‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [3], Photographie, stéréoscope, poudres de guerre, artillerie ancienne et moderne, armes à feu portatives, bâtiments cuirassés, drainage, piscicultureFiguier Merveilles Science BNF 03Chapitre 69 sur 163 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LES NOUVEAUX CALIBRES DE FRANCE, — LES CANONS DITS DE NOUVELLE INVENTION. — CANONS ENCAM PANÉS, BEN- FORCÉS, DIMINUÉS. — L'OBUS. — PROJECTILES IRRÉGU- LIERS,

Nous entrons, avec ce chapitre, dans l'histoire de l'artillerie pendant les temps modernes.

Vers l'an 1640, la confusion s'était introduite parmi les calibres de France. Des six caiibres réglementaires, les trois derniers avaient été abandonnés comme trop petits; on avait fondu des canons de 12 et de 24, et pourvu les plus gros canons d'un avant-train à limonier, monié sur des roues très-basses. Il existait alors un grand nombre d'autres pièces proportionnées selon le gré des fondeurs, et sans qu'aucun arrêté en eût prescrit les dimensions,

Surirey de Saint-Remy, lieutenant du grand maître de l'artillerie, publia en 1697 un Mémoire <$ artillerie, dans lequel il rend compte des changements effectués dans l'artillerie française depuis le commencement du siècle jusqu'à cette époque. Peu à peu le nombre des calibres avait été réduit, et à la fin duxvn6 siècle, on ne fondait plus enFrance que des canons de 33, 24, 16, 12, 8 et 4.

Nous donnons ifig. 265 à 268) les dessins des canons de 33, de 24, de 8 et de 4.

Tous ces canons avaient à peu près la même longueur, calculée d'après les dimensions habituelles des embrasures des fortifications. La longueur moyenne était onze pieds, ( comptés depuis la bouche jusqu'à l'extrémité du bouton de culasse. On avait adopté les anses, dont les autres peuples se servaient depuis longtemps.

Dans les deux premiers canons, les lignes ponctuées dessinent vers la culasse une toute petite chambre où aboutissait la lumière. On voulait donner à cette lumière une plus grande longueur, pour retarder son évase-1

ment. Ajoutons que cette disposition n'était mise en pratique que dans la lieutenance de Flandre. L'âme des autres pièces est cylindrique et coupée carrément vers la culasse.

Le canon de 33 pesait 187 boulets ;

Le canon de 24 pesait 212 boulets ;

Le canon de 16 pesait 2S6 boulets;

Le canon de 12 pesait 283 boulets;

Le canon de 8 pesait 243 boulets ;

Le canon de 4 pesait 325 boulets.

Il y avait, en outre, des pièces de 8 et de 4 du même poids que celles dont nous venons de parler, mais notablement plus courtes, lesquelles devaient servir de canon de campagne. Ils portaient sur la volée les armes du duc du Maine, grand maître de l'artillerie.

On fondit encore des canons que Ton appelait à la nouvelle invention, et qui n'étaient que d'une invention assez mauvaise. Elle était venue d'Espagne. A la culasse de ces canons, l'âme se transformait tout d'un coup en une sphère.

On espérait, en mettant la même quantité de poudre dans une moindre longueur d'âme, tirer avec des canons plus légers et avec de plus grands avantages même qu'avec les canons « à l'ancienne manière. » Des expériences, sans doute trop peu nombreuses, avaient été faites, et avaient paru donner gain de cause à ce système.

Fig. 264. — Coupe d'une cnambre sphérîque*

La figure 264 réprésente la coupe d'une chambre à feu sphérique des carions dits à la nouvelle invention.

Mais quand les nouveaux canons furent

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