‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [2], Télégraphie aérienne, électrique et sous-marine, câble transatlantique, galvanoplastie, dorure et argenture électro-chimiques, aérostats, éthérisationChapitre 51 sur 136 · E LA · texte numérisé non relu

E LA

SCIENCE

vires de s'apercevoir ou de se reconnaître, VAlàany, le Terrible elle Medway, reçurent l'ordre de s'échelonner sur la route de Terre- Neuve, en avant du Great-Eastern, pour assurer sa marche à travers la brume.

Le 26, à midi, on n'était qu'à 200 kilomètres de Terre-Neuve. La profondeur de Peau n'était plus alors que de 240 mètres. Le succès de l'opération était, dès ce moment, assuré; car, lors même que le câble se serait rompu dans ces parages, il aurait été facile de le repêcher.

Aussi recevait- on de Valentiades télégrammes de félicitation.

VAlbany trouva une frégate américaine placée à l'ancre, à l'entrée de la baie de la Trinité, et attendant le Great-Eastern, Il revint , accompagné d'un bateau à vapeur anglais, qu'il avait aussi rencontré.

Dans l'après-midi, on aperçut, à environ 20 kilomètres au sud, une énorme montagne de glace flottante, dont la rencontre fut évitée sans peine.

Le 27, à 6 heures du matin, on n'était plus qu'à 18 kilomètres de Terre-Neuve, qu'un brouillard épais cachait aux regards de l'équipage.

Vers 8 heures, ce brouillard se dissipa comme par enchantement : le Great-Eastern entrait dans le havre de Hearf s- Content (Contentement du cœur). Ce nom, d'heureux augure, désigne une petite anse de la baie de la Trinité qui avait été choisie pour recevoir l'atterrissement du câble océanien. Heart's-Content était, en ce moment, paré et décoré comme pour une fête internationale. Le pavillon de l'Angleterre et celui des Etats-Unis flottaient au haut du clocher de l'église et du toit de la station télégraphique, pour saluer l'entrée de l'expédition triomphante.

Ici l'opération du Great-Eastern était terminée. La longueur du câble qu'il avait déroulé au fond de la mer, était de près de six cents lieues de quatre kilomètres. On ie coupa, et le Medway se disposa à y souder

ie câble de côte, destiné à le terminer sur le rivage de Terre-Neuve.

Quand le Great-Eastern fut entré dans l'anse de Rearf s-Content, quand il eut jeté Jes

| ancres, un flot de visiteurs indigènes commença à envahir le géant des navires, qui avait si heureusement vidé ses flancs. Pendant ce temps, une foule innombrable stationnait sur le rivage, pour assister au débarquement du gros câble de côte, qui était encore à bord du Medway, et qui devait compléter le télégraphe transatlantique. Cette opération fut faite sans la moindre difficulté,

\ et la communication électrique entre l'ancien et le nouveau monde fut complètement établie.

Tels sont les épisodes, heureusement simples et peu nombreux, qui ont accompagné cette opération admirable, l'une des plus grandioses assurément qu'ait encore enregistrées l'histoire des sciences et de la civilisation.

Le soir du vendredi 27 juillet, le rivage de Heart's-Content présentait un spectacle admirable. La terre et la mer avaient un air de fête tout à fait insolite pour ces régions hyperboréennes. Retenu solidement par ses ancres gigantesques, le Great-Eastern se balançait tranquillement sur les eaux profondes de la baie de Heart1 's-Content , au milieu de son fidèle cortège de navires, comme un patriarche entouré de sa famille. Une armée de canots et de petits bâtiments de transport, l'entouraient, et portaient à son bord les habitants de la côte, curieux de l'examiner. Des groupes de visiteurs stationnaient sans cesse devant les machines et les appareils qui avaient servi à la pose du câble. Mais le rendez- vous principal était dans le grand salon des passagers, dont le luxe et le comfort excitaient l'admiration de cette population, peu habituée aux splendeurs de notre civilisation raffinée. Les dames de Hearfs-Content, profitaient de cette occasion extraordinaire pour étaler leurs toilettes dans

LE CABLE TRANSATLANTIQUE

un salon parqueté et décoré à la mode de Londres. Quelques-unes faisaient résonneries cordes du piano. — Quel est, hélas ! le coin du monde, le sauvage désert où n'ait pas pénétré le fléau du piano-forte?

