TRES
218 LES MERVEILLES plus tôt qu’on ne le voit. Il se soutient long-temps en l’air en bourdonnant, et paraît y rester immobile. Il ne se nourrit que du suc des fleurs, rarement il s’y repose, il voltige autour comme le papillon, et suce le suc du nectar avec sa langue longue, fine et délice , qui ressemble à deux brins de soie rouge. On dit qu'après la saison des fleurs, cet oiseau reste engourdi, et dans une espèce de léthargie ; mais à Surinam et à la Jamaique, où il ÿ a des fleurs toute l’année , on ne cesse pas de voir ces oiseaux, et en trèsgrande quantité. Quand ils volent, ce sont comme autant d’arcs-en-ciel mouvans, nuancés des plus riches couleurs.
Ces oiseaux font de petits nids d’une
DE LA CRÉATION. 219 forme élégante, qu'ils garnissent de coton ou de soie très-douce , avec une propreté et une délicatesse merveilleuses. Le colibri aime de préférence le voisinage des citronniers; c’est sur leurs branches qu'il place son petit nid avec une adresse singulière. La seule façon de prendre ce petit animal, est de lui jeter un peu de sable pour l’étourdir , ou de lui présenter une baeuelte frottée de glu ou de gomme ; quand on veut le conserver après'sa mort, on lui enfonce dans le fondement un petit brin de bois, on le tourne pour attacher les ftestins, on pend loiseau par le bec, et on le fait sécher.
Un missionnaire ayant pris un nid
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