sur les dessins de François Mansart, Lemercier et Gabriel Leduc, est d'un excellent style et ne produirait pas moins d'effet que Saint- Pierre, si elle avait été conçue dans des proportions aussi vastes et décorée avec autant de luxe. Les deux ordres, corinthien et composite, qui forment sa façade, s'élèvent avec une élégante simplicité. Le tambour du dôme, décoré et soutenu par de très-beaux pilastres qui lui donnent une singulière légèreté, naît entre des clochetons pyriforiïies. Des cariatides et des vases couronnent les pilastres et encadrent les médaillons d'un attique où s'appuie la courbe gracieuse du dôme, divisée par deux rangées de lucarnes et par de riches nervures verticales. Pour bien juger cette conception originale, il faut descendre un peu vers lé nord-est, sur la déclivité de la colline ; le dôme s'ii|ole et grandit, bien supérieur par le choix
Pierre? Aucun. Rien ne m'a tant surpris à la vue de la plus belle chose qu'il y ait dans l'univers, que de n'avoir aucune surprise ; on entre dans ce bâtiment dont on s'est fait une si vaste idée : cela est tout simple. Il ne parait ni grand ni petit, ni haut ni bas, ni large ni étroit. On ne s'aperçoit de son énorme étendue que par relation, lorsqu'on considérant une chapelle, on la trouve grande comme une cathédrale, lorsqu'on mesurant un marmouzet qui est là au pied d'une colonne, on lui trouve le pouce gros comme le poignet. Tout cet édifice, par l'admirable justesse de ses proportions, a la propriété de réduire les choses démesurées à leur juste valeur. Si ce bâtiment ne fait aucun fracas dans l'esprit à la première inspection, c'est qu'il a cette excellente singularité de ne se faire distinguer par aucune. Tout y est simple, naturel, auguste, et par conséquent sublime. Le dôme, qui est à mon avis la plus belle partie, est le Panthéon (d'Agrippa) tout entier, que Michel- Ange a posé là en l'air tout brandi de pied en cap. La partie supérieure du temple, je veux dire les toits, est ce qui étonne le plus, parce qu'on ne s'attend pas à trouver là-haut une quantité d'ateliers, de halles, de coupoles, de logements habités, de campaniles, de colonnades, etc., qui forment, en vérité, une petite ville fort plaisante. » Saint-Pierre de Rome ne tarda pas à devenir un