‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [3], Photographie, stéréoscope, poudres de guerre, artillerie ancienne et moderne, armes à feu portatives, bâtiments cuirassés, drainage, piscicultureFiguier Merveilles Science BNF 03Chapitre 70 sur 163 · I.GUfGUÊT · texte numérisé non relu

I.GUfGUÊT

lit !!

Fig. 265 à 268. — Les calibres de l'artillerie française au xvne siècle, (p. 383).

mis en pratique sur une plus grande échelle, on s'aperçut qu'ils détérioraient les embrasures par leur défaut de longueur, que leur manque de poids causait la dislocation des affûts par le recul, et qu'enfin la forme de la chambre empêchait l'écouvillon mouillé d'aller toucher et éteindre les débris enflammés qui pouvaient y demeurer après la décharge, et cet inconvénient était cause de nombreux accidents, alors qu'on introduisait la nouvelle charge de poudre.

On ne voulut pas cependant se rendre à l'évidence, et renoncer aux canons à chambre élargie. Les chefs de l'artillerie française se bornèrent à changer la forme sphérique de

la chambre en une forme intermédiaire, celle de poire, représentée parla figure 269. Mais

Fig. 269. — Coupe d'une chambre ovale.

les défauts reconnus aux pièces à âme sphérique persistèrent, quoique moins graves.

L'ARTILLERIE

Fig. 270* — Canon avec avant-train, de l'artillerie française du xvn* siècle.

Gomme on s'apercevait enfin que ces défauts diminuaient à mesure qu'on se rapprochait de la forme cylindrique, on finit par revenir sans réserve à l'ancien système.

Les calibres réglementaires devaient présenter à la culasse une épaisseur de métal égale au diamètre du boulet ; mais les fondeurs furent laissés libres de couler des pièces de plus grande ou de moindre épaisseur : les premières furent nommées canons renforcés, les secondes canons diminues.

Les canons renforcés, plus lourds que les calibres réglementaires, agissaient moins sur l'affût au moment du recul, et trouvaient surtout leur utilité comme pièces de campagne, parce que les affûts de ces pièces doivent être légers pour se prêter aux transports et aux manœuvres, et qu'ils offrent moins de résistance que les affûts de place, de côte ou de siège.

Les canons diminués, au contraire, ne se trouvaient guère que parmi les gros calibres, et allaient avec ces derniers affûts.

Parmi les bouches à feu ayant un diamètre de culasse moindre de trois diamètres de boulets, il y avait aussi des pièces dont l'âme, au lieu de demeurer cylindrique, allait se rétrécissant jusqu'à la lumière, en figure de cône. On leur donna le nom de canons campanéS) ou encampanés, c'est-à-dire en forme de cloche*

Les bouches à feu campanées avaient pu

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être utiles à l'époque de la confusion des calibres, parce qu'elles pouvaient utiliser des boulets de diverses grosseurs; les pierriers et les mortiers campanés rendaient encore des services quand il s'agissait de lancer des projectiles de volume variable, par exemple des chaînes rompues, des clous et d'autres morceaux de fer enfermés dans un sac ; mais dès que les calibres furent fixés, qu'il ne se trouva plus que des boulets de diamètres déterminés, les canons campanés n'avaient plus raison d'être. îls présentaient le défaut grave de ne pouvoir tirer le boulet de leur calibre, qu'à la condition de remplir exactement avec la charge au moins tout l'espace conique dans lequel le boulet n'eût pas pu entrer; et si ce volume de poudre était trop fort, on était obligé de combler avec la bourre toute la distance qui séparait la poudre du boulet.

La forme campanée avait encore l'inconvénient de ne loger la même charge de poudre que dans une plus grande longueur d'âme ; ce qui diminuait la longueur utile du canon.

Ce sont peut-être les défauts trop évidents de ce système qui avaient amené un système opposé, et également défectueux : l'âme élargie en sphère ou en poire des canons dits de nouvelle invention dont il a été question plus haut.

De cette époque, datent les premiers essais sérieux de canons en fonte de fer.

On fît aussi l'essai de canons en fer forgé, mais ils ne répondirent pas aux espérances qu'ils avaient fait naître.

En même temps qu'on fixait les calibres des bouches à feu, on déterminait aussi les dimensions des principales parties de leurs affûts respectifs. On leur donna l' avant-train des affûts hollandais.

La figure 270 montre un canon monté sur son affût et pourvu de son avant-train. On y voit comment se relie à la pièce l'avant-train du timon destiné à la traîner.

Nous n'insistons pas sur les détails de l'affût, ce ne serait qu'une répétition de ce que nous avons dit à propos d'affûts déjà décrits.

A cette époque fut inventé Yobus> c'est-àdire le projectile creux, qui, au lieu d'être lancé par le tir courbe, dans un mortier, est lancé par le tir horizontal d'une bouche à feu ordinaire. Sa forme était cylindro-conique, pour qu'il pût être chargé dans les pièces à âme longue.

Comme pour la bombe, on tirait l'obus à deux feux. La bombe était lancée sous des angles voisins de 45 degrés; l'obus, au contraire, était tiré sous le même angle que les boulets, et par les mêmes bouches à feu. Telle est l'origine des obus modernes qui, partout aujourd'hui, sont substitués aux boulets pleins dans les bouches à feu rayées.

L'usage des obus ne prit pas tout d'un coup une grande extension, à cause de la difficulté et des dangers qu'il y avait à allumer la fusée au fond des pièces à âme longue.

On tourna, alors la fusée du. côté de la charge, et on expérimenta le tir à un beul feu. Mais, quelque solidement encastrée que fût la fusée, souvent le premier choc de la décharge poussait violemment la fusée dans = l'obus, et ce projectile faisait explosion dans l'intérieur de la pièce.

Pour l'obus, comme pour la bombe, on était tout près de résoudre le problème; il ne s'agissait plus de perfectionner ni de compli-

quer, il fallait simplement, dans le tir à un seul feu, placer la fusée en avant. Qui pouvait cependant supposer que cette fusée, quoique tournée vers l'extérieur, prendrait feu par l'explosion de la charge? Ce fut probablement un artilleur distrait ou peureux qui reconnut ce fait le premier, et il dut rester tout surpris de la réussite. Quoi qu'il en soit, cette observation avait eu lieu déjà vers le milieu du xviii* siècle ; car De Vallière en fit usage en 1747, au siège de Berg-op-Zoom.

On connaissait et on employait alors les boulets rouges, que l'on tirait comme de nos jours, c'est-à-dire en plaçant, entre le projectile et la poudre, du gazon mouillé ou de la terre glaise fortement tassés. Saint-Rémy dit qu'on ne s'en servait que dans les calibres de 4 et de 8, parce que leur emploi eût été trop difficile dans les bouches à feu plus grandes.

On se servait aussi, à cette époque, de divers projectiles irréguliers, qui agissaient à courte distance : telles étaient les pommes de pin et les grappes de raisin.

Aujourd'hui les pommes de pin et les grappes de raisin ne sont plus en usage dans l'artillerie, ellejs sont remplacées par la boîte à balles^ dont le principe d'action est le même. La boîte à balles est une enveloppe de ferblanc, munie à ses deux bouts de deux plateaux de fonte, et renfermant non plus des balles de plomb, mais des balles de fer assez irrégulièrement coulées. Au moment delà décharge, le plateau postérieur, recevant une impulsion plus forte que le reste du projectile, presse sur les balles, déchire l'enveloppe, et le contenu s'éparpille au dehors. Il décrit une parabole, très-meurtrière pour l'infanterie, à petite distance, mais dont la portée n'excède guère quatre cents pas.

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