II
La
du côté du nord; elle a la forme d’une partie de cercle qui offre à la vue des variétés infinies : on en voit sortir d’abord des arcs lumineux, puis des jets et des rayons de lumière. Lorsque ce phénomène est :dans :sa plus grande magnificence, une espèce de couronne lumineuse’ se forme vers le sénich, Les aurores boréales ne:sont:5 dans nos contrées, que des spectacles quilatti= rent l'attention: dela philosophie et de la curiosité : mais pouriles peuples voisins des pôles elles sont un dédommagement de l’absence du soleil. Lors-
que cet astre les a quittées;'la terre est .
horrible dans ces climats; mais le ciel
présente alors un charmant spectacle.
Ün savant raconte qu'il a vu dans ces
pays des nuits qui auraient fait oublier l'éclat du plus beau jour; des feux de mille couleurs éclairent le ciel : ces lumières prennent différentes formes et ont différensmouvemens ; le plus ordinairement ellesressemblent à des drapeaux que l’on ferait voltiger dans air; etparlesnuances des couleurs dontelles sont teintes, on les prendrait pour des bandes de ces tafletas que nous appelons flambés ; quelquefois elles tapis:
sent certains endroits du ciel en écar-
late, couleur que l’on craint beaucoup
dans le pays, comme étant le signe de quelque grand malheur ; enfin, quand on voit ces phénomènes , On ne peut s'étonner que ceux qui les regardent
avec les yeux de la crédulité y voient
ne
Lo
des chars enflammés, des armées com- \
battantes , et mille autres prodiges qui
ont pu donner ‘aux poètes l’idée de 4
l’Olympe. L’aurore boréale ne paraît
que deux ou trois heures après le coucher du soleil ; elle se montre plas vo:
Jontiers du mois de décembre au mois de juillet, que dans les autres temps de l’année.
Eugène et Thibaut ne pouvaient se lasser d'admirer ce superbe météore; et le curé profita de leur surprise pour leur donner un aperçu des phénomènes célestes dont ils n’avaient pas la moindre notion ; et dans l’enthousiasme que lui causait cette magnificence, dont le vulgaire jouit sans l’admirer, il adressa
au Créateur une prière si fervente,
DE LA CRÉATION. 237 qu’elle dirigea la pensée des jeunes gens tout naturellement à offrir aussi leur hommage à l’ouvrier puissant qui avait créé tant de merveilles.
Penser à Dieu, c’est l'aimer; car la réflexion ne peut qu’exalter le sentiment de reconnaissance que nous lui devons ; aussi les jeunes gens se sentirent vivement émus ; et lorsque le curé, entrant avec complaisance dans les détails de tout ce qu'ils ignoraient,
ouvrit un univers nouveau à leur in-
F2 telligence , ils furent saisis d’admira-
tion; et tombant spontanément à genoux, ils rendirent avec ferveur à l’auteur de toutes choses Îles premières actions de grâces peut-être qu'ils lui eussent jamais adressées avec un senti-
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