‹ Les merveilles de la science, ou Description populaire des inventions modernes (volume 2)Chapitre 16 sur 42 · II · texte numérisé non relu

II

l'épaisseur de la roche, une galerie, longue de 64 mètres et large de 3 mètres seulement, qui fut appelée le Trou d'Uri. Lors de la création de la grande route du Saint-Golhard, elle fut élargie, et portée à 5 mètres, pour le passage des voitures.

Le Trou cfUri^ûg. 70) mérite bien son nom, car ce n'est qu'un défilé obscur, à peine éclairé par une sorte de fenêtre donnant sur la Reuss, qui n'y laisse pénétrer qu'un lilet de lumière.

Au sortir du Trou cfUri, changement ci vue. Le désert, les rochers nus, le site sauvage que l'on vient de quitter, font place à un vaste et riant paysage : la vallée d'Unterseren. On a beau être hal)itué, dans les Alpes, aux métamorphoses subites des points de vue, celle-ci a toujours le privilège d'étonner.

La plupart des montagnes qui entourent la vallée d'Unterseren sont couvertes de neiges perpétuelles, et plusieurs glaciers descendent de leurs sommets : les glaciers de la Furka. de Biell, Matt, Crupallt, Sainte-Anna, Weiswasser, Lucendo et Pisciora.

Pour les géologues, qui ont tant approfondi, de nos jours, l'étude des glaciers, la vallée d'Unterseren est fertile en enseignements. Il est peu de chaînes, dans les Alpes, où l'on puisse mieux constater les limites des anciens glaciers. Les lignes de roches striées et moutonnées, qui servent à reconnaître les niveaux des anciens glaciers, peuvent être facilement suivies à l'œil ; au-dessus de cette ligne, les rochers sont, au contraire, anguleux, raboteux, hérissés d'arêtes vives. C'est une des plus curieuses démonstrations de l'existence de glaciers remontant aux époques géologiques.

Rien de plus rigoureux que le climat de la vallée d'Unterseren, tant que dure l'hiver. Pendant les mois de janvier et de février, les maisons sont presque ensevelies sous la neige. Mais, au printemps, le souffle du vent du sud vient réveiller la végétation, la rendre fraîche et brillante.

Une seule forêt se voit dans cette vallée. C'est une forêt de sapins située au-dessus du village d'Andermatt, qu'elle protège contre les avalanches. Aussi est-elle soigneusement entretenue. 11 est défendu d'y couper un seul arbre. Le fond de la vallée est parcouru par la Reuss, sur le bord de laquelle croissent, en abondance, des aunes et des saules, qui donnent au paysage un aspect riant.

Il y a trois villages dans la vallée d'Unterseren. Le plus considérable est Andermatt (fig. 71). Ce n'est qu'un village derouliers et de voituriers, qui a perdu tous ses revenus par l'abandon de la route de la montagne, depuis l'ouverture du tunnel.

A Andermatt la route tourne, pour se diriger sur Hospenthal, qui s'annonce de loin par sa haute tour et le clocher de son église.

LE TUNM^L DU MONT SAlNT-GOTilA 1,D

A gauche de la route, on remarque deux vieux poteaux de bois, grossièrement taillés: c'est l'ancienne potence d'Andermatt, qui date de l'époque où

FiG. G'J. — LE TBOL U Litl

la vallée d'Unterseren formait, à elle seule, une petite république, indépendante de la Suisse.

Les murs de la route sont soutenus, du côté de la montagne, par des talus en terre, pour que les avalanches ne les renversent pas. . Hospenthal, ainsi nommé d'un ancien hospice qui n'existe plus aujourd'hui,

est situé, à l'entrée de la vallée du mont Saint-Gothard, à 1 ,484 mètres d'altitude au-dessus du niveau de la mer. On y passe laReuss, non loin de sa source, sur un pont très pittoresque, et l'on commence à gravir le Saint-Gotliard proprement dit. On remonte la Reuss, dans une gorge solitaire, par de nombreux zigzags. La végétation devient pauvre, les terrains sont vagues et dénudés; et, en continuant de s'élever, on passe du canton d'Uri dans celui du Tessin. On arrive ainsi au point le plus élevé du Saint-Gothard, à 2, H 4 mètres

FlG. 70. — ANDERM.VTT

d'altitude, où s'étend le plateau culminant, avec ses lacs, toujours ridés par la brise, qui bordent la route à droite et à gauche.

Faisons quelques pas, nous arriverons au célèbre hospice du Saint- Gothard, auquel fait face Xauberge du mont Prosa (fig. 72).

Rien de plus aride, de pkis nu, ni de plus désolé que le sommet du moni Saint-Gothard. L'hiver y dure neuf mois, et le thermomètre ne remonte jamais au-dessus de zéro. En revanclie, il peut s'abaisser jusqu'à — 25°. La neige y tombe presque constamment, à moins que le vent du sud ne s'y fasse sentir. Et alors, c'est la pluie, même en janvier, qui remplace la neige.

L'hospice du mont Sainl-Gotliard est une œuvre admirable de la charité chrétienne. Dès le quatorzième siècle, un établissement destiné

Tio. H. -

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