Fig. 160. — Cr. varley, ingénieur électricien du câble , , atlantique.

Aujourd'hui, les dépêches électriques arrivent de New-York, avec une régularité qui ne laisse rien à désirer. On parvient à transmettre six mots par minute. L'isolement atteint déjà le chiffre de 2,300 millions d'unités Siemens, et les ingénieurs anglais ne doutent pas de la permanence de cet état de conductibilité si satisfaisant. Les signaux télégraphiques qui composent les dépêches, consistent simplement, comme nous l'avons dit, en des déviations de l'aiguille aimantée, dont les excursions à droite et à gauche ne dépassent pas 6 millimètres. Les déviations à gauche représentent les traits, les déviations à droite, les points de l'alphabet de Morse.

Ces déviations de l'aiguille aimantée sont amplifiées et projetées, par un petit miroir

métallique, sur un tableau placé dans l'obscurité. Cet appareil porte le nom Galvanomètre à réflexion de Thomson ; nous l'avons décrit plus haut (1).

Nous avons dit également que pour détruire le courant d'induction de l'armature qui résulte du passage du courant principal dans le fil central du câble, on change, à chaque instant, la nature de l'électricité envoyée dans le conducteur, ce qui a pour effet de neutraliser et de détruire l'électricité rémanente dans l'armature ; l'électricité positive envoyée par l'appareil, détruit l'électricité négative qui reste dans l'armature. Il nous reste à ajouter que M. Varley a fait adopter un autre système. Il consiste à faire arriver l'électricité qui parcourt le câble, dans un condensateur de grande dimension, sorte de bouteille de Leyde placée aux deux stations extrêmes d'Irlande et de Terre-Neuve. Toutes les fois que l'on change la nature de l'électricité, le fluide accumulé dans ce condensateur, reflue dans le câble quand le courant est interrompu et va détruire dans l'armature l'électricité rémanente. La manipulation spéciale dont M. Varley fait usage pour cette opération, n'est pas, du reste, bien connue.

Il restait à accomplir la seconde partie de la tâche confiée à cette glorieuse expédition. Le câble de J865 reposait toujours au fond de l'Océan, inactif, et muet, comme les poissons qui lui tenaient compagnie. Il fallait l'arracher à cette inutile existence, de loisirs; il fallait l'atteler au joug .. avec son frère puîné. Comme un bonheur ne vient jamais seul, cette dernière entreprise réussit au delà de toute attente ; si bien 'qu'au lieu d'un câble atlantique il en existe deux aujourd'hui, et que l'expédition de 1865, par le fait, n'a pas été perdue. C'est ce dernier épisode qu'il nous reste à raconter.

Le Terrible et YAlbany partirent le 4" août 1866, pour procéder à la recherche et à la pêche du câble de 1865. Le lendemain, le

(l)Page 253,

Great-Eastern partit à son tour, accompagné par le Medway.

Au départ, le temps était assez gros et le roulis considérable. Mais le roulis du Great- Eastern ne ressemble pas à celui d'un navire ordinaire ; c'est un long balancement, d'une lenteur mesurée, qui ne provoque pas cet effet désastreux qu'éprouvent les estomacs délicats, lorsque les vagues et les vents font danser à leur gré un de nos paquebots de dimensions moyennes.

Le 12 août, on se rencontra avec YAlbany, et l'on apprit que le lieutenant Temple, ayant jeté les grappins, avait déjà réussi à accrocher le câble perdu.

Le Great-Eastern jeta ses premiers grappins, le 13, par un temps très-favorable. Voici comment s'opère ce travail.

On commence par j eter les grappins à une certaine distance au nord de la position présumée du câble ; on laisse filer la corde qui porte les grappins, jusqu'à ce qu'on touche le fond; puis on se laisse aller à la dérive vers le sud, et on attend que les ancres qui labourent le fond, s'accrochent à l'objet cherché.

