MACHINE A GRANDE VITESSE DE MM. LECOUTEUX ET GARNIER
Cette machine, que nous représentons dans la figure 73 (page 83), est verticale, le cylindre en haut (genre pilon). Tout l'ensemble est solidaire et repose sur le môme socle. La boîte à tiroir se compose d'une partie cylindrique, A, dans laquelle débouchent les orifices des canaux de vapeur, BR', venant du cylindi'e.
Le tiroir est formé de deux pistons, C'C, entourés chacun d'un segment unique, DD', ayant la hauteur nécessaire pour fournir les recouvrements déterminés par l'épure de distinbution.
SUPPLÉMENT A LA MACHINE A VAPEUR
Fig. 72. — Machine Componnd verticale-horizontale de M. Bictrix.
Afin d'assurei- un parfait fonctionnement aux segments du tiroir, des barettes, E, E', E",E"', existent d'un bord à l'autre des orifices BB', qui guident ces segments pendant toute leur course. De cette façon, lorsque
le tiroir fonctionne, quoique les segments de ces pistons quittent la partie cylindrique dans laquelle ils travaillent, ils ne peuvent buter, lors de leur marche rétrograde, sur les arêtes des orifices. D'autre part, il ne
Fig. 73. — Machine à grande vitesse de MM. Lecouteux et Garnier (coupe verticale'.
peut y avoir aucune fuite de vapeur entre les pistons C, C, et la paroi de la partie cylindrique A , parce que les segments D, D'
étant tournés à un diamètre plus grand que cette partie cylindrique font ressort sur la paroi, et s'y appliquent exactement,
SUPPLÉMENT A LA MACHINE A VAPEUR
ainsi que le font, dans les cylindi-es de machines à vapeur, les segments des pistons.
L'entrée de la vapeur a lieu par la capacité F; de là, cette vapeur passe alternativement dans les canaux B, B', pour s échapper par les conduits I' situés à chaque extrémité du cylindre.
L'appareil de distribution, de détente, et de régulation forme un ensemble composé d'un petit nombre de pièces, disposée-s comme le montre la figure 73 :
Le bout de l'arbre P, P' reçoit une poulie fixe /, calée dans une position déterminée pour le sens dans lequel on veut marcher.
Le moyeu de cette poulie porte, du côté de la machine, un plateau à rainure dans laquelle peut glisser la règle ou la saillie M, de l'excentrique L. Dans le prolongement au-dessus de la rainure R et sous la jante de la poulie, est fixé un ressort à lames, dit à pincettes^ tenant d'une part à la jante de la poulie, et boulonné de l'autre part à l'excentrique mobile L.
A l'intérieur de ce ressort (tig. 74), mais du côté de l'excentrique, est placé un poids 0, d'une valeur déterminée, ce poids étant relié d'une façon invariable au ressort N.
La machine étant mise en marche acquerra une certaine vitesse, qui ira constamment en augmentant jusqu'à ce que la force centrifuge à laquelle sera soumis le poids 0 fasse équilibre à la tension du ressort N.
A ce moment, la vitesse ne pourra plus augmenter sans que la force centrifuge augmente, ainsi que la tension du ressort, par suite du déplacement du poids 0, et sans que l'excentrique se déplace le long de la coulisse R.
Or, en se déplaçant sous l'action de la force centrifuge du poids 0, cet excentrique diminue la longueur de la course du tiroir, et par suite, la durée de l'introduction, en même ' temps qu'il augmente la durée de la compression de la vapeur dans les espaces nuisibles.
Toutefois, les choses sont disposées pour que l'angle de calage varie, par le fait même que la course varie, et que l'avance à l'introduction soit constante.
et Garnier (détails de l'appareil de détente).
De cette façon, il est possible de passer de la pleine introduction à la plus petite pour une différence de tours aussi petite que l'on veut, et calculée d'avance.
L'action du poids 0 sur l'excentriquo L s'exerce sansl'intermédiaire d'aucun organe, et l'on conçoit qu'elle peut être très énergique, puisqu'elle ne dépend que de la valeur du poids 0 et des dimensions du res-
sort N; ce poids et la tension du ressort étant d'ailleurs en relation directe et se faisant mutuellement équilibre, suivant les vitesses de marche de la machine.
Supposons par exemple que cette machine à vapeur conduise une machine dynamoélectrique; si l'on interrompait tout d'un coup le courant électrique, ou si on le rétablissait avec toute son intensité, au lieu de le l'aire progressivement, la machine serait déchargée brusquement, ou éprouverait une résistance subite. Il en résulterait que le régulateur, qui est très puissant, agirait instantanément et. quelquefois avec
tant de force que l'admission de vapeur se trouverait brusquement augmentée ou diminuée sans passer progressivement et graduellement par toutes les introductions intermédiaires. Il serait donc à craindre par ce fait, et pendant un certain temps, que la machine ait une marche irrégulière jusqu'à ce que la vitesse nécessaire soit atteinte et maintenue.
Pour régler la puissance du régulateur, on lui a adjoint un frein hydraulique, composé d'un piston qui se meut dans un cylindre rempli d'un liquide quelconque, et disposé de telle sorte que lorsque le piston se meut dans ce cylindre, le liquide qui est devant lui passe dans le vide qu'il crée à l'arrière, non pas instantanément, mais d'une façon lente, en opposant à ce piston une résistance artificielle, variable à volonté, et qui peut être diminuée par tâtonnements, pour chacune de ces machines, suivant le travail qu'elles auront à effectuer.
On conçoit donc qu'en opposant un frein relatif à l'action instantanée du régulateur, on puisse arriver à le faire fonctionner avec une vitesse de déplacement de l'excentrique déterminée à l'avance, dans un temps donné, pour éviter que l'introduction de vapeur ne passe tout d'un coup du minimum au maximum et réciproquement, et que cette admission soit obligée de se faire suivant une progression passant par tous les points intermédiaires.
La figure 75 donne une coupe, suivant l'axe du cylindre, et un plan dvi frein hydraulique.
L'excentrique porte une tige T, du côté opposé au ressort et au contrepoids constituant le régulateur, et cette tige est munie elle-même d'un piston P, pouvant se mouvoir dans un petit cylindre fixé après levo lanl.
Le cylindre est rempli entièrement de liquide, de sorte que lorsque le piston doit se mouvoir, il faut que le liquide qui est chassé devant lui passe dans le vide laissé
SUPPLÉMENT A LA MACHIiNE A VAPEUR.
derrière. On conçoit donc que, si on oppose line résistance à l'écoulement de ce liquide, le piston ne se mettra en mouvement qu'avec une vitesse d'autant plus petite que la résistance sei'a plus .
grande. Il suffit, pour obtenir ce résultat, de faire varier la section d'écoulement du liquide au moyen de la vis R, selon la nature du travail que la machine doit effectuer.
II en résulte que les machines à grande vitesse monocylindriques auront des détentes très faibles, et consommeront, par suite, beaucoup de vapeur.