‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [2], Télégraphie aérienne, électrique et sous-marine, câble transatlantique, galvanoplastie, dorure et argenture électro-chimiques, aérostats, éthérisationChapitre 25 sur 136 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

DESCRIPTION DES APPAREILS EN USAGE DANS LA TÉLÉ- GRAPHIE ÉLECTRIQUE. — l' APPAREIL MORSE A POINTE SÈCHE t MANIPULATEUR, RÉCEPTEUR, RELAIS. — L* AP- PAREIL MORSE IMPRIMANT LES DÉPÊCHES A L'ENCRE : SYSTÈME DIGNÉY, SYSTÈME JOHN. — ALPHABET DU TÉLÉGRAPHE MORSE. — L* APPAREIL HUGHES ET SES merveilleux: RÉSULTATS. — LE TÉLÉGRAPHE a cadran POUR L'USAGE DES CHEMINS DE FER. — LE TÉLÉGRAPHE TYPOGRAPHIQUE DE M. BONELLI ET LE TÉLÉGRAPHE ÉLEC- TRO-CHIMIQUE DE M. BAIN. — LE PANTÉLÉGRAPHE OU TÉLÉGRAPHE DESSINATEUR DE L'ABBÉ CASELLI.

L'ordre historique que nous avons adopté, dans la première partie de cette notice, nous a forcé de ne signaler que très-brièvement les principaux appareils, qui servent à la cor respondance télégraphique. Le moment est venu d'aborder la partie descriptive et technique, c'est-à-dire d'exposer avec quelques détails le mécanisme de ces appareils.

Il existe une infinité d'instruments qui

réalisent, dans d'excellentes conditions, l'application de l'électricité au jeu des télégraphes. Ne pouvant songer à les décrire tous, nous nous attacherons seulement à ceux qui sont d'un usage pratique et journalier, à ceux qui ont été adoptés et qui fonctionnent aujourd'hui chez les différentes nations des deux mondes.

Les télégraphes électriques le plus généralement en usage, sont :

1° V appareil anglais à deux aiguilles aimantées de MM. Wheatstone et Cooke, qui fonctionne en Angleterre seulement ;

2° Le télégraphe Morse, employé aujourd'hui dans toute l'Europe, dans la plus grande partie de l'Amérique et de l'Asie ;

3° Le télégraphe Hughes, d'invention plus récente, mais qui, ayant réalisé un progrès immense et inattendu, en exécutant deux fois plus de signaux que le télégraphe Morse, commence à être employé partout, concurremment avec ce dernier appareil ;

4° Le télégraphe à cadran, qui, après avoir été employé dans les débuts de la télégraphie sur plusieurs lignes, en Angleterre et en Belgique, est limité aujourd'hui à l'usage de l'exploitation des chemins de fer, et qui fonctionne sur presque toutes nosvoies ferrées, pour la transmission des ordres du service ;

5° Le télégraphe électro-chimique de Bainy qui fut employé en Amérique au début de la télégraphie ;

6° Le télégraphe typographique dé M. Bonelli, qui a été adopté en Angleterre sur la ligne de Liverpool à Manchester ;

7° Le pantélégraphe de M. Caselli, qui reproduit les signes de l'écriture et du dessin, mais qui ne fonctionne qu'en France de Paris à Lyon, et bientôt de Lyon à Marseille .

Nous avons décrit avec des détails suffisants le premier de ces appareils, c'est-à-dire le télégraphe anglais à deux aiguilles aimantées. Nous n'y reviendrons pas, et nous passerons tout de suite à l'examen des autres instruments énumérés ci- dessus.

LE TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE

Télégraphe Morse. — Nous avons déjà exposé les principes sur lesquels repose le télégraphe électro-magnétique de Morse ; il suffira de deux figures pour faire comprendre les dispositions actuelles de cet appareil.

