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CHAPITRE VI

LES MACHINES COMPOUND. — MACHINE HORIZONTALE A RÉSERVOIR INTERMÉDIAIRE DE MM. WEYHER ET RICHE- MOND.

Les machines dites compound en usage dans les deux mondes présentent diverses parties nouvelles dans leurs organes accessoires. Le lecteur s'en rendra compte d'après la description que nous allons donner des différents types de ces appareils que l'on construit aujourd'hui en France.

Ces types sont principalement :

1° La machine compound horizontale et à réservoir intermédiaire, que construisent MM. Weyher et Richemond, dans l'usine de Pantin, près de Paris.

2° La machine compound de MM. Chaligny et Guyot-Sionnest, de Paris.

3° La machine compound de M. J. Boulet, de Paris.

4° La machine compound de l'usine du Creusot, dont le type le plus remarquable et le plus connu, dans le monde des ingénieurs, est celui qui a été établi dans les magasins du Printemps, à Paris, pour l'installation de la force motrice qui met en action les machines dynamo-électriques, servant à l'éclairage de ce vaste établissement.

5° La 7nachine compound verticale et horizontale que construit, à Saint-Etienne, M. Bietrix, et qui présente plusieurs dispositions intéressantes et originales.

Nous commencerons par la machine horizontale, dite à réservoir intermédiaire, de MM. Weyher et Richemond, qui est d'un

grand emploi dans les manufactures françaises.

La machine compound construite par

MM. Weyher et Richemond est représentée en coupe par les figures 53 et S4, et en plan par la figure 5S.

Cette machine se compose d'un bâti sur ; détente (fig. 54). Ces cylindres sont munis

lequel sont fixés deux cylindres : un petit cylindre, A, recevantla vapeur à pleine pression, et un grand cylindre, B, où se fait la

d'une enveloppe de vapeur, et sont protégés contre le refroidissement par une seconde enveloppe en tôle, contenant des matières

Fig. 54. — Machine compound de MM. Wehyer et Richemond (Coupe transversale).

isolantes. Les fonds d'arrière sont amovibles ; ceux d'avant sont venus de fonte avec le cylindre. Ces fonds n'ont pas de circulation de vapeur; les enveloppes de vapeur se trouvent constamment en communication avec la chaudière.

De l'enveloppe du petit cylindre, A, la vapeur passe, en la contournant, à la boite de distribution de ce cylindre, au moyen d'une valve à clapet, commandée par un volant.

La distribution de la vapeur dans le petit cylindre s'opère par un système de tiroir double, dérivé du système Farcot et qui permet l'introduction de la vapeur de 0 à

7/10. Le lecteur est prié de se reporter à la description du tiroir Farcot (pages 31 et 32, fig. 23 et 24) qui lui donnera une idée suffisante du modo de détonte variable employé

La vapeur d'échappement du petit cylindi*e contourne l'enveloppe, à sa partie supérieure, s'y réchaufTe, et se rend à la boite de distribution du grand cylindre, B.

La distribution du grand cylindre se compose d'un tiroir à coquille ordinaire commandé par un excentrique circulaire.

De ce cylindre la vapeur se rend au condenseur.

Le condenseur, dont ou voil la coupe Ion- L'eau d'injection y arrive par une soupape,

gitudinale dans la figure 53, est formé d'une S, placée dans le bas. Deux pompes à air,

colonne verticale, C, de dimensions relative- P et P', commandées par un levier, en T,

ment fortes, eu égard au volume du cylindre, actionné par une couile bielle, reliée à la

tige du piston du grand cylindre, et noyées dans une bâche B, aspirent l'eau d'injection et rejettent l'eau chaude dans le haut de la bàclie, d'où elle s'écoule à l'égout. La

pompe alimentaire a est attelée à l'un des bras du levier commandant la pompe à air.

L'arbre du volant, V (%. 53 et 55), est coudé et porte deux manivelles, MM', cor-

respondant à chacun des cylindres et placées sous un angle voisin de 90°. Trois paliers, inclinés à 45°, supportent cet arbre, deux de chaque côté en dehors des manivelles et le troisième au milieu, entre les deux. Deux poulies-volants Vi Vo, en porte-à-faux, transmettent le mouvement à l'arbre de couche de l'établissement.

La vitesse de cette machine à vapeur dépend d'im régulateur, dit régulateur de Porter, agissant sur la came de détente par

l'intermédiaire du compensateur Denis, appareil que MM. Weyher et Richemond appliquent à presque toutes leurs machines, et qui donne d'excellents résultats.

La figure 56-37 représente ce régulateur.

Le levier a actionne une tringle b, filetée dans le haut, et munie dans le bas d'ailettes glissant dans deux douilles, ee, venues de fonte avec les roues d'angle et portant des clavettes à l'intérieur. La tringle b peut tourner dans son attache au levier a.

SUPPLÉMENT A LA MACHINE A VAPEUR

La partie filetée passe dans l'écrou d'un deuxième levier, rf, qui transmet le mouvement à la came de détente, par une tringle

filetée suivant le système de M. Farcot, que nous avons décrit. Les douilles, ee, tournent constamment en sens contrai re, au

Fig. 59. — Machine coiijpound à condenseur, de AIM. Chaligiiy et Guyot-Siouncst.

moyen d'un pignon conique, engrenant avec la roue, venue de fonte avec chacune d'elles et recevant sa commande de l'arbre du volant. Si donc la tringle b, par l'action du régulateur, monte ou descend, les ailettes seront saisies par les clefs de l'une ou de l'autre douille, et la tringle b tournera dans un sens ou dans l'autre, entraînant le levier d, qui agit sur la came. Le régulateur peut toujours revenir à sa position normale caractérisée par l'horizontalité du levier a, sans influencer celle de la came, qui conserve la sienne jusqu'à une nouvelle variation de la résistance.

Nous avons donné dans la figure 53 une vue do la machine compoiind de MM. Weyher et Richemond, avec la coupe verticale du condenseur, pour montrer la marche de la vapeur. Nous donnons dans la figure S8 l'ensemble et la vue extérieure de la même machine.

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