‹ Les merveilles de la créationChapitre 56 sur 56 · GE THE « S · texte numérisé non relu

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LES MERVEILLES ment réfléchi. Il y a une telle concor-

dance entre les bienfaits du Créateuret les devoirs que sa morale nous impose, qu'il est impossible de ne pas éprouver un sentiment religieux et qui nous porte à l’adoration lorsque nous découvrons l’immensité des trésors dont la puissance divine nous a enrichis.

Aussi Eugène et Thibaut écoutaientils avidement des vérités qu’ils entendaient pourla première fois. Lorsqu'ils “rentrèrent pour prendre du repos , le curé leur proposa de s’unir à lai pour faire la prière du soir en commun :

car, ajouta t-il avec douceur, n'est-il pas juste de rendre grâces à notre père commun de ious les biens dont il nous

a comblés ? Les jeunes gens en Convin-

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DE LA CRÉATION. 239 rent, et prièrent avec une pieuse ferveur.

Le lendemain, le curé reprit la conversation de la veille, et sut lui donner un tel degré d'intérêt, que Thibaut le supplia de leur permettre de venir souvent le visiter; il y consentit avec sa bonté habituelle, et promit même d'aller dans quelques jours faire une visite aux parens des jeunes gens.

En s’en retournant , les deux amis s’entretinrent du charme que l’on trouve à apprendre ce que l’on ignore.

Leur curiosité était vivement excilée ,

etils brûülaient du désir de la satisfaire.

Malgré l'exprès que le curé avait en-

voyé, les deux famiiles étaient dans

aie LES MERVEILLES | la plus vive inquiétude ; elle fut bientôt dissipée, en voyant les petits voyageurs gais, bien portans, et enchantés de l’heureuse découverte qu’ils avaient faite. Ils montrèrent un si vif désir de s’instruire, que leurs parens :

ne purent se refuser à leur en procurer les moyens , eten moins de six mois, ils n’eurent plus à rougir d’une ignorance qui leur faisait faire souvent les bévues les plus ridicules ; mais un fruit non moins important qu'ils tirèrent d’une étude qui leur découvrait chaque jour de nouveaux bienfaits de la part du Créateur , fut la conviction intime que celui qui avait tout fait pour les hommes , avait bien le droit de tout exiger

LA

d'eux. Ils devinrent plus dociles à

DE LA CRÉATION. 241 leurs parens , plus soumis aux lois re-

ligieuses , et bientôt, en devenant plus

instruits , ils devinrent beaucoup plus pieux.

Le curé, qui avait lié une connaissance assez intime avec leurs familles, s’applaudissait chaque jour d’avoir semé d'aussi bons sentimens dans ces Jeunes cœurs où ils fructifiaient si bien ; par ses tendres soins et sa complaisance, Eugène et Thibaut purent bientôt compter parmi les enfans les plus appliqués et les plus édifians, et lorsque leurs parens s’étonnaient du goût sérieux qu'ils avaient pris pour l'étude , et des progrès qu'ils faisaient dans la piété, tandis que jusqu’alors ils y avaient été très-indifférens, Thi-

242 LES MERVEILLES baut répondait en riant à sa mère :

Depuis le jour où nous nous sommes égarés, nous avons élé assez heureux pour rencontrer le véritable chemin.

Eh bien ! moi, dit Gustave, je pense tout à fait comme Thibaut, et je me regarderais comme le plus ingrat des enfans, si je n’aimais pas Dieu de tout mon cœur.—Sans doute, ajouta Victor, car je n’aime jamais mieux mon papa que quand il à la bonté de me donner des gravures, où quelqu’autre chose qui me fait plaisir; et que sont des gravures ou des friandises, en comparaison de toutes les richesses que le bon Dieu nous a données? Nous devons donc l'aimer de

tout notre cœur, c’est entendu cela.

M. de Lormeuil , satisfait de voir avec quelle justesse ses enfans avaien® saisi tout ce qu’il leur avait dit, leur promit encore de leur apprendre dans quelque temps toutes les merveilles que l’industrie des hommes avait opérées, mettant ainsPà profit la portion d'intelligence dont ils étaient doués ; mais comme ils devaient adparavant se bien pénétrer de tout ce qu’il n'avait fait que leur faire eflleurer, lac” complissément de cette promesse fut

ajourné au temps où ils seraient plus

en état d’en comprendre les états e %

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