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226 LES MERVEILLES sont écroulés devant des découvertes plus modernes; et peut-être que celles sur lesquelles sont basées les opinions actuelles, s’écrouleront à leur tour sous le poids des connaissances que lon pourra acquérir. Mais il n’en est pas moins intéressant de poursuivre avec courage et constance la découverte de la vérité, puisque les sciences doivent en retirer nécessairement un avantage bien grand.
— Ah! dit Gustave , il me semble que , depuis que mon papa nous a expliqué toutes ces belles choses, j'aime encore mieux le bon Dieu. — C’est assez naturel, mon ami; car plus on connaît l’étendue du bienfait, plus on
doit aimer le bienfaiteur ; et à celte
RAP ET Res
SR ÉLUS @re RME
Je
occasion, je vais vous. raconter une
petite histoire qui vous prouvera que le sentiment que vous éprouvez est bien fondé en raison.
— Bon, voici une histoire, dit Victor en sautant de joie, j'en suis bien charmé ; car malgré que tout ce que nous a dit mon papa soit bien beau, je commencçais à me perdre dans les nuages, et une histoire me ramènera aux choses de la terre, aussi je suis tout atention.
Il y avait à Paris deux jeunes gens, nommés Thibautet Eugène, qui étaient amis depuis l'enfance; leurs parens étaient très-liés, et se voyaient si souvent, qu’ils ne faisaient pour ainsi dire
qu’une même famille. Ges parens, qui,
LES MERVEILLES sous beaucoup de rapports, soignaient
l'éducation de leurs enfans, la négligeaient sur un point bien essentiel : ils étaient absolument ignorans sur les devoirs de la religion et la reconnaissance qu'ils devaient à Dieu; de sorte qu'à douze ans (car ils étaient du même âge), à peine savaient-ils que ce grand univers était l'ouvrage d’un être parfait à qui tous les hommes doivent le tribut de leurs adorations. Ils avaient la même ighorance dans tout ce qui: touche aux merveilles de la création ; et ils n’aurajent pas su distinguer un:champ de blé d’un champ de houblon ; leurs idées même étaient si rétrécies à cet égard , que. Thibaut
répondit un jour à quelqu'un qui par-
DE LA GRÉATION. 229
lait d’agriculiure, que les gens qui sé-
: paraienl. le blé d’avec. le seigle et l'a-
| yoine, avaient bien de.la patience d'é-
plucher toutes ces graines grain à grain, car il n’avait pas la moindre idée de la manière dont le froment se sème et se récolte ; en revanche il savait assez bien danser la gavote.
Les deux amis furent ensemble à la campagne ; et comme ils étaient fort raisonnables, et. que-leurs parens leur accordaient beaucoup de liberté, dont ils n’abusaiént jamais, on leurpermitun jour de faire une promenade assez éloignée, qu’ils avaient paru désirer vivement. Entraînés par la sérénité du temps et la beauté des paysages qu'ils
parcouraient, ils furentsi loin qu'ils s’'é-
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garèrent, et que leur retour leur parut impossible ; car plus ils parcouraient de chemin et moins ils rencontraient le véritable; la faim commençait à les gagner , et ils étaient réellement inquiets, lorsqu'ils rencontrèrent un paysan à quiils demandèrent la route pour retourner chez eux; mais ils en étaient à plus de quatre lieues, et il n’y avait guère d'apparence qu'ils pussent faire autant de chemin, harassés comme ils l’étaient et mourant de faim. Le paysan leur conseilla donc de marcher pendant encore une denn-heure , parce qu'ils trouveraient alors un village dont le curé était très-hospitalier, et ils suivi- | rent cet avis.
Ils trouvèrent eflectivement un pas-