‹ Les merveilles de la créationChapitre 48 sur 56 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

Re e Do 5 > 2 2

crampons de fer aux semelles, dans la crainte de glisser : ils enlèvent le lard de la baleine suspendue, et on le porte à l’instant dans lé navire, où on le fait fondre. Une baleine donne un plus grand nombre de barriques d’huile, à raison de sa grandeur et de son embonpoint. Lorsqu'on a tourné et reiourné l’animal pour en enlever la graisse, on retire les barbes ou fanons

qui sont cachés dans la gueule, L'huile

et les fanons sont les grands produits

que lon retire de la baleine. La pre-

mière sert à brûler dans les lampes, à

faire le savon du nord, à la préparation des laines de drapiers, aux corroyeurs pour adoucir les cuirs , aux peintres

pour délayer les couleurs, aux marins

PS. a

DE LA CRÉATION. 205 pour graisser le bras qui sert à enduire les vaisseaux , aux architectes et aux sculpteurs pour faire une espèce de mastic qui garantit la pierre des impressions de l'air et des injures du temps. Les fanons sont la matière avec laquelle on travaille une infinité de choses , telles que les parapluies, les busques, les corsets , et mille autres ouvrages, ‘

La chair de la baleine est trèsdiflicile à digérer; cependant elle sert d’aliment aux estomacs robustes des habitans des contrées qu’elle fréquente.

La baleine a un cruel ennemi dans un autre poisson appelé espadon , ou

poisson à sete , nom donné à cet ani-

rte AIX DES is REG ER SE Ed EE nd RE —

Lu —

La

206 LES MERVEILLES mal à cause de l’épée dentelée en scie qu'il porte en avant au bout antérieur de sa tête. Gette épée ressemble à un peigne double,

L’espadon , qui est une espèce de petite baleine, a neuf ou dix pieds de longueur; sa scie est longue d’une aune au moins, très-dure et très-forte.

Il poursuit la baleine partout où il la trouve ; c’est un spectacle curieux que de voir le combat qu’il lui livre, et qui se passe au sein de la mer. La baleine, qui n’a que sa queue pour défense, tâche d’en frapper son ennemi ; si elle l’attrape, elle l’écrase d’un seul COUP ; thai l'espadon , plus agile, évite ordinairement le coup mortel ; à l’ins-

tant il bondit en l'air, retombe sur

DE LA CRÉATION. 207 son ennemie, et tâche, non pas de la percer, mais de la scter avec les dents dont son épée est armée.

On voit en cet endroit la mer teinte du sang qui sort à gros bouillons des blessures de la baleine ; elle entre dans une telle fureur, que les coups qu'elle frappe sur l’eau, font un fracas épouvantable qui fait frémir les voyageurs.

Les mers du nord ne sont pas les seules où l’on trouve des baleines ; on en voit aussi dans la mer des Indes, au cap de Bonne Espérance ; et c’est ici le cas de remarquer avec étonnement

quelle est la force de l’homme sau-

vage privé de toutes les ressources que

l'industrie de l’homme civilisé a ima-

ginées et bornées aux seules forces de la nature.

Lorsque les sauvages d'Amérique apercoivent une baleine, ils se jettent à la nage, vont droit à elle, ont l'adresse de se jeter sur son cou, en évitant ses nageoires et sa queue. Lorsque la baleine a lancé son premier jet d'eau , le sauvage prévient le second, en mettant un tampon de bois dans un des naseaux de la baleine ; il lenfonce à coups de massue; l’animal plonge aussitôt, et entraîne le sauvage qui le tent fortement embrassé ; la baleine, qui a besoin de respirer, remonte sur l’eau, et donne le temps à son adversaire de lui enfoncer un second tampon

dans l’autre naseau ; ce qui l’oblige à

DE LA CRÉATION. 209 se replonger dans le fonil de la mer, { où elle s’étouffe, faute de pouvoir éva-

À cuer ses eaux et respirer.

| Pour vous faire connaître les deux

{ extrêmes des habitans des eaux, après

re

vous avoir parlé de la monstrueuse

ae

À baleine , je vais vous dire deux mots

de l’ablette, qui, je crois, est le plus

RE

{ petit des poissons, car il n’est pas plus

{ grand que le doigt et se trouve dans Q

Rs CT:

Page 1