La tension subite de la ligne avertit du succès de cette pêche profonde, et l'on peut alors commencer à hisser le câble à bord du navire.

Les machines destinées au relèvement du câble, fonctionnèrent, cette fois, avec un plein succès. Le 17 août, le câble de 1865 fut soulevé par le Great-Eastern. Il fit son apparition à la surface de l'Océan, à 10 heures un quart du matin, aux acclamations frénétiques de l'équipage.

Mais ces démonstrations d'enthousiasme cessèrent tout à coup, quand on vit les grappins lâcher leur proie, qui retomba lourdement dans son lit profond de vase et de sable.

Le désappointement fut proportionné à l'enthousiasme qui l'avait précédé, et l'on vit une fois de plus, qu'il y a loin de la coupe aux lèvres.

Le câble, qui s'était montré un moment,

était à moitié couvert de vase. On laissa filer de nouveau la corde du grappin, pour recommencer les recherches. UAlbany et le Medway devaient y coopérer. Il fut alors décidé que le câble, une fois saisi, ne serait élevé qu'à line faible hauteur au-dessus du fond.; qu'on fixerait en ce point, une bouée pour en marquer la place, et que l'on procéderait plus tard au relèvement.

Le dimanche, 19 août, la sonde du Great- Eastem surprit pour la seconde fois le fugitif dans les profondeurs où il s'était retiré, et l'on s'empressa de marquer sa place par une bouée. Le temps n'était probablement pas favorable à l'opération du relèvement, car le grappin ne fut jeté de nouveau que le 23.

\JAlbany et le Medway se trompèrent deux ou trois fois sur la nature des obstacles ' qu'ils rencontraient dans leurs sondages ; ils croyaient avoir harp onné lecâble, mais quand on voulait hisser les ancres, elles lâchaient prise, et on reconnaissait qu'on avait été le jouet d'une illusion.

Le 25, la provision de cordes d'acier avait déjà diminué assez notablement, par suite de ces opérations. Le Great-Eastern et YAlbany avaient été forcés de sacrifier chacun, près de quatre kilomètres de ces précieux cordages.

Le lendemain, on passa sur le câble sans pouvoir raccrocher. C'était la dixième fois déjà que le grelin l'avait traîné sur le fond de FOcéan.

On comprendra mieux les difficultés du relèvement, si l'on songe qu'il fallait deux heures pour descendre le grappin au fond de l'eau ; qu'il ne suffisait pas de trouver le câble, mais qu'il fallait attendre une mer assez calme pour procéder au halage. Pendant ce temps, le navire devait arrêter sa marche et rester en panne aussi exactement que possible, sous peine de briser les appareils.

Le même jour, 26 août, on apprit, par un canot du Medway ', que ce navire ayait cassé le câble et perdu la bouée qui en marquait la

LE CABLE TRANSATLANTIQUE

place. Mauvaise nouvelle ! Heureusement le lendemain matin, YAlbany annonça qu'il avait réussi à rattraper le câble et à y attacher une nouvelle bouée. UAlbany avait à son bord les appareils de relèvement dont le Great-Eastern avait fait usage l'année précédente. En s'aidantde la bouée, on parvint, dans la soirée, à hisser le câble. Mais le dynamomètre montra bientôt qu'on n'avait repêché qu'un petit morceau détaché de la ligne principale.

Le 30, le Terrible partit pour Saint-Jean de Terre-Neuve , afin d'en rapporter des provisions. Le Great-Eastern recommença les sondages plus loin vers Test, dans une profondeur de 3,475 mètres.

Le lendemain 31 , la tension du dynamomètre annonça qu'on était encore une fois tombé sur le câble. Le Medway l'avait aussi rencontré, mais son grappin s'était cassé. Le Great-Eastern s'assura de la réalité de son succès, en s' avançant d'abord un peu à rencontre du câble, ce qui diminuait la tension de la ligne de sonde, et en se laissant ensuite aller lentement à la dérive ; on constata que la tension redevenait alors égale à neuf tonnes et demie, ce qui prouvait qu'on était bien amarré au câble. Les machines travaillèrent toute la nuit.

