‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [3], Photographie, stéréoscope, poudres de guerre, artillerie ancienne et moderne, armes à feu portatives, bâtiments cuirassés, drainage, piscicultureFiguier Merveilles Science BNF 03Chapitre 26 sur 163 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

AGRANDISSEMENT DES ÉPREUVES POSITIVES. — . ÀPPAHEIt DE WOODWARD. — APPAREIL DE M* VAN MONCKBOVEN.

Un des principaux objets que doit se proposer la photographie, pour répondre à des conditions assez diverses, c'est l'agrandissement des petites images qu'elle fournit.

Cette branche de la photographie ne s'est développée que longtemps après les autres. Il semble pourtant, au premier abord, qu'étant donné un cliché, il n'était rien de plus facile que de l'amplifier à l'aide du me'gascope. Cette idée est juste en théorie; mais la pratique a révélé des obstacles qu'il a'était pas facile de prévoir,

La méthode générale de l'amplification des épreuves photographiques, consiste à faire passer une vive lumière à travers un cliché négatif, à agrandir cette image, en lui faisant traverser la lentille d'un mégascope, c'està-dire d'une lanterne magique, et à fixer sur le papier sensible cette image amplifiée. Cette opération exige des appareils optiques particuliers, destinés à l'agrandissement du négatif. Nous commencerons par faire connaître ces appareils spéciaux.

Pour éclairer le cliché de verre destiné à subir l'amplification, on reçoit sur un miroir plan, la lumière du soleil ou de la lampe électrique, et, par une puissante lentille con-

yergente, on concentre cette lumière sur le cliché, en ayant soin que le faisceau de rayons lumineux qui le traverse, soit divergent,, c'està-dire aille en s'élargissant à mesure qu'il s'éloigne de ce cliché. Si l'on interpose sur le trajet de ces rayons, une feuille de papier sensibilisée, il s'y formera une image agrandie et positive du cliché.

La figure 7S montre théoriquement le mécanisme physique de cet agrandissement.

Fig. 75. — Théorie de l'appareil d'agrandissement.

Supposons un miroir plan AB, recevant les rayons solaires, et les réfléchissant de manière à les rendre parallèles après cette réflexion. Les rayons r , r, tombant sur le miroir plan AB , prendront la direction rectiligne et parallèle rV. Plaçons sur le trajetde ces rayons une puissante lentille convergente CI ; les rayons solaires, qui traversent cette lentille, se réuniront, par l'effet de la réfraction, en un point unique, ou foyer,. E, et éclaireront très-vivement ce point. Si un peu en avant de ce foyer E, on place un cliché négatif de verre, DU , ce cliché sera très- vivement éclairé , puisque presque tous les rayons solaires qui sont réfléchis par le miroir, viendront traverser e verre. Maintenant, plaçons au delà de cette glace DH, une lentille convergente achromatique E ; cette lentille formera une image redressée de cet objet, par des rayons qui iraient en divergeant jusqu'à l'infini. Mais si, à une distance convenable, on interpose sur le passage de ces rayons, un écran >■

FG, l'image se formera sur cet écran, et elle sera plus ou moins grande, selon que l'on écartera davantage l'écran FG, de la lentille convergente E.

Tel est le mécanisme physique du mêgascope, celui de la lanterne magique et de la fantasmagorie, appareils qui servent à amplifier les images d'un objet, préalablement très-éclairé par une source lumineuse. Sur le même principe est basé l'appareil quia reçu d'un photographe américain, M. Woodward, le nom de chambre solaire^ et qu'il a appliqué à l'agrandissement des épreuves photographiques.

Après cette idée générale sur l'ensemble de l'appareil pour l'agrandissement des épreuves photographiques, arrivons aux détails de chacune de ses parties, c est-à-dirè au miroir plan, ensuite kl&chambre solaire proprement dite.

La figure 76 représente le miroir plan,

Fig. 76- — Miroir plan, ou porté-luraière.

ou porte-lumière, employé pour projeter un faisceau de lumière sur la lentille du mégascope. C'est une surface plane, en cuivre air-

LA PHOTOGRAPHIE

genté, portée sur un cad^e de bois et fixée h une demi-roue dentée, K. La tige G, qui aboutit à l'intérieur du cabinet noir, dans lequel est placé l'opérateur, commande une seconde tige aa, à l'aide d'une roue d'angle H. Cette tige a porte à sa partie supérieure une vis sans fin qui met en action la petite roue dentée I, et celle-ci fait tourner la grande roue K, pour mouvoir le miroir de bas en haut. L'opérateur placé dans le cabinet noir, n'a donc qu'à tourner la poignée qui termine la tige G pour imposer au miroir un mouvement vertical.

