‹ Les Merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. [4], Éclairage, chauffage, ventilation, phares, puits artésiens, cloche à plongeur, moteur à gaz, aluminium, planète NeptuneChapitre 9 sur 143 · MODIFICATION APPORTÉE A LA LAMPE CARCEL PAR GAGNEAU · texte numérisé non relu

MODIFICATION APPORTÉE A LA LAMPE CARCEL PAR GAGNEAU

Les dispositions mécaniques employées par Carcel pour élever l'huile jusqu'au bec, étaient aussi ingénieuses qu'élégantes ; aussi n'a-t-on rien changé, depuis l'inventeur, au principe de sa lampe. Le mouvement d'horlogerie qu'il avait adopté, a toujours été conservé; les perfectionnements qui furent apportés à ce système, quand il tomba, à l'ex-

piration du brevet, en 1816, dans le domaine public, ne concernaient, on va le voir, que des points secondaires du mécanisme.

Les lampes de Carcel ne contenaient qu'une seule pompe à double effet, pour produire l'élévation de l'huile. Cependant le mouvement du liquide ne pouvait être régulier avec une seule pompe. Aussi dans la plupart des systèmes perfectionnés qui se sont produits depuis que l'invention de Carcel est tombée dans le domaine public, a-t-on fait usage de deux pompes, chassant l'huile dans le même conduit.

La première lampe mécanique pourvue de ce perfectionnement, est celle que l'on connaît sous le nom de lampe Gagneau^ et qui fut brevetée en 1817. Dans cette lampe, un mouvement d'horlogerie fait mouvoir alternativement deux tampons, qui, venant frapper le fond de deux petits sacs de caoutchouc, en font sortir, par une soupape, l'huile, qui s'y est introduite par son propre poids, en ouvrant une autre soupape. Mais, au lieu de se rendre directement au bec, comme dans la I lampe Carcel, l'huile pénètre dans un petit réservoir plein d'air, et l'air, comprimé par l'arrivée de l'huile dans ce réservoir, oblige celle-ci à s'élever dans l'intérieur d'un tube vertical, qui la conduit au bec. L'ascension du liquide s'opère ainsi par un mouvement égal, continuât ne présente aucune de ces intermittences que l'on remarque quelquefois dans la lampe Carcel lorsque, le ressort s'étant affaibli, la pompe ne fonctionne plus qu'avec lenteur.

C'est à peu près de la même manière qu'est construite la lampe de M. Gotten, qui, en raison de l'extrême simplicité de , son mécanisme, de la régularité de sa marche, et de son prix, comparativement peu élevé, est aujourd'hui assez répandue.

On continue de désigner sous le nom de lampe Carcely les lampes à mouvement d'horlogerie dans lesquelles deux sacs de caoutchouc remplacent les petits corps de pompe

métalliques employés par Carcel. Comme le mécanisme de cette pompe sans piston ni soupape, est d'une espèce particulière, et d'ailleurs fort curieux en lui-même, nous le décrirons, avec le secours du dessin.

La figure 26 représente les petits sacs de

Fig. 26. — Mécanisme du refoulement de l'huile dan s Ta lampe de Gagneau et de Gotten.

caoutchouc M, N,qui sont employés dans les lampes de Gagneau et de Gotten, pour remplacer le corps de pompe de la lampe de Carcel. Ces deux petites ampoules, M, N, pleines d'huile et entièrement fermées, sont munies de deux petits tampons, 0, P. En agissant sur ces tampons, on peut repousser ou tirer en avant les membranes qui ferment les capacités M et N. En effet, à ces deux petits tampons 0, P, sont attachés deux leviers BO^ PS, attachés eux-mêmes à un levier articulé, SB. Le levier VU, qui porte cette tige SB, est mis en action par le mouvement d'horlogerie, dont Taxe de rotation est représenté sur cette figure par la tige VX, pourvue d'une manivelle. Quand le mouvement d'horlogerie met en action la tige VU, le levier SB est alternativement poussé à l'intérieur du liquide et retiré en dehors, et, par conséquent, les tampons 0 et P, sont alternativement enfoncés dans le liquide, puis retirés. Ces deux mouvements suffisent, grâce à l'élasticité du caoutchouc, pour que la capacité de l'ampoule soit alternativement diminuée ou augmentée, ce qui produit le même effet que si le piston d'une pompe foulante parcourait cette am-

L'ART DE L'ÉCLAIRAGE

poule, én frottant contre ses parois. Dans cette capacité alternativement comprimée et rendue à, ses dimensions, primitives, il se produit un vide semblable à celui qui serait déterminé par le jeu d'une pompe aspirante.

Tel est l'ingénieux mécanisme, grâce auquel on a réussi à supprimer la petite pompe aspirante et foulante des lampes de Carcel. Une simple membrane, alternativement comprimée et rendue à son élasticité naturelle, fait l'office de la pompe atmosphérique.

Nous n'avons pas besoin de dire que, comme dans la lampe Carcel, une soupape permet à l'huile du réservoir de pénétrer dans chacune dès ampoules de caoutchouc, lorsque leur capacité augmente. Quanb1 leur capacité diminue, cette soupape se ferme, et Thuile, ouvrant une autre soupape, est refoulée dans le tuyau d'ascension.

Le mouvement ascendant de l'huile s'exécute régulièrement, parce que le jeu àë§ deux ampoules se fait en sens contraire l'un de l'autre, de sorte que l'huile est toujours refoulée par l'un ou par l'autre, dans le tuyau d'ascension, avec lequel communiquent les deux ampoules.

Dans les lampes mécaniques de Carcel, l'huile arrive au bec en quantité beaucoup plus considérable qu'il ne le faut pour entretenir la combustion. L'excédant de cette huile redescend dans le réservoir, où agit le mécanisme propulseur. C'est cet excès d'huile qui rafraîchit constamment la mèche, et qui, comme nous l'avons dit, la fait brûler à blanc.

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