La figure 57 représente le récepteur de l'appareil Morse. Dans la cage PP, est un mouvement d'horlogerie, marchant au moyen d'un ressort que l'on tend au moyen d'une clef D, quand on veut faire dérouler la bande de papier tournant. Ce ressort étant tendu, et. le mouvement d'horlogerie étant mis en action par ce ressort à Fintérieur de la caisse, il fait dérouler et attire d'une manière régulière et continue la bande de papier C, disposée à l'intérieur de la roue de bois J. Cette bande de papier vient passer dans un premier guide g, ensuite dans le guide G, qui a la forme d'une bobine vide. Il passe, de là, sur le rouleau ou cylindre N. Ce cylindre N tourne sur son axe, par l'action du mouvement d'horlogerie contenu à l'intérieur delà caisse. C'est en ce point que le papier est frappé par les coups saccadés de la tige et qu'il reçoit les marques et les impressions, qui constituent les signaux de l'alphabet Morse.

Comme nous l'avons déjà expliqué, la tige II' vient piquer le papier tournant, parce qu'elle est attachée à l'extrémité de l'armature À de T électro-aimant E. Lorsque l'aimant E attire, de haut en bas, l'armature A, la tige //' attachée à cette armature, s'élève et son style vient frapper le papier tournant. Suivant la durée plus ou moins longue du contact du style et du papier, il se produit ainsi des points ou des traits, qui répondent à ceux de l'alphabet Morse.

Un ressort à boudin r ramène en bas la tige //' quand l'électricité cesse de circuler dans Félectro-aimant et d'attirer Farmature. Ce levier //' est porté sur deux pointes de vis v\ vi et sa course est limitée par les vis p\ p. La tension du ressort r se gradue au moyen du bouton B, et de la petite pièce /, à laquelle est attaché le ressort. Le levier H sert à ar-

rêter ou à mettre en action le mouvement d'horlogerie contenu dans la caisse P, et par conséquent, à mettre en marche ou à arrêter le déroulement de la bande de papier.

T. II

Fig. 57. — Récepteur de l'appareil Morse à pointe sèche.

La façon mécanique, dont les impressions se produisent sur le papier tournant, mérite une explication plus détaillée. Pour la bien saisir, il faut examiner les petites pièces qui sont groupées au point où se produit cette impression. L'extrémité / du levier porte un style, ou pointe traçante, en acier, que l'on peut faire avancer ou reculer au moyen d'un pas de vis et du bouton qui le termine. Quand ce style vient toucher le papier, il pénètre légèrement dans une rainure pratiquée dans le rouleau supérieur, qui est mobile autour de l'axe 0, et qui peut être légèrement pressé au moyen de la vis k, par le ressort m. C'est ainsi qu'il se produit, dans le papier, une impression en reliei. Cette saillie a la forme d'un point si l'armature n'est abaissée qu'un instant, et d'un trait plus ou moins long, si l'attraction dure plus longtemps.

Le récepteur de l'appareil Morse, que nous venons de décrire, est placé à la station qui reçoit la dépêche. A la station du départ est établi l'appareil qui sert à produire, à distance, les interruptions et les rétablissements

alternatifs du courant électrique. Cet appareil s'appelle manipulateur. On le voit représenté

dans la figure 58.

Fig. 58- — Manipulateur de l'appareil Morse a pointe sèche.

Le leYier //', est maintenu en contact avec la pièce métallique /), par un ressort d'acier R, placé au-dessous. Dans celte situation, le courant arrivant de la ligne A, traverse l'appareil entièrement composé de pièces métal-

liques, en suivant le chemin ADVB, puisque les pointes l,p, sont en contact, et établissent la continuité des conducteurs. Mais si l'on presse du doigt le bouton E, on fait basculer le levier EDV autour de son point d'appui D. Ce levier, abandonnant sa position primitive, vient s'appuyer sur la pièce pf à la droite de ce levier, en se séparant de la pièce p et interrompant par conséquent le passage du courant de B en V. Aussi longtemps que Ton tient ainsi élevé le levier //', aussi longtemps le courant est interrompu ou rétabli, et c'est ainsi que Ton établit à distance ces alternatives de maintien et de rupture du courant, qui vont produire, à la station de réception, les traits ou les points, dont la succession constitue l'alphabet Morse (1).

Nous donnons dans le tableau suivant l'explication des signaux de l'alphabet Morse,

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