CHAPITRE V
LA VENTILATION PAR REFOULEMENT. — RENDEMENT CON- SIDÉRABLE DES VENTILATEURS MÉCANIQUES. — NOM- BREUX CAS OÙ ILS SONT PRÉFÉRABLES AUX CHEMINÉES
d'appel.
La ventilation par refoulement ne demande qu'une quantité de combustible bien inférieure à celle qu'exigent les foyers des cheminées d'appel, à égal volume d'air expulsé.
Cette proposition n'a pas besoin de grands développements. On comprend qu'il soit nécessaire de brûler beaucoup plus de charbon dans un foyer, pour appeler l'air et le dilater par le calorique, que pour mettre en action une machine à vapeur, dans laquelle tout est calculé pour tirer le plus grand parti possible, comme effet mécanique, du combustible brûlé sous la chaudière.
Outre la supériorité évidente que la ventilation mécanique présente, eu égard à l'économie, sur la ventilation par appel, if est des circonstances dans lesquelles on ne peut se dispenser d'en faire usage. Tel est le cas des mines de charbon qui sont exposées au dégagement du feu grisou, parce que les cheminées à foyer que l'air aurait à traverser, feraient courir trop de dangers d'explosion. Tel est encore le cas des puits d'aérage dans les mines à l'intérieur desquelles l'eau suinte en grande abondance. Cette eau refroidirait très-rapidement la colonne ascendante d'air chaud, et par ce refroidissement paralyserait l'effet d'aspiration.
On trouve encore avantage à employer la ventilation mécanique, toutes les fois que l'établissement possède un moteur. Le moteur peut être appliqué en même temps à faire marcher les appareils ventilateurs. C'est ce que l'on fait dans la plupart des usines manufacturières. *'
Les ventilateurs mécaniques sont d'une • installation facile. Ils n'exigent pas la construction de hautes cheminées, comme les foyers d'appel. Mais leur principal avantage à nos yeux, c'est qu'ils peuvent produire aussi bien le refoulement de l'air pur dans les salles, que l'extraction de l'air vicié par appel.
Ce serait une tâche très-longue que de décrire les nombreux appareils qui ont été proposés, ou qui sont en usage, pour produire la ventilation mécanique. C'est surtout dans les mines que ces appareils sont employés.
Pour fixer les idées, nous décrirons le plus ancien de ces ventilateurs, c'est-à-dire la pompe aspirante à pistons, telle que la représente la figure 247.
Deux cylindres semblables au cylindre C C, construits en bois et cerclés de fer, recouvrent, chacun par leur fond, l'ouverture supérieure du puits d'aérage, P. Un piston A se meut de haut en bas dans chaque cylindre. Le fond du cylindre est muni de soupapes S', S', qui s'ouvrent lorsque le piston remonte et produisent l'aspiration ; elles se ferment au moment de la descente du piston. Alors, d'autres soupapes, S, S, percées dans le piston même, laissent écouler au dehors l'air contenu dans le cylindre.
Une machine à vapeur verticale, V, donne le mouvement alternatif aux pistons, par la transmission d'une chaîne plate, G, passant sur une poulie à grand rayon, H. Des contre-poids B, B équilibrant exactement le poids, font que ces soupapes s'ouvrent par la plus légère pression de l'air aspiré.
Les machines aspirantes où soufflantes sont en usage dans plusieurs mines de l'Europe.
Nous devons ajouter que ces pompes peuvent fonctionner à volonté comme machines aspirantes ou comme machines soufflantes. Par une simple modification dans les soupapes, on peut faire servir ces pompes à in-
jecter de l'air par refoulement, ou à attirer l'air de la mine par aspiration.
Les autres systèmes de ventilation mécanique employés dans les mines, sont les cloches plongeantes qui fonctionnent dans les mines du Hartz, — la vis aspirante de Motte que nous décrirons en son lieu, parce qu'elle est en usage pour les ventilateurs des édifices et des habitations privées, — les vis aspirantes du même système, construites par Sabloukoff et par Lesoinne; — le ventilateur à ailes courbes de M. Combes ; — la roue pneumatique de Fabry, etc., etc.
Nous nous bornons à mentionner par leurs noms les différents ventilateurs en usage dans les mines. Nous sortirions de notre cadre, si nous entrions dans l'examen particulier de ces appareils qui appartiennent spécialement à l'art métallurgique. Nous décrirons plus loin les appareils mécaniques qui servent à opérer par refoulement d'air la ventilation des édifices, des établissements publics et des maisons particulières. Pour le moment, nous avons dû nous contenter de poser le principe général de la ventilation par refoulement opérée au moyen d'aspirateurs mis en action par un agent mécanique, et à citer comme exemple à l'appui les machines soufflantes des mines.