CHAPITRE VII
MACHINE COMPOUND DE MM. CHALIGNY ET GUYOT-SIONNEST. MACHINE DE M. J. BOULET.
A Paris, MM. Chaligny etGuyot-Sionnest construisent des machines compound d'un très bon usage, que nous allons décrire et figurer.
Les constructeurs se sont posé ce problème : établir un moteur simple de construction, d'un entretien facile et d'un emploi économique. Ils y sont parvenus par le moyen suivant.
Leurs machines sont montées sur un bâti unique, portant les glissières et les paliers.
Le bâti est supporté à ses extrémités par deux socles en fonte, qui reposent euxmêmes sur les massifs de fondations.
Les avantages de ce dispositif sont faciles à saisir. Le bâti, ne comportant qu'une seule pièce, n'emprunte pas sa rigidité aux fondations, qui peuvent être simplifiées. De
SUPPLÉMENT A LA MACHINE A VAPEUR
Fig. 60. — Machine compound sans coudeuseur de MM. Chaligny et Guyol-Sionnest.
dIus, les deux socles suppriment l'emploi l'une pierre de taille, et par ce fait, rendent es fondations plus économiques.
Puisque nous parlons du bâti, nous signalerons les glissières cylindriques, dont ['emploi s'est très répandu depuis quelques innées, et qui, étant alésées, présentent des garanties très grandes pour le centrage de a tige de piston, en même temps qu'elles ont d'une construction plus économique jue les glissières planes.
Les deux cylindres à vapeur, de dimenions différentes, sont réchauffés par une nveloppe de vapeur. La distribution, très impie, est opérée par îles tiroirs ordinaires i coquille, sans aucune complication de létente variable.
La vapeur, après avoir ti-availlé dans le )etit cylindre, passe dans le réservoir internédiaire qui entoure le petit cylindre, et e rend à la boite de distribution du grand ylindre, où elle travaille à nouveau, en omplétant sa détente; ensuite elle se rend
au condenseur, ou s'échappe directement à l'air libre.
L'arbre moteur porte deux vilebrequins croisés à 90°, ce qui annule les points morts ; il reçoit en outre la poulie-volant.
Un régulateur hochrone de Farcot, à bi'as croisés, agit sur un papillon placé dans le tuyau d'arrivée de A^apeur, et assure l'uniformité de la marche.
Lorsque la machine fonctionne avec condensation, le condenseur, porté par un bâti unique, est placé à la suite du grand cylindre. Il se compose de la chambre à vide, d'une pompe à air et de sa boîte à clapet.
La pompe à air est commandée par le prolongement de la tige du grand piston, ce qui supprime tout renvoi de mouvement et simplifie les organes de la machine.
La figure 59 représente la machine do MM. Chaligny et Guyot-Sionnest avec son condenseur, et la figure 60 la même machine sans condenseur.
?,I. J. Boulet construit également une
Fig. 61. — Machine compound de M. J. Boulet (coupe transversale des cylindres).
Fig. G?. — Machine compound de M. J. Boulet (coupe horizontale des cylindres).
donne une coupe horizontale. L'ensemble de la machine se voit dans la figure 63.
La vapeur venant de la chaudière arrive en D, circule d'abord autour des cylindres, ainsi que dans les fonds, puis elle arrive à la boîte de distribution a, du petit cylindre A, où elle travaille avec détente.
En sortant du petit cylindre la vapeur passe dans le réservoir intermédiaire, C, ménagé dans l'enveloppe des cylindres; puis elle se rend à la boite de distribution du grand cylindre B, où elle complète son travail.
Après ce parcours, elle s'échappe par le tuyau E, soit au condenseur, soit à l'air libre.
La distribution de vapeur s'effectue dans les deux cyhndres, au moyen de tiroirs à coins doubles, auxquels les constructeurs ont donné la longueur des cylindres, pour éviter les espaces nuisibles. Le tiroir de distribution du petit cylindre porte un dispositif de détente variable, soit à la main soit par le régulateur.
Au-dessus de SO chevaux, M. J. Boulet adapte sur le tiroir du grand cylindre un appareil de détente, variable à la main.
On remarquera que les tiroirs sont placés en contre-bas des cylindres. Il en résulte que la purge se fait naturellement à chaque coup de piston.
La machine est pourvue d'un régulateur isochrone, du système Andrade, dont M. J. Boulet fait la plus large application. Cet appareil assure à la machine une vitesse régulière sous toute charge, avantage précieux pour les industries qui exigent une grande régularité d'allure.
Le condenseur et la pompe à air sont placés à volonté sous l'arbre du volant, qui imprime directement le mouvement à la pompe, soit dans le prolongement du grand cylindre. Dans ce dernier cas la pompe est commandée par un levier coudé attelé sur la tige prolongée du grand piston.
La pompe alimentaire prend l'eau chaude du trop-plein du condenseur.