A 4 heures 50 minutes du matin, le 1er septembre, par une mer calme et unie comme un miroir, le câble n'était plus qu'à 1,463 mètres de la surface, et la tension indiquée par le dynamomètre, ne dépassait pas sept tonneaux et demi. A 5 heures 20 minutes, on arrêta le travail de relèvement, et on attacha le câble à une bouée.

Bientôt après, YAlbany arriva en vue. Le capitaine de ce vaisseau monta à bord du Great-Eastern. Il raconta qu'il s'était trouvé au rendez-vous eonvenu, mais qu'il y avait été seul. La cause de ce singulier colin-maillard était que Je Great-Eastern avait été entraîné par un courant, au sud du point choisi pour le rendez-vous.

Vers 10 heures, le temps étant toujours magnifique, les deux navires s'avancèrent de 4 à 5 kilomètres chijcôté de Test, et le gre lin fut jeté de nouveau, c'est-à-dire pour la quinzième fois !

Le lendemain, dimanche 2 septembre, le câble fut encore une fois accroché et placé sous une bouée, et l'on se disposa à le retirer de l'eau.

Au moment où le grelin avait été jeté, la mer s'était montrée belle et unie comme un étang, sauf une longue lame qui existe toujours à la surface de l'Atlantique. Toutes les circonstances étaient aussi favorables que possible. Le ciel et la mer semblaient s'entendre pour laisser s'accomplir sans la troubler, cette grande opération. Tout le monde se disait que si Ton ne réussissait pas cette fois, il y aurait bien peu d'espoir de réussir un autre jour, car un pareil concours de circonstances favorables est très-rare dans ces parages. Le Great-Eastern se laissait aller à la dérive, en suivant la direction du câble, marquée par les bouées; le courant l'entraînait en ligne droite, comme si sa course avait été tracée sur l'eau à l'aide d'une règle,

A partir de 3 heures trois quarts de l'après-midi, on commença à haler le câble à bord du Great-Eastern. La tension mesurée au dynamomètre, variait de 9 à 11 tonnes.

Dans la soirée, un signal donné par le Medway, annonça que ce navire avait aussi retrouvé le câble, et l'avait déjà amené à environ 900 mètres de la surface. On lui répondit, du Great-Eastern, d'avoir à continuer le relèvement avec toute la rapidité possible, et sans crainte de briser le câble. En effet, une rupture aurait eu l'avantage de diminuer la tension sur les appareils du Great- Eastern, et de faciliter ainsi sa tâche. Du côté de l'est, le même effet était obtenu par la bouée qui retenait, depuis la veille, une partie du câble à 1,400 mètres au-dessous de la surface de l'eau.

L'opération du relèvement se poursuivit avec une précision admirable. Vers minuit , l'avant-proue du Great-Eastern était remplie de monde. On n'y voyait pas seulement le personnel ordinaire de la veillée, mais tous ceux que leur devoir ne retenait pas dans une autre partie du navire. Tous voulaient être témoins du résultat de ce dernier essai. Les canots de VAlbany et du Medway, se trouvaient tout près, c'est-à-dire sous les flancs, de l'immense navire, pour recueillir les matelots qui, suspendus aux cordes qu'on avait descendues le long du Great-Eastern, pourraient tomber à la mer en accomplissant leur périlleuse besogne. Les hommes qui occupaient ces canots devaient aussi surveiller l'immersion des cordages d'acier auxquels était attaché le grappin»

Sir W. Thomson, ingénieur électricien du câble atlantique.

A une heure du matin, le grappin parut à la surface de l'eau, avec le câble de 1865. (1 régnait en ce moment, à bord du Great- Eastern, un silence absolu. Seule, la voix du capitaine Anderson retentissait de temps à

autre. Ce calme, cette tension des esprits, contrastaient avec les cris d'enthousiasme et /es bruyantes démonstrations de joie qui avaient accueilli, le dimanche précédent, la première apparition du câble à la surface de l'eau.

