ET
les rivières. Ses écailles sont d’une
‘blancheur vive et argentine ; l’indus- A irie a trouvé moyen de tirer parti de ces écailles en les faisant concourir à { la parure des dames, sous la forme de À perles très-bien imitées.
En comparant toutes les espèces de
poissons qui forment des degrés , de- | 1. Ge
puis l’ablette jusqu'à la baleine, vous |
devez concevoir, mes enfans, quel
nombre d'espèces il existe dans les
mers et les rivières! Il en est de
même pour les quadrupèdes, car de-
puis la fourmi jusqu’à l’éléphant, l’échelle est immense. | Papa, dit Victor, est-ce que parmi les oiseaux, les mêmes nuances n’existent pas ? L’aigle, mon ami, estle plus grand des oiseaux, on lui accorde même le titre de roi des oiseaux. Il possède à un degré éminent les qualités qui lui sont communes avec les autres oiseaux de proie : comme la vue perçante , la voracité , la férocité, la force du bec et des serres. Il y à
plusieurs espèces d’aigles ; mais le plus
DE LA CRÉATION. 211 remarquable est celui qu'on appelle
| aigle doré. La femelle a trois pieds
et demi de longueur, depuis le bout
du bec jusqu’à l'extrémité des pieds ; et lorsque ses ailes sont étendues, elle a jusqu’à dix-huit pieds d'envergure ; elle pèse jusqu’à dix-huit livres; le mâle est plus petit et ne pèse que douzelivres; tous deux ont le bec trèsfort, recourbé dans toute sa longueur , mais plus crochu à l'extrémité , et assez semblable à de la corne bleuàtre; ses ongles noirs et pointus, dont le plus grand, qui est celui de derrière, a jusqu’à cinq pouces de longueur ; ses yeux son très-grands, mais paraissent enfoncés dans une cavité profonde ,
que la partie supérieure de l'orbite
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212 LES MERVEILLES couvre comme un toit avancé. La
nature , outre les deux paupières, l’a
doué, ainsi que plusieurs autres oi-
seaux , d’une lunique clignotante qui
a l'effet de deux autres paupières.
L'éris de l'œil est d’un beau jaune
clair, et brille d’un éclat très-vif:; son
bec et ses ongles crochus le rendent
formidable ; sa figure répond à son naturel; indépendamment de ses armes } il a un corps robuste et compact ; les jambes et les ailes très-fortes ; les os fermes, la chair dure, les plumes rudes, l’attitude fière et droite, les mouvemens brusques, le vol très-rapide. Ge grand aigle a beaucoup de rapports avec le caractère du lion :
comme Jui, il semble avoir acquis
DE LA CRÉATION. 215 empire sur les oiseaux, comme le lion l'a sur les quadrupèdes ; il a la magnanimité en partage , et dédaigne également les petits animaux dont il méprise les insultes ; ce n’est qu'après avoir été long-temps provoqué par les cris importuns et souvent réitérés de la pie et de la corneille, que l'aigle se détermine à en faire sa proie; d'ailleurs, il ne veut d’autre bien que celui dont il fait la conquête ; il ne mange jamais d’autre proie que celle qu’il prend lui-même; il donne l’exemple de la tempérance, et ne mange presque jamais sOn gibier en entier, et comme le lion, il laisse les débris
aux autres animaux. Quelque affamé
qu'il soit, ilne se jette jamais sur les.
214 LES MERVEILLES * cadavres ou les charognes , il lui faut
de la chair fraîche; il est encore soli-
taire comme le lion, habitant d’un
désert dontil défend l’entrée et l'usage
de la chasse à tous les autres oiseaux,
car il est peut-être plus rare de voir
deux paires d’aigles dans le même canton ou la même portion de montagne , que deux familles de lion dans la même partie de forêt. Ils se tiennent assez loin les uns des autres, pour que l’espace qu'ils se sont départi leur fournisse amplement leur subsistance. Ils ne comptent l'étendue et la valeur de leur royaume que par le produit de la chasse: l'aigle a aussi les yeux étincelans , et x peu près de
la même couleur que ceux du lion,
DE LA CRÉATION. 215 les ongles de la même forme , l’haleine toute aussi forte , le cri également effrayant; nés tous deux pour les combats et la proie, ils sont tous deux ennemis de toute société; également féroces , également fiers et difficiles à réduire, on ne peut les apprivoiser qu’en les prenant tout petits.
C’est de tous les oiseaux celui qui s’élève le plus haut, aussi les anciens l’ont-ils appelé l’oiseau céleste, et le regardaient dans les augures comme le messager de Jupiter. C'était un aigle qui servait d’enseigne aux légions romaines.
Pour suivre la même comparaison que nous avons faite entre les autres
animaux, nous allons dire quelques