Quant au mouvement horizontal, il est produit par la tige AG, à l'extrémité de laquelle se trouve une vis sans fin, qui fait tourner la roue dentée B. Celle-ci porte les deux tiges E, E, qui à leur tour portent les axes des roues 1 et K. Cette roue B est percée à son centre, pourdonner passage à la tige a, et tourne à frottement doux dans la pièce de fer circulaire CC, qui porte tout L'appareil sur trois pattes D, D.

En mettant en mouvement les deux tiges A et G, qui sont parallèles, l'opérateur, de l'intérieur de son cabinet noir, peut donc imprimer au miroir toutes les positions possibles.

ri„. 77. - Chambre solaire de Wood^ard, ou appareil pour l'agrandissement des épreuves photogénique

V appareil de Woodward est représenté j par la figure 77. Dans le côté exposé au midi, ( dune chambre entièrement fermée et privée de toute autre lumière, on fait une entaillé carrée . On place dans cette ouverture un châssis de bois, contenant une puissante lentille convergente 0, destinée à concentrer à son foyer les rayons du faisceau de lumière horizontale, réfléchie par le miroir plan, ou pwte-lumière, établi au dehors. La hauteur de cette ouverture au-dessus du parquet, doit être, selon M; Monckhoven, de lm,25.

A 3 ou 4 mètres de la lentille convergente

0, on place un large écran de bois , A, recouvert d'une feuille de papier blanc, placée parallèlement à l'ouverture 0. On prend ensuite un pied à support mobile ,

1, sur lequel on place une chambre noire ordinaire, CD. Seulement, on remplace le verre dépoli qui, dans les opérations photographiques, sert à mettre au point l'image de cette chambre noire, parle cliché de verre négatif qu'il s'agit d'amplifier. La lumière solaire, arrivant parle miroir plan, traverse

la lentille 0, ensuite le cliché placé en D, qu'elle éclaire avec puissance. L'objectif B de la chambre obscure, qui se trouve sur le passage des rayonslumineux venantdetraver-

serleclichéD,formeuneimageamplijfiéedece cliché,, qui vient se peindre sur l'écran A.

Si l'on reçoit sur une plaque de verre collodionnée, l'image qui vient se peindre sur l'écran A, on obtiendra un cliché négatif sur verre, qu'il n'y aura plus qu'à fixer par les moyens ordinaires et qui servira ensuite à tirer des épreuves positives sur papier.

L'appareil que nous venons de décrira est connu sous le nom $ Appareil de Woodward, du nom de l'inventeur américain à qui l'on

doit cette application à la photographie, du mécanisme physique du mégascope ou de la lanterne magique. Mais Y appareil de Woodward présente, selon M. Monckhoven, quelques inconvénients. La forme des lentilles dont on se sert, influe sur la netteté de l'image. Cette dernière est, en effet, trouble sur les bords, par suite du phénomène d'optique connu sou» le nom ày aberration de sphéricité. De plus,

Fig. 78. - Appareil d'agrandissement des épreuves photographiques de M. Monckhoven.

la lumière s'étalant sur une grande surface, il passe une certaine quantité de lumière diffuse qui ternit les blancs de l'image, en y décomposant légèrement le sel d'argent. Enfin, la lumière étant inégalement répartie sur le cliché, ce dernier est inégalement chauffé dans ses différentes parties ; il en résulte le fendillement de la couche de collodion, et quelquefois la rupture du cliché de verre (1).

M. Monckhoven a légèrement modifié cet appareil en y adaptant une seconde lentille destinée à corriger l'aberration de sphéricité. La figure 78 montre la disposition adoptée par M. Monckhoven, ainsi que le mode de suspension du cliché, qui permet d'éviter un échauffement inégal de ce cliché par les rayons solaires et le danger de sa rupture.

{!) Monckhoven, Traité général de photographie^* édition, p. 35C.

Un miroir plan semblable à celui qui est représenté par la figure 76 (page 120) est fixé dans le volet d'une chambre tenue dans l'obscurité. Une manivelle et sa tige font mouvoir ce miroir de manière à lui donner la position convenable pour que le faisceau lumineux se réfléchisse horizontalement à Pintérieui de l'appareil. La lentille destinée à concentrer les rayons solaires est placée dans l'ouverture pratiquée au volet de la fenêtre.