Les ouvriers qui devaient s'emparer du câble, à mesure qu'il sortait de l'eau, furent alors descendus au moyen de cordes attachées autour de leur corps (fig. \ 62), et ils se mirent à fixer sur le câble d'énormes étoupes. On l'attacha ensuite à des cordes de chanvre de cinq pouces, dont l'une était destinée à protéger la gauche , l'autre la droite du pli que formait le câble. On constata alors qu'il était si bien saisi entre les pattes du grappin, qu'il fallut descendre l'un des ouvriers jusqu'à cet instrument à griffes, pour dégager le câble de son étreinte, à coups de marteau. Au bout d'un quart d'heure de travail, il était enfin libre et en état d'être hissé.

A un signal donné, les ouvriers hissèrent le bienheureux revenant jusqu'à bord du Great- Eastern. On l'enroulait sur les immenses poulies qui l'attendaient ; de là, il arrivait aux appareils installés sur le pont.

A ce moment encore, l'équipage, habitué à tant de déceptions, restait silencieux et attentif, n'osant se livrer à une joie expansive ; mais tout le monde voulait toucher le câble et s'assurer de ses propres mains, à la manière de saint Thomas, du succès définitif de cette difficile entreprise.

Les chefs de l'expédition s'étaient assemblés dans le cabinet télégraphique, MM. Daniel Gooch, Cyrus Field, le capitaine Hamilton, Canning, Clifford, Deane, Thomson, et d'autres personnages considérables, attendaient avec une anxiété facile à comprendre, Tarn-, vée de l'extrémité du câble, pour s'assurer de son état de conservation comme conducteur électrique. Enfin on vit paraître à la porte du cabinet, et tenant le bout de câble à la main, M. Willoughby Smith, l'électricien en chef. La jonction fut opérée avec l'appareil des

Fig. 162. — Le Greai-Eastern reîei

signaux télégraphiques, et M. Smith s'assit en face de cet appareil, au milieu d'un -religieux silence. Personne n'osait respirer ; on lisait, sur les traits de l'expérimentateur, l'émotion qu'il éprouvait en commençant l'épreuve consistant à reconnaître si, après un an de submersion, le câble conservait encore la propriété de conduire l'électricité d'une manière satisfaisante.

Au bout de dix minutes d'attente, M. Smith déchargea toutes les poitrines du poids qui pesait sur elles, en déclarant, qu'autant qu'il

T. II

t le câble atlantique perdu en 1865.

pouvait en juger, l'isolement était parfait.

Une minute après, il jeta son chapeau en l'air, et poussa un hourrah^ qui fut répété par toute l'assemblée. Les cris d'enthousiasme, longtemps contenus, éclatèrent alors d'un bout à l'autre de l'immense navire.

Deux fusées, lancées parle Great-Eastem^ annoncèrent aux autres bâtiments le succès définitif de l'opération, et des acclamations joyeuses répondirent aussitôt à cette bonne nouvelle.

M. Canning s'empressa d'adresser à mon-

sieur Glass, directeur de la Compagnie du télégraphe transatlantique, un message auquel on ne tarda pas à répondre de Valentia.

En quelques heures, la soudure était faite avec le câble complémentaire qui se trouvait à bord du Great-Eastern, et on put commencer à le dévider, en reprenant la route suivie en 1865.

Le 8 septembre, le Great-Eastern était parvenu à Terre-Neuve, après avoir déroulé la totalité du vieux câble. Le lendemain, leMedway posait le câble côtier qui complétait la seconde ligne télégraphique à travers l'Océan.

Ainsi l'existence du second câble transatlantique est un fait accompli. Ce second conducteur est aujourd'hui employé, comme son aîné, à expédier des dépêches ; si bien qu'en ce moment, deux câbles télégraphiques, au lieu d'un, servent de lien entre les deux mondes et que deux fils télégraphiques sont déposés au fond de l'Océan, à des profondeurs de 3,000 à 4,000 mètres, à l'abri des tempêtes qui agitent sa surface. En quelques 'minutes des dépêches sont échangées entre l'Amérique et l'Europe, et il ne faut pas plus de temps pour recevoir des nouvelles de New-York, qu'iln'enfautpour correspondre de Paris à Marseille parle télégraphe électrique.

Dieu est grand, et la science est belle !

Page 1