‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [4], Éclairage, chauffage, ventilation, phares, puits artésiens, cloche à plongeur, moteur à gaz, aluminium, planète NeptuneChapitre 31 sur 143 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

procédés pour l'extraction du petrole. — le sondage . a la corde et le sondage au derrick.

Dans les premiers temps de l'exploitation des sources de pétrole, on se servit, pour creuser lës puits, dans la vallée de l'Oil- Creek, comme ailleurs, du procédé, trèssimple, du sondage à la corde.

La disposition de cet appareil de sondage, est représentée par la figure 1 10. La corde AB porte une tige de fer, terminée par un trépan, pour battre le roc ou désagréger le terrain. L'extrémité supérieure de cette corde est attachée à une pièce de bois BD, qui est portée par la poutre EF, et qui est mobile autour du pivot E. L'une des extrémités de la poutre BD est chargée d'un poids C, qui tend à relever | la corde et le trépan. A l'autre extrémité de la même poutre est suspendu, au moyen d'une corde, un étrierG, dans lequel l'ouvrier place 1 le pied. Agissant tout à la fois par le poids du corps et l'impulsion de la jambe, il pèse sur la poutre BD et enfonce dans la terre l'outil perforant.

Les longueurs des deux bras de la poutre horizontale BD, sont variables. L'ouvrier la place au point le plus convenable sur la poutre verticale, EF, pour que le levier aitle plus de puissance possible. Une corde, L, reliée au poteau H, limite l'étendue des mouvements dans les deux sens.

A chaque coup, la grande corde AB se détend plus ou moins brusquement, selon que le fer de l'outil frappe net sur la roche, ou selon que les matières désagrégées encombrent le fond du puits. On reconnaît à ces si-

Fig. 110. — Sondage à la corde.

gnes, quand il. est nécessaire de déblayer le trou» Pour exécuter cette opération l'ouvrier remonte l'outil perforateur, à l'aide d'un petit treuil, puis il descend la curette.

Cet instrument consiste en un cylindre de tôle, d'un diamètre un peu inférieur à celui du puits, et dont la paroi inférieure est composée d'une soupape à boulet. On attache ce seau de tôle à la corde AB, à la place de l'outil perforateur, et la manœuvre de l'étrier fait choquer le seau contre les débris qui remplissent le trou. À chaque coup, la soupape à boulet s'ouvrant, une certaine quantité de déblais pénètre dans le seau, et le boulet en referme l'ouverture. Lorsque l'ouvrier juge au poids du cylindre et au bruit particulier du choc, que le seau est rempli, il retire la curette au moyen de la eorde , il la vide et fait ensuite redescendre l'instrument d'attaque.

Ce procédé suffît dans les terrains peu profonds et peu compactes, mais il cesse d'être avantageux et économique au delà de 100 mètres de profondeur. En effet , trois ouvriers ne sont point de trop au début de

l'opération, et il convient d'en ajouter un à chaque augmentation de 30 mètres de profondeur. Six ou sept ouvriers seraient donc nécessaires quand le forage a atteint 100 mètres. A cette limite, on trouve avantageux de remplacer les ouvriers par une petite machine à vapeur. On emploie même ce moteur dès le commencement, quand on juge que les travaux dépasseront la profondeur indiquée.

Le forage à l'aide de tiges de fer auxquelles on imprime un mouvement de rotation, réussit mieux quand il s'agit de percer des roches dures. C'est le procédé le plus communément employé dans la vallée de l'Oil- Creek. Ce dernier appareil de sondage est désigné en Amérique sous le nom de derrick.

Le derrick est un échafaudage de poutres en forme pyramidale, qui ressemble beaucoup aux bâtis de bois, qui se voient à l'entrée des mines. Sa hauteur varie de 6 à \2 mètres; sa base forme sur le sol un cadre carré de 2 mètres de côté, au centre duquel s'ouvre le puits.

Au haut du derrick est une poulie, sur la-

L'ART DE L'ÉCLAIRAGE

quelle passe la corde qui porte la série des tiges de fer destinées à descendre dans la terre, et se terminant par l'outil perforateur en acier trempé» À l'autre bout de la corde sont attachés un certain nombre de cordeaux. Chaque ouvrier tient à la main un de ces cordeaux, qui sert à soulever en l'air le trépan, descendu au fond du trou. Quand, par la force des hommes, le pesant outil a été soulevé à une certaine hauteur, un décliqueta ge le fait retomber à l'intérieur du trou, à peu près comme on le fait pour enfoncer les pilotis dans les rivières, à l'aide du mouton.

L'extrémité supérieure de la tige est filetée, et passe dans un écrou à pas trèsallongé; de telle sorte qu'en descendant, toute la tige de fer, qui porte à son extrémité inférieure le trépan perforateur, prenne un mouvement de rotation sur un axe. Le trépan, qui est attaché au bout de cette tige de fer, est de forme circulaire et de même diamètre que le puits ; il n'est large que de 8 ou dO centimètres, car il n'est pas nécessaire que le puits ait de plus grandes proportions. Les dents de la couronne du trépan sont taillées dans le sens du mouvement de rotation que reçoit l'outil.

Nous n'avons pas besoin de dire qu'avec cet appareil, comme avec le précédent, l'action des hommes peut être remplacée par une machine à vapeur employée à soulever le pesant outil.

On voit deux derricks dans la figure 108 (p. 185) qui représente l'exploitation d'une source de pétrole. L'échafaudage reste toujours en place après l'opération, car on en a toujours besoin pour nettoyer, déblayer le fond du puits, et le dégager des obstacles accidentels qui peuvent y arrêter le cours de l 'huile. Près de Y un des derricks, on voit les cuves qui servent à recueillir le liquide, à mesure qu'il sort de terre. Sur l'un des puits placés au second plan de la même figure, on a représenté le jet de gaz et d'eau, qui arrive

dans les premières périodes de l'opération, et qui annonce la prochaine irruption du pétrole.

La profondeur du puits à creuser pour arriver à la nappe oléifère, n'est jamais considérable, et c'est là ce qui fait la prodigieuse facilité de ce genre de travail. Cette profondeur est de 30 à 100 mètres.

Les couches traversées par l'outil, varient selon la nature du terrain. Un exemple sera nécessaire pour fixer les idées sous ce rapport. Nous citerons, à ce titre, les couches qui sont traversées par la sonde à Ennis-Killen (Canada). Le tableau suivant donne la hauteur et la nature de chaque couche que rencontra un forage de 86 mètres.

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