‹ Les merveilles de la créationChapitre 11 sur 56 · PATES EPA TR AUTRE VE SENTE · texte numérisé non relu

PATES EPA TR AUTRE VE SENTE

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DE LA CRÉATION. 49 être une assez faible ressource dans un moment de désolation générale, M. Brown fut fort aise d’avoir sur lui une bourse assez bien garnie, qu'il mit à la disposition des nègres , pour Jui avoir des alimens , et ce qui pouvait lui être nécessaire , ainsi qu’à eux.

Attachés à cet Anglais, par le service qu'ils venaient de lui rendre , ils lui témoignèrent un dévoûment sans bornes , et firent preuve d’une intelligence , qui lui fut d'autant plus précieuse, qu'il n’était pas en état de s’aider dans la moindre chose.

Îl y avait trois jours qu'il était dans l'asile que les nègres lui avaient trouvé,

lorsque les propriétaires de l'hôtel , [. 2,

qui ne l’avaient quitté que pour aller à la campagne , revinrent à Lisbonne.

Le seigneur don Ramire, à qui il appartenait , fut assez surpris de trouver installé, dans le lit qu’il occupait lurmême , un étranger ; mais, l’humanité et le malheur , ont bientôt établi des liens puissans entre tous les hommes , et don Ramire était trop vertueux pour les méconnaître. Aussi , il

continua à faire donner à M. Brown,

tous les secours que son état exigeait.

Lorsqu'une heureuse convalescence Jui eut rendu la faculté de pouvoir retourner dans son pays, il quitta cette terre de désolation pour se rendre en Angleterre , où il enmena les

irois nègres ses libérateurs , auxquels

DE LA CRÉATION. 5 il avait proposé de s'attacher à lui, ou de les renvoyer , à ses frais, dans leur patrie.

Ils préférèrent le premier parti, et le servirent librement avec un zèle, un attachement si dévoué , qu'il récompensa leur constance et leur dévoûment, par le don d’une somme assez considérable , pour les faire jouir des douceurs de la plus parfaite indépendance.

M. Brown avait fait faire des recherches, qui furent inutiles, dans les décombres de l’église , pour retrouver les restes de celle qu’il avait si tendrement aimée , et leur donner une honorable sépulture. N'ayant pu réussir à

les reconnaître , lorqu’il fut de retour q

dans sa patrie , il éleva un monument à la mémoire de sa chère Isabelle, qu'il pleura le reste de sa vie.

Mon Dieu! mon Dieu! dit Victor en faisant un gros soupir , quel élément que la terre! — Remarque, mon ami, que c’est l’air qu'il faut accuser de tous les désastres, car c’est sa force, trop comprimée, qui produisait ces secousses violentes, ces écartemens terribles, où des précipices s’entr'ouvraient sous les pas des humains. — Les volcans doivent être encore bien plus terribles ? — Leur aspect est sans doute imposant, mais les ouvertures , par lesquelles ils lancent des flammes , avertissent au moins du

danger de s’en approcher. Ges ouver-

DE LA CRÉATION. 53 tures se nomment cratères, et lorsque les matières combustibles bouillJonnent, et sont trop considérables pour être contenues dans les flancs de la montagne , elles s’élancent avec impétuosité par le cratère, et retombent par torrens, sur toutes les campagnes environnantes , qu’elles dévastent, en les couvrant de lave et de cendres. —- Sans doute qu’on place Jes habitations bien au loin , car on s’exposerait à être brûlé ? — Cela devrait être , et cependant, telle est l’insouciance des hommes , qu’à peine une éruption du Vésuve à enseveli cous ses cendres les habitations placées dans son dangereux voisinage ,

que de nouveaux imprudens vien-

54 LES MERVEILLES nent s’exposer aux mêmes dangers.

Moi, j'aime mieux l'eau, dit Auguste ; au moins , avec elle, on ne craint pas de pareils malheurs!

S'ils ne sont pas de même nature, répondit M. de Lormeuil , ils n’en sont pas moins dangereux; car on n’a rien à opposer aux inondations qui sub-

mergent quelquefois des conirées

entières. — Eh bien, il ne fallait pas faire cet élément ! — Tu raisennes

bien comme un enfant , en ne t’arrétant qu'aux inconvéniens , sans rendre grâce à Dieu des avantages. Voyons combien l’eau mérite le nom d’élément.

Avec quoi te désaltérerais-tu , si elle

n'existait pas ? — Pour cela , il man-

DE LA CRÉATION. 55 que bien d’autres choses , et du bon

lait! — Alte 1à, mon savant docteur ; crois-tu que si les vaches n’avaient pas à boire , elles te donneraient du lait? Et puis remarque bien que les fleurs, les plantes , les arbres, ont le même besoin d’eau que les êtres animés ; et que, si elles étaient privées des douces rosées ou des pluies rafratchissantes , elles languiraient et finiraient par se dessécher. Lorsqu’en été, les chaleurs sont si fatigantes , qu’estce qui vient les tempérer? La pluie.

Dans la préparation des alimens, l’eau n'est-elle pas nécessaire ? Les bains , si salutaires à la santé, en entretenant la propreté, ne se prennent-ils pas avec

de l’eau? Le voisinage des rivières ,

56 LES. MERVEILLES des fontaines, ne fournit-il pas de crands avantages ?

C’est bien drôle, dit Gustave, que le feu et l’eau se trouvent ensemble dans les entrailles de la terre ! Ils devraient se combattre , puisqu'ils sont d’une nature si opposée, car les sources se trouvent dans la terre, n'est-ce pas, mon papa? — Sans doute ; et fais bien attention qu'il y a des sources qui participent de la nature des matières sur lesquelles elles passent. Telles sont celles qui produisent des eaux, minérales , si utiles pour guérir bien des maledies. Il y en a qui sont si chaudes , qu’elles brûlent en y mettant la main. -— Vous vous

moquez de moi, en me disant cela ,

mon papa ; car, si cela était, on n’au-

rait pas besoin de faire cuire les alimens avec du feu ; on n'aurait qu’à mettre le bouilli dans une marmite pleine de cette eau merveilleuse et rare, Ja soupe se trouverait faite. — Mais, mon ami, ces eaux n’ont autant de chaleur qu’à leur source , et si on les en tire, elles prennent le désré de température que l’air leur donne.

— À quoi faut-il donc attribuer cette chaleur ? — À ce qu'elles passent sur des matières combustibles, telles que le soufre, le nitre ; et ces matières, qui fermentent, et sont déjà mises en fusion par l’action du feu élémentaire , communiquent leur chaleur à l’eau

qui passe dans leur voisinage.

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Je vois bien, dit Victor, que le moins important des élémens , c'est l'air. — Tu te trompes aussi, mon cher ami, reprit M. Lormeuil , car l'air a une influence bien directe sur la végétation, ainsi que sur l’économie animale. Calculons combien il est indispensable , dans l’ordre établi par le Créateur, et, quoiqu'il échappe à l'œil , il n’en est pas moins important.

C'est l'air qui nous fait respirer ; cela est tellement prouvé , que si l’on place un animal quelconque , sous une machine appelée pneumatique , et dont tout le mécanisme consiste à empêcher qu'il s’y insinue la moindre particule d’air, le pauvre animal est

privé totalement de la vie au bout

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