La lentille AA (fig. 78) est donc le condensateur de lumifre. A cette première lentille M. Monckhoven en ajoute une seconde, BB> très-mince et de la forme d'un verre de montre, qui a pour but de remédier complètement à l'aberration de sphéricité de la première lentille. Le cliché est placé dans le châssis EF; l'objectif destiné à produire l'amplification du cliché se trouve dans le

LA PHOTOGRAPHIE

tube G, porté par le châssis DH. L'image am- [ La figure 78 montre à découvert les

plifiée vient se peindre sur un écran placé à éléments de l'appareil d'agrandissement de

quelques mètres au delà de l'objectif ampli- M. Monckhoven ; la figure 79 fait voircemême

fieateurG. | appareil en action. Le condensateur de lu-

Fig. 79. — Effet de l'appareil de M. Monckhoven pour l'agrandissement des épreuves photographiques.

mière , ou lentille éclairante, est enchâssé dans l'ouverture B, pratiquée au volet de la fenêtre A. La chambre solaire , C , est portée sur un pied DE. L'image agrandie se forme sur l'écran LM, La distance entre

la chambre solaire et récran doit être de 3 mètres pour des feuilles de lm32Û de haut, et de 2 mètres pour des feuilles de 0m,90.

Nous mentionnerons, pour terminer, le

Fig. 80. *— Appareil de M. Bertsch pour l'agrandissement des épreuves photographiques.

mégascope héliographique de M. Bertsch, qui est fondé sur les mêmes principes que les précédents appareils, et dont le lecteur s'expliquera facilement la construction et l'emploi, à l'aide de la figure 80.

AB est le miroir destiné à réfléchir les rayons solaires, S. Il reçoit les deux mouve-

ments, horizontal et vertical, à l'aide de deux boutons, D et D', qui agissent alternativement sur une vis et une roue C, de manière à amener les rayons du soleil dans l'axe de l'instrument. Ce porte-lumière est fixé dans le volet d'une chambre bien obscure. Le cliché, qui ne peut avoir plus de 8 centimètres de cotes

est fixé dans un petit cadre E, introduit, par Porifice M, dans le tube de l'instrument, et placé ainsi entre les deux lentilles. Ces deux lentilles achromatisées, H et I , qui peuvent, à l'aide de vis, se rapprocher ou s'éloigner du cliché , forment l'image sur un écran convenablement distant. Un diaphragme K, qui termine l'instrument, écarte la lumière diffuse. , .

Dans tous les appareils d'amplification des photographies à l'aide de la lumière solaire, le miroir réflecteur doit être mû à la main, à cause de la variation continuelle de direction des rayons lumineux, produite par la marche, de la terre. On y substituera donc, avec grànd avantage, un héliostat, c'est-à-dire un miroir mobile grâce à un mouvement d'horlogerie, et qui, suivant le soleil au fur et à mesure de son déplacement dans le ciel, envoie toujours ses rayons parallèles dans la même direction. Seulement, nous n'avons pas besoin de le dire, cet appareil de physique n'est pas à la portée de tous les acheteurs, en raison de son grand prix.

Il nous reste à parler de la préparation du cliché. Cette opération est assez délicate ; elle doit être faite habilement et promptement. On choisit d'abord un verre trèsmince et olïrant une surface parfaitement unie et polie ; le peu d'épaisseur est indispensable à la réussite de l'opération, parce qu'elle permet à la plaque de se dilater également dans tous les sens. On emploie le colio- ! dion humide, parce que c'est le seul corps qui donne une couche suffisamment transparente : c'est là, en effet, le point capital. Le collodion employé pour préparer ces clichés, n'a pas la même composition que celui qui sert aux opérations ordinaires de la photographie ; ii ne contient que de l'iodure de cadmium. Ce collodion est un peu épais, mais il a l'avantage de se conserver très-longtemps. Le bain d'argent est le bain ordinaire ; il faut seulement éviter au sein de ce liquide, la présence de toute matière solide3 organi- j que ou minérale. !

Le cliché, devant être parfaitement transparent, nedoit pas être vigoureux, ni fortement accusé ; il faut, au contraire, qu'il soit trèsfaible, quoique parfait dans les détails. On évitera donc, pour la formation du bain révélateur, l'emploi des acides citrique, tartrique ou acétique, en un mot de toutes les substances destinées à augmenter l'intensité du cliché.

- Le bain révélateur est la dissolution ordi- Mite de sulfate de fer dans l'eau alcoolisée. Lorsqu'on Tê^verse sur le cliché, il faut avoir soin de recouvrir ce dernier complètement et instantanément.

Ofi reconnaît que le cliché est propre à l'amplification lorsqu'il ne laisse presque pas apercevoir au jour les détails ; on doit pouvoir lire à travers les noirs. S'il remplit ces conditions, on peut l'employer, mais sans le recouvrir d'une couche de vernis, qui pourrait, sous l'influence de la chaleur des rayons solaires, altérer l'image.

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