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respiration et de l'éclairage. La densité de ce gaz est une fois et demie plus considérable que celle de l'air. On doit considérer que l'acide carbonique, quand il a perdu son excès de température, doit retomber, en vertu de son poids ; de sorte que telle molécule de ce gaz, incessamment sollicitée à monter par la direction du courant de ventilation, sera successivement respirée par plusieurs personnes. Echauffée par la chaleur des poumons, elle s'élèvera, pour retomber au niveau des individus, et ainsi de suite. Elle sera donc incessamment en mouvement dans les salles, et jamais expulsée.
L'air pur et chaud arrivant par le bas, tend à se porter, du premier coup, dans les couches les plus élevées. Sollicité directement par l'appel des bouches aspirantes, il s'y dirige, en ligne droite, sans se mêler sensiblement aux autres gaz, et sans entraîner avec lui beaucoup d'air vicié. La ventilation ainsi faite est illusoire. On s'imagine renouveler l'air, et l'on ne fait que produire des courants désagréables.
Les faits vont venir à l'appui des considérations théoriques, pour démontrer combien est vicieuse la méthode de ventilation, calquée, dit-on, sur la nature.
La salle de la Chambre des communes, à Londres, était ventilée par la méthode naturelle. L'air chaud, très-divisé à son entrée, pénétrait par des bouches ouvertes sous les pieds des membres du Parlement. Or, ceux-ci se plaignirent vivement des singuliers effets de ces bouches de chaleur. On diminua la ventilation jusqu'à la limite de température la plus basse : les honorables membres continuèrent de se plaindre. On couvrit les ouvertures d'un tapis , pour mieux tamiser l'air à son arrivée, et rendre son souffle insensible. Mais cette atténuation apportée au mal parut insuffisante, et les nobles lords demandèrent un autre système de ventilation.
Au palais du Luxembourg , l'ancienne
Chambre des pairs, qui sert aujourd'hui aux réunions du Sénat, était chauffée et ventilée par de l'air chaud, qui arrivait par la base des gradins, derrière les fauteuils des membres de cette assemblée. Les plaintes des Sénateurs contre cette disposition furent tellement vives, que ce système dut être abandonné.
La salle du Corps législatif est ventilée de la même manière ; seulement les bouches de chaleur sont rares, et nos députés ont le soin de ne pas trop s'en approcher.
Ces exemples sont décisifs contre la ventilation naturelle.
En résumé, avec cette méthode, pas de renouvellement intégral de Fair, et en outre, le désagrément du voisinage des bouches d'arrivée, et le défaut de l'éloignement des bouches de départ.
On prétend qu'avec la ventilation naturelle les personnes respirent de l'air pur. Illusion ! Nous savons déjà à quoi nous en tenir sous le rapport du gaz acide carbonique. Mais est-il pur, Fair qui a frôlé les chaussures et léché les corps tout entiers, avant d'arriver aux organes olfactifs ? Est-il pur, Fair qui soulève les poussières et les maintient en suspension dans Fatmosphère ? Et s'il s'agit des hôpitaux, Fair qui porte avec lui les miasmes, et les répand d'un malade à un autre, est-il plus pur que Fair qui, arrivant par les parties supérieures, n'a rien touché dans sa marche, et rabat, au contraire, tous les corpuscules contre terre ?
On a dit que la ventilation renversée augmente les dépenses. Le fait est loin d'être établi. Qu'importerait, d'ailleurs, un léger surcroît de dépenses, si ce moyen était seul efficace ?
Concluons, que, dans la généralité des cas, la ventilation renversée, c'est-à-dire Févacuation de l'air vicié opérée par le bas de la salle, est bien préférable à l'évacuation par le haut, c'est-à-dire à la méthode dite naturelle.
Terminons ce chapitre, en disant qu'il est nécessaire, comme nous l'avons établi dans la Notice sur le Chauffage^ de donner à Fair nouveau qui doit ventiler les pièces, le degré d'humidité nécessaire à la température du lieu ventilé. Si cette température, comme c'est le cas habituel, est de 15 ou 18 degrés, Fair devra être à moitié saturé de vapeur d'eau, c'est-à-dire qu'il devra en contenir environ sept grammes par mètre cube. Telle est la proportion adoptée par les médecins qui se sont occupés de ce point particulier de ia science.
Cela revient à dire que Yhygromètre à cheveu de Saussure doit, en tout temps , marquer à peu près 75 degrés dans les lieux de réunion et les habitations particulières soumis à un bon système de ventilation.