I-a Valette
La Compagnie ^q?, Messageries maritimes^ dont nous avons dit un mot dans les Merveilles de la science (1), est plus ancienne que la Compagnie transatlantique. Elle est consacrée au service de la Mi'-diterranée et de l'Extrême-Orient.
C'est en 1852 que fut fondée la Compagnie des Messageries maritimes^ par les actionnaires de l'ancienne Compagnie des Messageries terrestres françaises. Le service postal de l'Extrême-Orient lui fut confié par le Ministère des finances, avec une subvention médiocre et un matériel fort audessous des besoins. Cependant, en dépit des mauvaises conditions qui lui étaient faites, son succès fut rapide. Le service maritime de la Méditerranée, qui se faisait
(1) Tome I", page 231.
par des compagnies anglaises, fut ruiné, et le transit avec l'Inde et la Chine fut disputé aux Compagnies anglaises, qui en avaient eu jusque-là le monopole. La ligne du Bréj sil fut établie et créée, et là encore, on entra fructueusement en lutte contre les flottes de transport anglaises.
Les paquebots mis en service par les Messageries maritimes furent VIndus, en 18So, et le Danube, en 1836. Le premier avait 74 mètres de longueur et 11 mètres de largeur.
I Voici les principaux types qui furent j mis en service de 1860 à 1867.
Le Donnât (1861) dont les dimensions étaient les suivantes :
Longueur 92", 50
Largeur 11", 73
Cioux 10
Le Tigre, construit en 1863, avait les dimensions suivantes :
F.ongueur 100 mètres
Largeur 12 — ■
Creux 10 —
Le Hoogly ;
Longueur 105 mètres
l>argeur 12 —
Creux 10
Les machines à vapeur qui actionnaient ces paquebots étaient les anciennes machines de bateaux à roues. Seulement, on avait remplacé les roues par une hélice, mue elle-même par des engrenages, selon le procédé alors en usage.
Ces machines à vapeur avaient tous les inconvénients inhérents à ce système, c'est-
j à-dire les poids excessifs de l'appareil moteur et des chaudières, ainsi qu'une
! grande consommation de charbon. La voilure, il est vrai, venait suppléera ces imperfections : elle n'était pas moindre de vingt fois la surface du maître-couple du navire.
Les Messageries maritimes accueillirent, au fur et à mesure qu'ils se produisaient,
les perfectionnements réalisés par le progrès de la science et de l'art des constructions navales. L'engrenage de l'hélice fut supprimé, les machines à vapeur Wolf et Compoiind remplacèrent les machines à pleine pression. Malgré leurs trois cylindres, les nouvelles machines étaient moins lourdes et moins encombrantes que les machines à engrenage, et la détente successive de la vapeur permit de réaliser une économie d'un sixième environ sur la consommation du charbon.
Les chaudières, à leur tour, furent transformées. On les construisit dans le système tubulaire, avec retour de flamme; ce qui réalisa une économie de 20 pour 100 sur le poids du charbon brûlé.
Les dimensions des paquebots étaient devenues insuffisantes pour faire de grands chargements de marchandises et de passagers : on augmenta la longueur des coques, pour les nouveaux types à construire. La Gironde et V Amazone^ qui reçurent les premières machines de Woolf, avaient 300 tonneaux de déplacement de plus que VRoogl;/. UAva, le Peï-ho, le Sind/i et le Meï-Konff, qui leur succédèrent, réalisaient ime augmentation de 400 tonneaux. Le Sénégal et le Niger, qui vinrent ensuite, étaient du type de VAva, mais allongés de 8 mètres.
UAnadyr, Vlraouaddg, VOrénoque, le Djeinnah et VEquateiir, avaient les mêmes dimensions principales que le Sénégal, mais avec des formes plus pleines, qui donnaient 500 tonneaux de plus de déplacement.
Par cette série de transformations apportées, tant à la coque qu'au moteur, le poids disponible pour les chargements doubla, bien que la vitesse se fût accrue d'un nœud, depuis VHoogly.
Nous représentons dans la ligure 186 le Meï-Kong, le paquebot de la des Messagrries dont il vient d'être question.
Voici les dimensions des divers types qui étaient en service en 1873.